Chevalier dragon

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Au pensionnat des louveteaux, juillet 2021

Publié 21 juillet 2021 par Sharon et Nunzi

Au pensionnat, tout va bien.
Ce sont les vacances.
Les résultats du brevet sont tombés.
Ils ne sont pas mauvais, ils sont catastrophiques.
Gaël de Nanterry principal définitif se dit que les choses sont définitivement actés. Il est chargé de redresser la barre qu’il n’a cessé de voir dégringoler depuis qu’il a été nommé.
« – La génération de louveteaux de l’an dernier n’était pas terrible.
– Celle de cette année était pire, et les louveteaux arrivés en 6e cette année ne trouveraient même pas un mouton dans un pré si leur survie en dépendait. Ils ne trouveraient peut-être même pas l’entrée du pré, c’est dire. »
Jamais encore autant de louveteaux ne s’étaient égarés au cours de la course d’orientation.
– Pourtant,nous avons eu des petits frères et soeurs d’élèves particulièrement méritants.
– Ils l’ont été d’autant plus qu’ils ont dû supporter leurs petits frères set soeurs tout en ayant d’excellents résultats. Je comprends mieux maintenant pourquoi l’un d’entre eux disait : « mon petit frère ? Je le vois peu, il court tout le temps ».
Un journaliste était venu interroger monsieur de Nanterry et voulait savoir son sentiment sur les résultats scolaires calamiteux du pensionnat. Ni une ni deux, les deux mains du principal se métamorphosèrent en deux pattes bien griffus. Cela lui arrivait parfois, c’était les seules parties de sa personne qu’il pouvait modifier. Le journaliste – un humain ordinaire, le rédacteur en chef avait fait une gaffe de débutant – eut un léger coup de fatigue et tomba en pâmoison.
– Raaaaaaaaaaaaah, c’était vraiment pas le moment, dit Alexielle, kiné des dragons et infirmière par interim. Oui, depuis que l’on cherchait une infirmière pour le pensionnat, on s’était dit qu’engager une kiné qui avait donné son nom à l’infirmerie pour les fréquents passages qu’elle y effectuait valait le coup.
Elle avait donc rassuré le journaliste. Non, monsieur de Nanterry n’allait pas le manger. Il n’y avait plus de moutarde à la cantine alors…
– Raaaaaaaaaaaaaaah, il s’est évanoui à nouveau, c’est fragile, un journaliste, je ne me rendais pas compte. Je peux lui mettre une tarte ? Lui balancer un seau d’eau ? Même pas ? Pourtant, avec les dragons, cela marche bien !

Ecriture – Le masque aux dragons ? Euh

Publié 4 février 2021 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous
Oui, c’est encore Axelle Beaucaire, et j’ai sous les yeux les nouveaux conseils du ministère.
Pour les dragons de combat, ils ont renoncé à leur imposer le masque à l’entraînement. Qui n’a jamais vu une manifestation de dragon à trois heures du matin sous les fenêtres du ministre qui tentait de dormir ne peut pas comprendre. Non, les chevaliers dragons n’y sont pour rien. Si vous croyez qu’un dragon demande toujours l’autorisation de son chevalier avant de faire quelque chose, vous vous mettez le doigt dans l’oeil. Selon les journalistes courageux qui se sont éjectés du lit pour couvrir l’événement, un certain Clook menait la manifestation avec des revendications très précises (pas de masques, sinon, on les crame). Pour ceux qui ne connaissent pas Clook, c’est le fils de Chimney – et il a fait une super réaction allergique quand il a porté le masque pendant une heure. Je le sais, c’est moi qui ai dû soigner ses écailles.
Bref, si le masque pour les dragons de combat, c’est cuit, pour les dragons domestiques, ces charmantes bestioles qui ne dépassent pas les trente kilos, le décret est tombé aujourd’hui. Je reconnais que leur mettre le masque est très facile. Ils sont tellement mignons et gentils ! Mirabelle et Eglantine, les dragonnes jumelles des jumelles de notre chef d’escadre se sont laissé faire sans souci. Elles ont bouffé leur masque en dix minutes montre en main, et je dois vous dire que ce n’est pas super comestible. Non, je n’ai pas essayé d’en manger un, mais je peux vous dire qu’après qu’elles en ont mangé quatre chacune, eh bien elles n’avaient plus faim du tout, et le lendemain, elles étaient super constipées.
Pas de masque, pas de sortie sous peine d’amende. Je veux bien mais :
– qui verbaliserait des dragons si mignons ?
– qui verbaliserait des dragons si mignons qui risquent de te cramer le bout du nez ?

Comment mettre un masque à un dragon

Publié 30 janvier 2021 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous.
Ici Alexandrielle Beaucaire dite Axelle, kiné des dragons de combat.
Un ministre qui ne connaît rien au dragon a pondu une directive comme quoi il fallait mettre un masque au dragon pendant l’entraînement au cas où. JJe l’invite donc à venir mettre lui-même les masques à nos dragons mais en attendant, je vais mettre le masque-prototype à un dragon volontaire. Si, j’en ai trouvé un.
Je vous présente, pour ceux qui ne le connaissent pas, Chimney, dragon de notre chef d’escadre monsieur Arthur de Saint-Georges. Chimney est, selon les experts, 50 % timbré, 30 % chtarbé, 20 % cinglé et 10 % cintré. C’est vraiment extrêmement précis. Chimney s’est cependant prêté de bonne grâce au jeu parce qu’il a trouvé cela « totalement débile ».
Première chose : ne pas fixer le masque derrière les oreilles des dragons mais choisir un masque qui se noue sur la nuque. Les dragons bougent tout le temps les oreilles, contrairement aux humains, et donc le masque risque de tomber et, je cite Chimney « il pourrait tomber sur un chevalier ou un autre dragon, et cela ferait désordre ».
Deuxième chose : porter un masque sur la gueule, cela veut dire ne pas cracher du feu. Et si le dragon a envie d’en cracher quand même ??? Non, ce n’est pas moi qui le dis, c’est Chimney. Il contient son envie ? Seul un non spécialiste des dragons peut penser qu’un dragon a envie de se retenir de cramer son adversaire.
Troisième chose : les dragons exigent de porter des masques assortis à leurs écailles. Nanmého ! D’un, cela permettra de rester des dragons stylés, deux, ce sera plus discret. Hors de question qu’un bout de tissu blanc nous fasse remarquer !
Quatrième chose, prévoir un assistant courageux, pour vous aider à grimper sur le dragon et à fixer le masque. J’ai eu de la chance, Chimney était volontaire. Il m’a cependant prouvé qu’en deux temps, trois mouvements, le masque pouvait être dévoré/croqué/déchiré par son porteur. Le ministère ne va quand même pas nous pondre un masque en acier, non ? On n’est plus à une aberration prêt.
Ce n’est pas tout ça, je vais me coucher. Vu le nombre de manoeuvres infructueuses qu’il a fallu pour positionner ce bidule, je mérite une sieste, c’est moi qui vous le dis !

Journal d’une dragonnière – IV

Publié 21 décembre 2017 par Sharon et Nunzi

Axelle, kiné et draggonnière, a ramené Léo Alpha-Nord auprès des siens. Cependant, elle a tout de même reçu un châtiment pour l’ensemble de ses activités anti-meute lupine.

« Je crois cette fois-ci que j’ai vraiment tout essayé. Bon sang, ce que cela fait mal de jouer des percussions toute la nuit, une vraie horreur. Et pourtant, en tant que kiné et dragonnière, j’en ai vu. Tiens, comme la fois où Maël, le fils d’un de nos soigneurs, a voulu regarder sous la queue du dragonneau de douze jours pour voir si c’était un mâle ou une femelle. Et bien il nous est revenu avec les cheveux tout debout sur la tête et un peu cramés. IL avait aussi des cloques pleins les mains. Il s’en est remis ! Moi par contre, ce n’est pas gagné.
Oui, monsieur de Saint-Georges, je sais, je sens que vous vous fichez éperdument de l’état de mes mains. Je vous remercie ! Non mais le pire, c’est que Léo Alpha-Nord, en dépit d’une nuit complète d’incantations, va à peine mieux. Il est vivant, il respire, ses blessures évoluent d’un côté qui évoquent la positivité, mais c’est véritablement tout. Jamais vu un patient dans un tel état de délabrement.
Jo s’ennuie ? Il mange moins ? J’espère qu’Owen n’a pas oublié de lui donner ses comprimés pour l’entretien de ses écailles. Mon compagnon est parfois un peu tête en l’air.
Comment ça, qui se ressemble s’assemble ?
Oui, je fais tout pour revenir – ils n’ont pas vraiment envie de me garder. »

Axelle ne pouvait quand même pas dire à Arthur de Saint-Georges, son chef d’escadre, qu’elle avait eu une solide discussion avec Alexandria de Nanterry, lycanthropologue dont les chevaliers-dragons avaient tenté d’enlever le fils – directeur du pensionnat des louveteaux, il faut le rappeler.
– Ma chère Axelle, mon fils est mon fils – vu les grondements dans sa voix, Axelle n’avait aucun doute sur ce fait. Quant à mon neveu – oui, Chris est le fils de la soeur de mon mari – il est un loup blanc.
– ????????? (Axelle connaît quasiment tout sur les dragons, par contre, elle a encore beaucoup à apprendre sur les loups-garous).
– C’est extrêmement rare. Non, Axelle, la couleur de notre pelage n’a rien à voir avec la couleur de nos cheveux. Chris est né de l’union d’un authentique alpha et d’une authentique omega. A lui de choisir sa voie, et nous pensons qu’il l’a déjà choisie.

Axelle s’était perdue dans l’arbre généalogique de la meute. Donc, la patte droite de l’alpha actuel était marié à la lycanthropologue et ils avaient eu un fils. Il avait deux soeurs dont l’une était mariée à l’alpha d’une autre meute (mais ils ont combien de meute ?????) dont elle avait eu trois mouflets. L’autre soeur avait aussi trois mouflets, et une des mouflettes (terme moins terrifiant que louve garou) avaient eu des quadruplés. Axelle, en voyant des photos de « chiots », avait complimenté Alexandria sur…. et bien sur ces chiots !
– Mes petits-enfants, avait-elle dit.
Avantage de faire une grosse boulette : on ne la fait pas deux fois.

Journal d’une dragonnière III

Publié 9 décembre 2017 par Sharon et Nunzi

Axelle, kiné des chevaliers dragons très maladroite, se retrouve prisonnière de la meute. Après avoir pris le thé avec la lycanthropologue chargée de soigner Léo, ancien alpha de la meute, elle attend maintenant son châtiment. 

– Jusqu’à ce que mort s’ensuive ? Ce n’est pas un peu exagéré, votre truc ?
– Non, pas du tout. Vous voulez sauver Léo Alpha-Nord ou pas ?

Non, mais, elle en avait de ses questions, la lycanthropologue de la meute. Bien sûr que je voulais le sauver, sinon, je ne serai pas là, avec Arthur Saint-George qui, par un lien mystérieux que je ne saurai expliquer, est en train de me hurler dans les oreilles que j’ai fait n’importe quoi. Il n’a jamais fait n’importe quoi, lui, peut-être, non parce que si on entre sur ce terrain-là,j’ai quelques bricoles à lui dire.
Sinon, quand il me laisse un peu de répit, j’écoute les directives de la lycanthropologue. Comme la médecine traditionnelle lupine (je ne savais même pas qu’elle existait) a échoué, et bien ils ont organisé une cérémonie pour reconnecter son âme et son corps, permettant ainsi l’accélération de sa guérison. Vu qu’elle est au point mort, c’est plutôt une bonne idée.
Ce dont je ne me doutais pas, c’est qu’elle me demanderait de tenir les percussions pendant la cérémonie. Elle m’a fait répéter jusqu’à ce que je tienne le bon rythme. Quand je lui ai demandé combien de temps j’allais devoir tenir, elle m’a dit : « Jusqu’à ce que mort s’ensuive ».
Il n’empêche. Cela fait déjà deux heures que je tape en rythme, je commence à ressentir une certaine fatigue. j’ai l’impression que la peau de mes mains est en train de peler. Les louveteaux hurlent des incantations, mes oreilles saignent aussi, ils dansent, là, j’ai retiré mes lunettes, faut pas exagérer. Avec tout ce qu’on fait, j’espère au moins qu’il guérira, ce Léo !

Journal d’une dragonnière – II

Publié 6 novembre 2017 par Sharon et Nunzi

Axelle, kinésithérapeuthe, a pris sur elle de ramener Léo, ancien alpha, auprès des sien : ses blessures, causées par un dragon enrhumé, était très grave. Axelle avait cherché sur internet une lycantropologue. Elle n’avait pas eu la main heureuse…

Comment dire à une lycanthropologue que son thé a quasiment le même goût que le pipi de dragon ? Et bien, on ne le lui dit pas et on le boit en silence, gorgée par gorgée, histoire qu’elle ne vous serve pas une deuxième tasse ou qu’elle ne vous balance pas le contenu de la théière sur la tronche, parce qu’elle semblait en avoir rudement envie, sous ses dehors polis.
Oui, Axelle était gaffeuse, mais là…. Choisir comme médecin pour soigner l’ex-loup garou otage la mère du non loup garou qu’ils avaient tenté de kidnapper un an plus tôt, c’était ballot, comme aurait dit Madisson, sa nièce. Que la meute ait senti l’arrivée de leur ancien alpha et se soit réunie en comité d’accueil musclé, c’était ballot aussi. Elle aurait dû se douter que cette dizaine de loups-garous n’était pas des patients.
Point positif : Jo avait pris la fuite sans demander son reste.
Point positif n°2 : Léo était en de bonnes mains. Même si le docteur n’était pas super optimiste. Axelle avait dû raconter plusieurs fois comment l’incident était arrivé.
– Je peux visiter vos prisons ?
– On ne fait pas de visite guidée, à ma connaissance.
– Non, mais je pense que je vais y aller bientôt.
– Pas du tout, nous vous avons réservé pire.

Journal d’une dragonnière – 31 octobre 2017

Publié 31 octobre 2017 par Sharon et Nunzi

Que se passe-t-il aujourd’hui chez les chevaliers dragons ? Que deviennent Gentiane et Léo, retenus dans ce beau pays ?

– J’avais le choix, soit je faisais une chose stupide, soit je faisais une chose très très stupide. J’ai choisi la première parce que, Léo, c’était la seule qui permettait peut-être de vous sauver. Les statistiques ne vous intéressent pas, je crois ? Vous n’avez pas trop froid ? Non, parce que, voler la nuit à dos de dragons, on peut avoir froid.

Qui parlait ainsi ? Axelle, kinésithérapeute chargée de remettre Gentiane sur pattes après son accident de dragon. A qui s’adressait-elle ? A Léo, ancien alpha allongé sur le dos de Jo, dragon d’Axelle, calé derrière la selle. Oui, Axelle est au commande, et elle ne peut s’empêcher de parler.

– Non, mais franchement, je vous assure, ce n’était vraiment pas de bol. Cela n’arrive ja-mais. Que vous ayez eu besoin d’aller aux toilettes, oui ! C’est dans l’ordre des choses. Mais que le dragonneau enrhumé que je soignais s’y soit caché et vous ait éternué dessus, je persiste et signe, ce n’est pas de bol ! Que vous ayez été largement cramé… non plus. Et que le fait que vous vous soyez métamorphosé en loup garou ne permet pas d’accélérer votre guérison, là, aussi, se doit être un cas rare, qui dépasse largement mes compétences.

Bref, même si vous êtes muet depuis deux jours, que vous êtes plongé dans une torpeur que même Gentiane ne comprend pas, et bien j’ai pris sur moi de vous amener voir une vraie lycanthropologue. Ils sont drôlement bien référencés ! Non, parce que, c’était ça ou la kidnapper, et franchement, cela faisait désordre, c’était vachement risqué, alors que vous amener la voir….. Bon, c’est risqué aussi mais j’ai bien dit à Jo (c’est mon dragon) : tu ne te préoccupes pas de moi si je suis capturée, tu fuis ! »

Ah, je crois que nous sommes presque arrivés. c’est normal, tous ces loups-garous devant le cabinet, elle n’a pas de salle d’attente à l’intérieur ?

Encore les chevaliers dragons

Publié 24 octobre 2017 par Sharon et Nunzi

Léo, ex alpha de la meute des loups garous est toujours otage des chevaliers dragons avec Gentiane. Il communique souvent avec Erik – en espérant que les chevaliers dragons ne les espionnent pas. 

Mon cher Erik, soyons clair : les chevaliers dragons ont renouvelé l’art de célébrer les anniversaires. Si, si, si. Le chef d’escadre et sa dragonne ont fêté leur anniversaire de mariage. Elle lui a offert de nouvelles fleurs pour son jardin, il lui a offert un tout nouveau modèle de perceuse. Je crois que c’est une perceuse, du moins, je ne connais rien du tout à ces outils.

Les anniversaires, c’est un peu comme chez nous, sauf que les loups sont remplacés par les chevaliers et leurs compagnes, ou leurs compagnons, et leur progéniture. Et leur monture. Oui, quelques-uns des dragons s’ébattaient dans le pré juste à côté de la maison du chef d’escadre. Des dragons qui s’ébattent, c’est un peu comme des mini-tremblements de terre permanent. On s’y fait, paraît-il. J’espère bien avoir quitté ses lieux toujours verts tellement il pleut avant de m’y être fait.

Sinon, je crois avoir trouvé encore plus maladroit que Gontheuque (loup garou très maladroit, note de l’auteur) : Owen Poutouk, le compagnon de la kiné qui a soigné Gentiane. Il faut dire que ce jour-là, il était aidé par le plus maladroit des frères Dacier. Tous les deux, après un magnifique barbecue, étaient repartis chez eux pour ranger le sus-dit barbecue – éteint, bien entendu. Il était deux heures du matin, ils roulaient lentement, par prudence et… soudain, ils ont vu des flammes derrière eux. La forêt qu’ils traversaient était en train de brûler !
– Fonce plus vite ! cria Anthelme à Owen.

Il a foncé. Bilan : quand ils sont sortis de la forêt, ils ont vu que les flammes les suivaient toujours. Vous l’aurez compris : le barbecue n’était pas si bien éteint que cela. Plus de peur que de mal mais à ma connaissance, aucun loup garou n’a fait cela !

Des nouvelles des chevaliers dragons II

Publié 22 août 2017 par Sharon et Nunzi

Gentiane avait pu être ramenée chez le chef d’escadre, sous l’escorte attendrie de Léo (une louvetelle, c’est fragile) et d’Axelle, la kiné qui avait déjà mis au point le programme de rééducation chevalière/dragon.
– Je suis tout de même un peu inquiète, elle dort depuis seize heures.
– C’est normal, répéta Léo. La régénération, c’est long.
– Oui, mais, tout de même ! A sa place, j’aurai déjà mangé deux/trois gâteaux au chocolat, bu un litre de thé, deux litres de café et j’aurai fait des pauses pipi conséquentes !
Axelle, le chat noir ou « je suis brute de décoffrage ». Léo lui expliqua le principe du ralentissement du métabolisme pendant les phases où le corps du loup se concentre sur la guérison.
– Les dragons, ce n’est pas du tout pareil ! Boulduc s’est froissé une épaule, et pas mal d’écailles, il n’est pas prêt de revoler, déjà quilest un peu une catastrophe à écailles. Les frères Dacier, ou monsieur Saint-Georges vous ont raconté son histoire ?
– Non.
– C’est éclairant ! En fait, il est issu d’un oeuf trouvé au milieu de la dragonnière – la pouponnière des dragons, si vous préférez. Il était là, tout seul, comme un oeuf abandonné – ce qu’il était – et aucune dragonne n’était près de lui, aucune ne le couvait, aucune ne le revendiquait. Heureusement qu’un oeuf de dragon n’a pas besoin d’être couvé en permanence, parce que sinon, pas de Boulduc ! Donc, il a été mis en couveuse jusqu’à son éclosion. Quand il est sorti de sa coquille, les soigneurs ont bien vu qu’il était déjà à l’ouest. Il a même failli s’appeler comme ça ! Là encore, aucune dragonne ne l’a revendiqué. Jules Dacier a émis l’hypothèse que sa mère avait peut-être pondu deux oeufs, et qu’elle en avait négligé un. Nous avons donc cherché un jumeau ou une jumelle à Boulduc – que dale.
– Les jumeaux peuvent ne pas se ressembler, croyez-moi. Erik, la patte droite particulièrement belliqueuse de notre actuel alpha, a une soeur jumelle qui est une omega, la douceur même. C’est aussi une ex-catastrophe sur pattes, grommela Léo, évitant de se remémorer certains souvenirs.
– Ah, c’est comme moi alors ! Elle tira la manche droite de son pull, montrant une vaste cicatrice. Celle-là, c’est quand l’étagère de la dragonnière m’est tombée dessus – Owen se croit bricoleur, il l’avait mal fixée, j’en suis la preuve vivante à 98,9 %. Celle-ci, elle exhiba son bras gauche, c’est quand j’ai rattrapé Boulduc lors de l’une de ses premières tentatives de vol alors qu’il tombait de l’armoire. J’ai aussi des brûlures aux chevilles, à cause d’un accident de pompe à café, sans oublier cette armure qui a dégringolé sur moi alors qu’Hepzibah Saint-Georges était en train de la rénover.
– Ah, la dragonne.
Axelle ne sembla pas offusquer par ce surnom, appliqué à la femme du chef d’escadre.
– Hepzibah a complètement l’esprit dragon. La surnommer ainsi, pour elle, c’est un compliment. Oh ! Je crois que Gentiane se réveille.

Des nouvelles des chevaliers dragons

Publié 14 juillet 2017 par Sharon et Nunzi

C’est l’été. C’est aussi l’occasion de renouer avec les écrits, et de donner quelques nouvelles des chevaliers dragons. Ceux-ci retiennent contre leur gré Léo, ancien loup garou alpha de la meute, et Gentiane du Coussinet Tordu, qui a « fusionné » avec Boulduc, dragonneau un peu incontrôlable. Heureusement, Léo a réussi à renouer le « lien de la meute » et communique régulièrement (pas assez à son goût) avec Erik de Nanterry, bras droit de l’actuel alpha et père du principal du pensionnat des louveteaux. 

– Erik, ravi de savoir que vous me recevez parfaitement. Comme quoi, avoir été alpha, c’est utile.
Sérieusement, on va rester encore combien de temps ici ? Oui, Gentiane va bien, mais elle commence à avoir le mal du pays. Même les frères Sganou lui manquent, c’est dire.
Je ne pensais pas passer ma retraite d’alpha en tant qu’otage.
Oui, nous sommes relativement bien traités, mais tout de même ! Je préférerais être ailleurs, au soleil, à Tahiti, par exemple. Ou aux Seychelles. Oui, j’y tiens,à ma retraite au soleil.
Oui, nous sommes toujours logés chez le chef des chevaliers dragons. Il adore les dragons, il les aime tellement qu’il en a épousés une.
Mais non, pas un vrai. Sa femme…. Même la louve la plus caractérielle restera toujours en deçà de la charmante…Zut alors, à force de l’appeler la dragonne, j’ai oublié son prénom. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui l’ai surnommé ainsi mais l’ensemble de l’escadre. C’est dire. Par contre, je me souviens du prénom du dragon du chef d’escadron : Chimney !
Atchoum ! Oui, j’ai le rhume des foins, les chevaliers dragons sont obsédés par les fleurs, surtout par les rosiers. Ils en plantent partout, et font même des concours : comment poser son dragon sans abîmer ses rosiers.
Je vous laisse, la dragonne nous appelle pour le dîner.