Guillaume Berthier

Tous les articles de la catégorie Guillaume Berthier

Guillaume Berthier VI

Publié 28 avril 2019 par Sharon et Nunzi

– Je n’irai pas jusqu’à dire que l’enquête a été bâclée, pestait le lieutenant Daguerre, mais presque !
Guillaume Berthier, lui, était plus raisonnable.
– Comment penser que le mobile d’un meurtre était à chercher des années plus tôt dans le passé de Mathilde ? Ce n’est pas aussi évident que vous semblez le penser. Puis, nous avons simplement une piste, pas une résolution.
– Et vous-même, contre-attaqua le lieutenant Daguerre, vous ne vous êtes jamais questionné sur le passé de votre compagne.
Guillaume marqua une pause. Daguerre crut qu’il prenait le temps de la réflexion jusqu’à ce qu’il se rende compte que Guillaume le fixait de ses yeux devenus presque noirs.
– Il est facile de parler avec le recul du temps. Si Victoria n’était pas née, je n’aurai jamais revu Mathilde – ou alors, par hasard. Nous n’avons même jamais emménagé ensemble, et nous nous sommes séparés par incompatibilité d’humeur et de projet commun. Quand je l’ai connu, Mathilde donnait des cours de dessins dans les écoles, les maisons de retraite et répondait à quelques commandes, de temps en temps. Elle n’avait rien de l’artiste bordeline décrite par Thomas Massart.
– Oui, mais elle se droguait.
Guillaume éclata de rire. Expérience à éviter farouchement.
– Non. Vous oubliez que je suis allée au tribunal pour obtenir la garde partagée de ma fille. Alors oui, un revendeur a été arrêté dans l’immeuble où elle vit. Vous savez combien il contient d’appartement ? Trente-quatre ! On ne va pas rendre responsable chacun des habitants pour les agissements d’un seul. Cela aurait été tellement facile, n’est-ce pas, de penser qu’elle a été tuée parce qu’elle dealait. Ne transformez pas les victimes en coupable.
Je ne suis pas un artiste, reprit Guillaume, et je m’y connais plus en littérature ukrainienne qu’en sculpture – facile, me direz-vous. Donc cet « Angledur », mis à part qu’il a un pseudo à mourir de rire, cela ne me dit absolument rien.
En revanche, s’il est une personne qui est responsable de ma descente aux presque Enfers, de ma grosse déprime, ce n’est pas Mathilde, c’est la fille avec qui je suis sorti après elle, celle qui m’a trompée avec mon co-équipier. Et je déteste radoter. Ce n’est pas, et cela n’a jamais été mon enquête. Par contre, c’est la vôtre. Alors, lieutenant Daguerre…
– Oui, je sais ce qui me reste à faire.

Publicités

Guillaume IV

Publié 6 avril 2019 par Sharon et Nunzi

Franchement parfois, on se dit que dans une enquête, on merdoie. C’est ce que se disait Camille Daguerre, et il avait eu vite fait de retrouver les détails sur la mort de ce Julien Massart. Ancien élève des beaux-arts, comme Mathilde. L’affaire avait été classée très vite, le suicide ne faisait aucun doute. Certes, il n’avait pas laissé de lettres, cependant les témoins étaient formels – et Daguerre très étonné de ne pas trouver le témoignage de Mathilde Courseau.
Julien Massart avait deux frères – toujours utile, les faire-part de décès – et un père. Oui, je sais ce que vous allez me dire, c’est terriblement logique d’écrire ainsi, si ce n’est que sa mère était déjà décédée, et qu’il était enterré auprès d’elle.
Comment allez interroger ses frères, maintenant ?
Et pourquoi, lors de l’enquête sur la mort de Mathilde Courseau, cette histoire n’était-elle pas ressortie ?

Daguerre avait dit abruptement à Guillaume Berthier :
– Le nom de Massart vous dit-il quelque chose ?
– Oui.
– ?????
– Céline Massart, c’est le nom de la professeur des écoles de CE2 de Victoria.
– Vous avez mené une enquête sur elle ?
– Mais oui, bien sûr lieutenant, j’ai toujours enquêté sur les profs de mes filles. Vous me prenez pour qui Daguerre ?
– Euh, désolée.
– Il n’y a pas de quoi. Vous avez une mère, Daguerre ?
– Oui. C’est quoi, cette question ?
– Moi aussi. Marina Berthier, institutrice à la retraite. Et vous savez de quoi parle une institutrice à la retraite à une professeure des écoles en activité ? Oui, du métier d’institutrice ! C’est comme ça que je sais que Céline Massart est mariée – ma mère s’est bien gardée de lui dire qu’elle ne l’a jamais été – qu’elle a deux enfants, de quatre et deux ans, prénommé Julia et Théodore.
Daguerre sursauta. Oui, il pouvait s’agir d’une simple coïncidence, mais…
– Ma mère va chercher Victoria tous les soirs, parce qu’elle est à la retraite, parce que cela évite à Alice de se déplacer le soir, parce que cela la laisse active, parce qu’elle a la chance d’être trois fois grand-mère, etc, etc… Quand ma mère et ses soeurs ont quitté l’Ukraine, elles étaient très jeunes, et ma mère a cru que jamais elle n’aurait une vie normale. Sa vie a, m’a-t-elle dit, dépassé toutes ses espérances.
– Et votre mère connaître-t-elle le mari de cette charmante prof ?
– Elle sait qu’il exerce une profession barbante, j’en déduis donc qu’il travaille dans une banque. Pardon pour les banquiers, mais ma mère a toujours trouvé cela barbant, le métier qu’elle n’aurait jamais voulu faire – et que mon cousin Boris a longtemps exercé, c’est vous dire le fossé entre ma mère et sa soeur aînée.

Etape suivante, la mère de Guillaume Berthier qui, comme son fils, avait une mémoire épatante.
– Il était à la kermesse. Mais si Guillaume, il y était. Tu ne l’as sans doute pas vu, tu ne lui as pas parlé – Guillaume peut être frappé de mutisme de manière incompréhensible, mais je peux te dire qu’il était là avec son fils et son frère. Lieutenant Daguerre, un problème avec le fauteuil que vous vous agitiez ainsi ? Ou alors, c’est mon café qui est trop fort ?
Le lieutenant la rassura, il était simplement dans son état normal.
– Céline a tenu à nous présenter parce que son beau-frère prépare une thèse sur la Russie tsariste. Je me contrefous de la Russie tsariste, je suis ukrainienne de naissance. J’ai écouté poliment, je crois que j’ai été aussi muette que Guillaume, c’est dire. Puis Juliette est arrivée et m’a sauvée de cette galère. Mathieu Massart – le beau-frère de Céline donc- enfile les clichés comme d’autres des perles. Il m’a dit que Juliette me ressemblait beaucoup, et que Victoria était le portrait de sa maman. Juliette n’a rien dit, forcément, Victoria, par contre, a dit qu’Alice n’était pas sa mère, mais sa belle-mère. Ce cher Mathieu ne savait pas où se mettre. Je crois que c’est le prénom qui veut cela, tous les Mathieu que j’ai connus étaient d’immenses gaffeurs. Et comme si la journée n’était déjà pas assez compliquée comme cela, qu’est-ce qui pointe le bout de son nez, Mathieu Delaporte !
– Hum ?
– Ancien coéquipier de Guillaume, qui l’a généreusement cocufié.
– La tête qu’il faisait ! Non, parce que son fils est dans la même école que les filles de Guillaume. Comme le temps passe !
– Je crois, ajouta Guillaume, que tous les policiers ou presque ont mis leurs enfants dans une école privée, alors…
– Bref, nous avions vraiment gagné notre journée.

Introspection – Guillaume Berthier, le retour

Publié 1 décembre 2018 par Sharon et Nunzi

Vie paisible.
C’est ce que l’on pourrait dire.
Instructeur détaché à la police, etc, etc…
Vie sans danger.
On ne risque pas grand chose.
Quel ennui.
– Pourquoi vous avez cessé d’être flic ?
– Commandant, pas flic.
On ne cesse jamais en fait.
Guillaume se tournait et se retournait sur le canapé.
Non, il n’était pas là pour cause de scène de ménage.
Alice et leurs filles étaient chez son frère, pour le week-end. Un long week-end, du vendredi soir au lundi matin.
Ce n’était pas les affaires résolues qui le rongeaient, non, c’était celles qu’il n’avait pu résoudre.
Certes, il n’était pas chargé de toutes. Il avait été dessaisi de l’enquête quand son cousin Benjamin s’était retrouvé le premier suspect. Il n’était plus suspect, non, mais on ne savait toujours pas qui avait tué cette actrice dont le talent était moindre. On savait qui avait agressé Benjamin et l’avait plongé quinze jours dans le comas. Maigre consolation.
Jamais n’avait été trouvé non plus celui qui avait agressé sa soeur. La piste trouvée s’était vite refroidie. Guillaume n’était pas assez égocentré pour penser que quelqu’un lui en voulait à lui, personnellement. Il ressentait cependant que la violence qu’il côtoyait dans son métier avait fait irruption dans sa vie personnelle.
Restait la dernière affaire, celle qu’il n’avait pu résoudre, et que, d’ailleurs, personne ne se donnait réellement la peine de résoudre.
Et un autre demi-tour sur le canapé.
Ce n’était pas la peine de lui dire de ne pas s’en faire, et d’ailleurs, Aliénor, qui le connaissait bien, ne le lui avait jamais dit.
S’il pensait à ses affaires-là, c’est pour éviter de penser à la lettre qu’il avait reçu ce matin.
Si elle était arrivée hier, il aurait demandé à Alice de rester – ou peut-être pas.
Antoine, son ancien lieutenant, était mort. Il n’avait pas de famille. C’était Guillaume qui était chargé de faire respecter ses dernières volontés. Très soignées, très précises. mMerci Antoine d’avoir pensé à moi.
Antoine. Pas mort en service, non, mort en prison pour tentatives d’homicide volontaire.
Guillaume se préférait apathique, sinon, il laisserait la colère, qu’il n’avait pourtant jamais éprouvé jusqu’à présent, le déborder.
Guillaume avait choisi la vie de tout temps. Malgré tout.
Résister à la tentation d’en parler à Imogène, qui préparait le mariage de sa petite soeur « bien plus simple que celui d’Elinor »;
Résister à la tentation d’en parler à Percy.
Résister à la tentation d’en parler tout court.

Les bonnes histoires de tonton Guillaume Berthier

Publié 23 octobre 2017 par Sharon et Nunzi

Il était une fois un hamster qui se nommait Illustre – oui, comme l’écrivain qui squatte au Tas de Pierre. Illustre, il en avait plus qu’assez de vivre dans sa nouvelle cage dans laquelle il vivait depuis trois heures. Il a donc dévissé un barreau avec ses petites papattes. Si, c’est possible, j’en connais un qui l’a fait.

Il décida donc de découvrir le monde et se coinça derrière une armoire. Heureusement, grâce à l’aide de deux gentilles personnes, il fut décoincé et remis fissa dans sa cage, après que le barreau a été ressoudé – bien la moindre des choses, n’est-ce pas ?

Il ne renonça pourtant pas, et après avoir tourné, tourné, tourné dans sa roue pendant plusieurs heures, avoir mangé, dormi, et retourné dans sa roue, il réussit à se sauver.

Pas de bol : il était quinze heures. Pas de bol bis : les louveteaux garous étaient en cours. Oui, les louveteaux garous existent, demande à ton grand-père. Ils existent dans les livres, dans les livres, tout existe – même des monstres gentils. On voit que tu n’as pas connu l’île aux enfants. D’ailleurs, Juliette a bien dit que si elle avait un garçon, elle l’appellerait Casimir ou Hippolyte.

Revenons à notre hamster : il traversa donc en courant sur ses petites papattes la salle de classe et trente louveteaux se mirent à courir après lui.

Oui, il s’en est sorti en sortant de la salle. Il aurait rencontré une autre hamster mais ceci est une autre histoire.

Retour à l’écriture – des nouvelles du Tas de pierre

Publié 7 octobre 2017 par Sharon et Nunzi

Comment vont Percy, fier highlander et Alexandre Legrand, illustre écrivain ? Vous le saurez en lisant les nouvelles que Percy donne à Guillaume Berthier

Coucou Guillaume
Tout d’abord, ravi de savoir que tout va bien pour toi. Comme quoi, parfois, il faut avoir le courage de changer de voie professionnelle. Merci également pour les photos d’Aliénor, elle ressemble beaucoup à sa maman.
Ici, rien de spécial à signaler. il pleut, la distillerie se porte bien, le journal des chasseurs de fantôme aussi.
Notre illustre écrivain va beaucoup mieux. Il a pris la décision de ne plus être romancier et il se sent « libéré, délivré » depuis qu’il ne se sent plus dans l’obligation d’écrire un nouveau roman. Du coup, il profite de la vie, fait du yoga, de la cuisine – il nous a bien aidés pour les confitures de la saison – et même de la couture. Et bien sûr, il écrit l’histoire d’un homme qui a pris conscience que le dernier roman publié resterait à tout jamais le dernier. En bref,il écrit toujours, mais sans plus penser à être publié.
@bientôt
Perceval James Andrew McKellen

Percy – direction la France !

Publié 16 août 2017 par Sharon et Nunzi

Percy quitta le Tas de Pierre, Winston son bouledogue sous le bras, pour se rendre en France. Quelle nouvelle l’entraînait là bas ? Rendre visite à sa soeur qu’il n’avait pas vu depuis quinze jours ? Non ! Rendre visite à Aliénor Alice Ludmilla Berthier, deux mois, fille de Guillaume et Alice Berthier.
– Un bouledogue en peluche ? Merci beaucoup ! s’exclama Alice.
Oui, Percy avait tenu à attendre un peu avant de les visiter. Tout le monde avait dû se bousculer.
– Je confirme, dit Guillaume. Et tout le monde se bouscule toujours, je vous rassure. Aliénor a trois cousins du côté d’Alice, un quatrième naîtra dans six mois, elle aura beaucoup de camarades de jeu. Et si tout va bien, un petit frère ou une petite soeur dans moins de trois ans.
– Oui, précisa Alice, je voudrai que nos enfants n’aient pas d’écart d’âge trop important. Je m’entends tellement bien avec mes frères.
– Et Guillaume avec Juliette.
– Juliette avait trois ans quand elle a été adoptée et moi six. J’étais suffisamment grand pour dire que j’aurai préféré un chien plutôt qu’une soeur. J’en ai eu un, du coup.
Plus tard, alors qu’ils prenaient le thé… et bien au salon de thé de Juliette, après qu’elle a demandé et obtenu toutes les nouvelles de sa nièce, Percy demanda à Guillaume s’il ne regrettait pas son ancien métier.
– Pas du tout. Instructeur me convient parfaitement. Mais je ne suis que « détaché » pour l’instant. Et je sais que certaines fichues enquêtes piétinent toujours. Mon retour n’y changerait rien, elle piétinait déjà quand j’étais là.

Le mariage : on y est !

Publié 11 octobre 2016 par Sharon et Nunzi

Après les déboires de sa fille, Percy avait oublié que, finalement, un mariage pouvait très bien se passer.
Les mariés ? Superbes. Alice portait une robe blanche rebrodée de bleu – et tant pis pour les esprits chagrins qui pensaient qu’une robe de mariée se devait d’être blanche. Guillaume était en uniforme, conformément aux souhaits d’Alice.
La mairie ? Chaleureux et émouvant. Sincère et touchant. Et les trois enfants d’honneur (rejetons du frère aîné de la mariée) étaient tout simplement trognons (de pomme, Percy n’a pu résister). Juliette restait Juliette, et sauta de joie pendant presque toute la cérémonie, ce qui ne sembla incommoder personne, surtout pas l’adjoint au maire.
La réception ? Percy béat d’admiration devant l’orangerie du château d’Hectoria de Magny, superbe, et décorée de manière lumineuse. Il nota la ressemblance extrême et troublante entre Guillaume et son cousin Benjamin, ingénieur du son qui animerait le bal dans la soirée. Imogène confirma que le salon de thé de Juliette avait toujours autant de clients.
Le repas ? Végétarien. Percy put donc manger sans problème.
Le bal ? Aérien.

Certes, la maman de Guillaume avait eu un pincement au coeur, en pensant qu’une de ses soeurs et un de ses neveux n’avait pas daigné venir. Elle leur laissait leur goujaterie et leur intolérance.
Certes, Hectoria avait eu l’air sombre – parce qu’elle trouvait qu’Alice était une bien plus belle mariée qu’Alicia, sa belle-soeur. Cela n’avait duré qu’un temps.
Ce que Percy retint, ce fut une journée remplie de bonheur, présent et à venir – et à l’annonce, juste après le weeding cake, qu’une petite Berthier allait bientôt agrandir la famille (Alice était persuadée, six mois avant la naissance du bébé, d’attendre une fille).