Guillaume Berthier

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Le mariage : on y est !

Publié 11 octobre 2016 par Sharon et Nunzi

Après les déboires de sa fille, Percy avait oublié que, finalement, un mariage pouvait très bien se passer.
Les mariés ? Superbes. Alice portait une robe blanche rebrodée de bleu – et tant pis pour les esprits chagrins qui pensaient qu’une robe de mariée se devait d’être blanche. Guillaume était en uniforme, conformément aux souhaits d’Alice.
La mairie ? Chaleureux et émouvant. Sincère et touchant. Et les trois enfants d’honneur (rejetons du frère aîné de la mariée) étaient tout simplement trognons (de pomme, Percy n’a pu résister). Juliette restait Juliette, et sauta de joie pendant presque toute la cérémonie, ce qui ne sembla incommoder personne, surtout pas l’adjoint au maire.
La réception ? Percy béat d’admiration devant l’orangerie du château d’Hectoria de Magny, superbe, et décorée de manière lumineuse. Il nota la ressemblance extrême et troublante entre Guillaume et son cousin Benjamin, ingénieur du son qui animerait le bal dans la soirée. Imogène confirma que le salon de thé de Juliette avait toujours autant de clients.
Le repas ? Végétarien. Percy put donc manger sans problème.
Le bal ? Aérien.

Certes, la maman de Guillaume avait eu un pincement au coeur, en pensant qu’une de ses soeurs et un de ses neveux n’avait pas daigné venir. Elle leur laissait leur goujaterie et leur intolérance.
Certes, Hectoria avait eu l’air sombre – parce qu’elle trouvait qu’Alice était une bien plus belle mariée qu’Alicia, sa belle-soeur. Cela n’avait duré qu’un temps.
Ce que Percy retint, ce fut une journée remplie de bonheur, présent et à venir – et à l’annonce, juste après le weeding cake, qu’une petite Berthier allait bientôt agrandir la famille (Alice était persuadée, six mois avant la naissance du bébé, d’attendre une fille).

Le Tas de Pierre – j – 19 ou presque

Publié 26 septembre 2016 par Sharon et Nunzi

– Guillaume, désolé de vous appeler si tôt, mais le mariage, c’est dans moins de trois semaines.
– Je sais bien, ne soyez pas plus inquiet que ma mère.
– Les invités ?
– OK. Ils sont quarante – sans compter les chiens et les chevaux.
– Ce ne sont pas ceux qui se plaignent le plus. La salle ?
– L’orangerie du château de Magny, prêté par Hectoria, à la condition qu’Alice porte une belle robe.
– Le repas ?
– Commandé – ma mère se charge du gâteau. Elle y tient.
– Je ne vous demande pas pour la robe, vous avez répondu. J’ai un imprévu – pour ne pas changer.
– ????
– L’illustre écrivain, je l’avais complètement oublié puisque ma fille Gladys n’est plus son attachée de presse. Il a débarqué ici, à pieds, pour fuir les journalistes qui veulent lui parler de son dernier chef d’oeuvre. Je suis d’accord : il est si ennuyeux qu’il devrait être remboursé par la sécurité sociale ! Ce n’est plus un livre, c’est un concept !
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La soirée après les Highlanders games

Publié 29 août 2016 par Sharon et Nunzi

– Alors, Imogène, c’était comment, le mariage d’Eric de Magny et ….
Ni Guillaume ni Perceval ne purent compléter, ils ignoraient le prénom de la fiancée. Imogène leur faisait face, par la grâce d’internet et de la webcam. Elle paraissait lessivée.
– Alicia. En tant que témoin, précisa-t-elle en se frottant les yeux, j’ai eu le temps de mémoriser son prénom. Non, parce qu’il a fallu que je prépare un discours de félicitations pour l’après-cérémonie.
Elle soupira si fort que Guillaume avait l’impression que même la poussière qui l’entourait avait été soulevée.
– Pas de vin d’honneur, pas de repas, pas de bal, les nouveaux mariés avaient autre chose à faire.
Percy manqua s’étouffer.
– Nous sommes arrivés à onze heures à la mairie, c’était le premier mariage de la journée. Owen [notaire associé d’Eric de Magny] nous a distribué des carottes, pour que nous soyons tous aimables pendant la cérémonie. Cela avait l’air grotesque, sur le coup, mais ce fut le seul moment vraiment détendu de cette journée. Je crois qu’on s’est tous marré en jouant les Bugs Bunny.
– Vous étiez nombreux ?
– Les quatre autres clercs de notaire et leurs conjointes, moi, seule, maître Owen et ses filles Jeanne et Louise. Elles adorent les mariages, les robes de princesses, normal, c’est de leur âge. Hectoria est arrivée juste après, traînant ses jumeaux derrière elle. Elle est vraiment costaud. Elle les avait fait mettre sur leur 31 – et nous étions tous tirés à quatre épingles, il faut bien le dire.
Percy bougonna que, pour un mariage, c’était normal, non ?
– L’adjoint au maire est arrivé, nous a fait nous installer dans la salle des mariage, en attendant les mariés. Il y avait inscrit sur sa figure « ils sont peu nombreux ». Il faut dire aussi qu’il n’y avait aucun représentant de la famille de la mariée. Par conséquent, maître Owen serait le témoin de la jeune fille, à la demande d’Eric de Magny. Tout allait presque bien, n’est-ce pas, jusqu’à l’apparition des futurs mariés. Je ne dis pas que la tenue d’Eric de Magny n’était pas correcte, je dis simplement qu’il était habillé de la même façon que tous les jours. Et je dis simplement que j’ai vu des robes de mariées vraiment très différentes, j’ai même vu des tailleurs de mariées, des mariées militaires qui, pour la cérémonie civile, ont tenu à porter leur uniforme, mais des shorts de mariées, non vraiment jamais ! Oui, la mariée était en short et tee-shirt – blancs.
– Comment Hectoria a-t-elle réagi ?
– Elle n’a absolument rien dit, jusqu’à la fin de la cérémonie. C’est là qu’elle a fait un court malaise. Officiellement, trop de fatigue, trop de tracas. Je l’ai raccompagnée chez elle avec ses jumeaux. Antoine a commencé à dire que c’était bien la peine de le forcer à mettre une cravate, elle l’a coupé net et a dit qu’elle ne voulait plus qu’on parle du mariage de son frère jusqu’à son divorce qui arrivera bien un jour. Aussi, Guillaume, j’ai beau avoir les idées larges, j’espère que votre mariage sera un peu plus traditionnel et un peu moins mouvementé.

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Les Highland games 2016 – II

Publié 18 août 2016 par Sharon et Nunzi

Guillaume s’était assis à l’entrée de la tente du clan Fraser, n’osant pas trop dire à Perceval que les lancers de poids divers et variés ne l’intéressaient pas outre mesure.
Dans son dos, Gentiane McKellen pestait. Qui avait renversé du chocolat en poudre sur son téléphone portable, qui ? Guillaume se dit que, pour la gentillesse et la bonne humeur, elle tenait de son grand-père.
Percy poussa un cri de joie. Visiblement, celui qui avait lancé le poids le plus loin était Douglas, un membre de son clan qui avait déjà fait merveille l’an dernier – cela, au moins, Guillaume s’en souvenait.
– Maintenant, c’est l’épreuve de marteau, précisa Gentiane, tout en ayant l’air de dire que, franchement, Guillaume pourrait s’en apercevoir, non ? Nous n’avons aucune chance face à Liam McHornish. C’est le mec de base.
– De base ? répéta Guillaume.
– Ouais, de base, sans aucune option. Il lance son marteau, il cogne avec son marteau – il est vaguement menuisier/charpentier dans le civil – et c’est tout. Quand on sait comment il a réparé le cottage de Rodney et Pénélope, cela fait peur. Et flûte, il s’approche de nous, et avec des chardons en plus.
Pour la faire courte…. Liam tendit les chardons fraîchement cueillis à Gentiane et lui proposa de venir au bal avec lui ce soir. Et Gentiane accepta.
– Je danse très mal, je bavarde beaucoup, je vais lui faire passer une soirée pourrie. Les chardons n’avaient pas mérité que je les lui balance à la figure. Et Papy va adorer me servir de chaperon ! Je crois qu’il préfère encore Liam McHornish à James ou à … James. C’est fou ce que la génération actuelle a des prénoms peu variés dans les Highlands.

Les highland games 2016 – I

Publié 17 août 2016 par Sharon et Nunzi

-Guillaume, je vous l’ai déjà dit, il faut vous ressaisir, ou au moins bouger un peu.
– Mroufm.
– Si vous restez dans la brouette tout le temps des épreuves, on va croire que vous êtes bourré – ou que je cherche à dissimuler un cadavre.
Ainsi parlait Perceval McKellen tandis qu’il roulait Guillaume Berthier par la grâce d’une brouette. Winston, le fidèle bouledogue, était resté au château.
– C’est quoi, les épreuves, aujourd’hui.
– Que du lancer : lancer de tronc d’arbre, lancer de pierre, lancer de poids, lancer de marteau. Vous resterez avec les hommes de notre clan, pas envie que vous vous preniez un tronc d’arbre sur la tête ou sur le pied.
Guillaume fit donc l’effort de s’extraire de la brouette, de prendre sa canne, de faire quelques pas et de s’asseoir sous la tente du clan Fraser, en compagnie de tous les hommes du clan. L’un d’entre eux, qui avait une ressemblance légèrement certaine avec Percy, nous tendit une assiette de shortbread – vous savez, ces morceaux de beurre qui ont fait ami-ami avec un petit peu de farine.
– Liam McHornish est là, dit-il en désignant d’un coup de menton un géant blond qui avait un poids assez conséquent à la main. Percy grogna en souvenir du très léger contentieux qu’il y avait eu entre eux l’an dernier.
– Je ne sais pas ce qu’il a, mais il n’arrête pas de regarder dans ma direction. J’ai presque envie de lui coller une gifle dans la figure.
– Ce ne serait pas prudent, marmonna Guillaume.
– Ce ne serait surtout pas gentil, puisqu’il ne répliquerait pas. Ah, voilà son frère, Luke.
Celui-ci secoua littéralement son frère qui… ne bougeait toujours pas.
– Gentiane, je crois que ce couillon a eu un coup de foudre pour toi.
– Nan, pas possible. Puis, je ne suis pas la seule fille du clan, nan ?
Guillaume se promit de regarder plus attentivement les porteurs de kilts qui l’entouraient.

Week-end au Tas de Pierres

Publié 14 août 2016 par Sharon et Nunzi

– Guillaume, je ne vous dirai pas de vous secouer, parce que je sais très bien que cela ne sert strictement à rien. Seulement, vous êtes déjà allongé sur le tapis de mon salon depuis trois heures. Vous pourriez peut-être … prendre un peu l’air ?
Pas de réponses.
– Votre ami Antoine vous tourmente toujours.
– Je faisais le compte, dit Guillaume (il parlait, c’est déjà ça) des personnes que j’étais allé visiter à l’hôpital depuis deux ans. Mon cousin Benjamin. Ma soeur. Antoine.
– Sans oublier votre propre visite.
– Moi… vous savez…. ce n’est pas grave. Je déteste ressentir ce sentiment d’impuissance et de culpabilité. Je ne le ressens pas pour Antoine. La date pour le procès en appel a été fixée.
– Déjà ? Euh… je veux dire.
– Oui, déjà. Maître Devour devra se surpasser encore une fois. Antoine a été incapable de dire pourquoi il est entré dans la chambre à coucher avec son arme de service. Antoine a tiré sur deux personnes, les blessant grièvement. Antoine n’a pas appelé les secours…
– Je croyais que…
– Non, non, il m’a appelé, moi, il s’est… constitué prisonnier. C’est moi qui ai appelé les secours, sans trop savoir ce qu’ils allaient trouver.
– Essayez de… penser à autre chose. Oui, je sais, c’est encore une formule facile à dire. Cet après-midi, je vous emmène au Highlander Games. Mon clan fera ce qu’il peut, et ce sera déjà bien.

Retour au Tas de pierre – V

Publié 28 juillet 2016 par Sharon et Nunzi

Percy avait oublié qui était Antoine. Et, pour être honnête, Guillaume ne pensait pas à lui tous les jours.

L’aube s’était levée. Guillaume descendait lentement les escaliers de l’hôpital et sortit sur le parvis. IL avait envie subitement de s’allonger par terre et d’attendre – un peu – que cette immense sensation d’inutilité qui l’avait envahie au chevet d’Antoine le quitte.
Antoine, condamné à un certain nombre d’années de prison pour tentative d’homicide, avait tenté de mettre fin à ses jours et y était quasiment arrivé. D’ailleurs, les jours à venir seraient décisifs. Guillaume avait déjà entendu ce discours, une dizaine d’année plus tôt, sauf que c’était lui qui était dans le lit, qu’il n’en avait vraiment pas fait exprès d’être blessé – et qu’il n’était pas censé entendre ce qu’on lui avait dit.
Antoine n’avait pas de famille. Pas de frère, pas de soeur. Plus de parents. Plus de compagne.
Et lui, Guillaume Berthier.
Guillaume Jean Vladimir Berthier, fils de Marina Berthier qui a eu le bon goût de l’adopter alors qu’elle était célibataire. Une soeur de quatre ans sa cadette, Juliette Marina, libraire. Une fille, Victoria. Peut-être bientôt un autre enfant avec Alice, sa fiancée, archiviste. Alice l’avait en effet demandé en mariage quelques jours plus tôt.
– Logiquement….
– Logiquement, c’est l’homme qui demande la femme en mariage, je sais, Guillaume. Si je devais attendre que tu te décides à demander ma main, pour utiliser cette expression désuète, je pourrai attendre dix ans. Et je ne suis pas ce genre de femme, qui attend que l’homme qu’elle aime cesse de tergiverser. Donc, Guillaume Berthier, voulez-vous bien être mon mari ? Et cette fois-ci, je veux une réponse.
Il avait dit oui – et les invitations avaient été postées. Hectoria l’avait à moitié étouffée dans ses bras en apprenant la nouvelle, et lui prêtait même gracieusement l’Orangerie pour cette grande occasion, Imogène avait manifesté sa joie de manière à le rendre presque sourd. Juliette avait achevé le travail.

Le soleil était levé. Guillaume repartit vers le centre de formation. Encore deux mois et demi pour transformer les recrues en policier. Après, soit il restait formateur, soit il reprenait son poste à la criminelle. Il ne savait plus de quoi il avait réellement envie.