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Tous les articles du mois de octobre 2019

S’entendre, c’est bien

Publié 31 octobre 2019 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous

Aujourd’hui, force est de constater que l’entente peut être simple comme un coussin : Charmeur, au second plan, et Galopin, au premier, s’entendent très bien, tandis que Lisette dort sur ce qui était le coussin de Galopin jusqu’à une date très récente. Disons, jusqu’à ce que Lisette le trouve très confortable.

Lisette a d’ailleurs très vite repris de la hauteur. C’est tellement plus agréable de voir ce qui se passe dehors, non ? Si, sur la photo, vous ne pouvez voir que Lisette et Charmeur, c’est parce que Galopin a entendu l’appel inimitable des croquettes qui allaient lui être servies.

Cependant, après un bon repas, c’est tellement bien de se rouler sur le coussin vert, au pied de Lisette, qui n’a pas bougé de l’arbre à chats – les croquettes peuvent attendre.

Je vous souhaite à tous une bonne soirée et un bon week-end.

Galopin – enfin seul

Publié 26 octobre 2019 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous
Je ne vous expliquerai pas que l’entente Lisette/Galopin n’est pas vraiment au beau fixe.
C’est comme ça, Mirabelle n’est plus là pour les unir.
Donc Galopin aime bien s’isoler, sur un arbre à chats si possible.

Il a parfois l’air soucieux : écarter Lisette est parfois tout sauf simple.

Il peut aussi avoir l’air fatigué : oui, Lisette n’est pas toujours facile à vivre.

Mais sans Lisette, la vie serait ennuyeuse, non ?

Bon samedi à tous !

Carnet du grand écrivain – parenthèse Gabrielle Pastourelle

Publié 26 octobre 2019 par Sharon et Nunzi

Au chapitre 25 du carnet, au chapitre 30, il est question de Gabrielle Pastourelle. Qui était-elle ?

Quelqu’un qui aurait pu mal tourner, vous dirait le docteur Charles-Marie Liénart, l’ancien maire de la commune. Il s’en était fallu de peu en fait, de presque rien, pour la faire basculer de personne qu’il n’appréciait pas du tout, dont il se méfiait même, à une jeune femme dont il avait envie de se soucier.
Gabrielle Pastourelle était institutrice.
Elle avait été élevée par sa grande-tante Valentine Pastourelle, une veuve qui n’avait plus d’enfants – ses deux filles, Caroline et Clara, étaient mortes alors qu’elles n’avaient pas dix ans. Valentine lui avait légué une petite maison où elle avait vécu. Elle lui avait permis de devenir institutrice. Gabrielle n’était pas très jolie, elle n’avait pas d’appui. Elle était amoureuse du bel Antoine, qui lui aimait Marie, qui elle aimait… et bien Antoine. Ils se marièrent, et après la naissance de leur deuxième enfant, Marie tomba gravement malade. Gabrielle se jeta au cou d’Antoine, qui la repoussa. Elle en éprouva une profonde colère, elle envisagea le pire.
Puis elle envisagea l’avenir.
Et elle rencontra un autre déçu de la vie, qui, finalement, se retrouva très heureux avec elle. Lucien avait été rejeté par Henriette Flandrin, non parce qu’elle en aimait un autre, mais parce qu’elle n’aimait qu’elle-même.
Gabrielle, ou le point de bascule.

Pour être véritablement complet, je devrai vous préciser que Gabrielle était née chez sa grande-tante. Qu’elle avait été présentée à la mairie comme telle, « née chez Valentine Pastourelle », de parents inconnus, et qu’elle avait été adoptée par la dame pas si vieille que cela, qui était en mal d’enfants. Elle était bien sa grande-tante, qui avait accepté de couvrir les frasques de son neveu préféré. La vie peut être simple et compliquée à la fois.

C’est un carton

Publié 23 octobre 2019 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous
Sharon a commandé des livres. Je la comprends : elle en manque singulièrement.
Par conséquent, un nouveau carton a fait son apparition.
Il plaît beaucoup à Duchesse :

Je vous souhaite à tous une bonne soirée.

Secourir les arbres à chat

Publié 21 octobre 2019 par Sharon et Nunzi

Tout est dans le titre.
Celui de la chambre principale va bien. Certes, il a été revissé, c’est la première fois de sa longue existence – nous l’avons depuis septembre 2018, d’habitude, les arbres tiennent six mois.
En revanche dans le bureau… Bon, nous avons un vétéran, il a déjà quatre ans, mais il appartient à Lisette. L’autre a treize mois également, et, comme le dit la maman de Sharon « il faut les revisser presque toutes les semaines ».
Dont acte.
Cependant, décision a été prise de remettre les arbres sur le bureau, de manière à ce que les chats, quand ils ouvrent les yeux entre deux siestes , puissent regarder dehors.
Pas forcément une bonne idée.
Un des arbres a atterri la tête en bas, évitant de justesse (cela n’a pas été le cas la dernière fois) la maison de toilettes.
On ne peut pas toujours viser juste.

Cake aux amandes

Publié 20 octobre 2019 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous

Voici une nouvelle recette, tout juste sortie du four :

Ingrédients :

– deux gros oeufs ou trois petits
– 140 grammes de sucre.
– 100 grammes d’amande en poudre
– 75 grammes de beurre
– 200 grammes de farine
– un sachet de levure.

Comment faire ?

– Préchauffer le four à 180 °
– Faire fondre le beurre.
– Casser les oeufs et les battre en omelette.
– Ajouter le sucre (le mieux, c’est du sucre glace) et remuez jusqu’à ce que le mélange blanchisse.
– Ajouter les amandes en poudre et le beurre fondu.
– Mélangez ensuite la farine et la levure à la préparation précédente.
– Faire cuire pendant trente minutes à 180 °

Voici le résultat :

Carnets du grand écrivain – 43

Publié 19 octobre 2019 par Sharon et Nunzi

– Vous ne nous avez jamais raconté l’accident de chasse.
Charles-Marie eut un geste vague, las, comme s’il souhaitait renvoyer ce souvenir dans le passé.
– Je l’ai tant raconté. Je l’ai tant revécu. J’ai du mal à me souvenir ce qu’était la vie avant, et pourtant, elle n’était pas si simple.
Je devais me marier à Jeannette Flandrin. Je crois que ma mère regrettait ces fiançailles, parce qu’elle ne croyait plus que cette union mettrait fin à la rivalité entre nos deux familles, parce qu’elle recherchait une union plus prestigieuse à ses yeux : je focalisais, en tant que fils unique involontaire toutes les ambitions de ma mère. Elle avait vécu ce petit jeu des alliances et des contre-alliances avec son propre mariage et celui de ses soeurs, il n’était pas question d’amour, mais de profit, et de bonne entente, malgré tout : les Larmantin n’auraient jamais forcé une de leur fille à contracter une union qui lui aurait déplu. Ma mère a choisi de quitter sa région natale, tout comme ma fille a accepté d’épouser un aristocrate bourguignon. Hippolyte, sur ce sujet, je ne vous apprends rien.

Ce matin-là, nous partîmes à la chasse, moi, le notaire Flandrin, le pharmacien Viallard, et deux autres notables, Charles Morin et Daniel Courtain. Tous avaient l’âge d’être mon père, aucun n’était venu avec leurs fils, soit parce qu’ils étaient trop jeunes, soit parce qu’ils étaient souffrants, comme le jeune Jules Flandrin. Il n’était pas si malade que cela, il était simplement paresseux. Il s’est reproché toute sa vie de ne pas être venu ce jour là. Il m’a donc reproché d’avoir tué son père. C’est moins lourd à porter.
Avec nous, se trouvaient Albert Ancelin et Louis Clerc, nos deux rabatteurs. J’avais aussi mon propre rabatteur en la personne de François Lemasson.
– Ce nom revient souvient.
– Son père a été blessé le même jour que mon père a été tué en 1870. Sa mère effectuait des travaux de coutures pour nous. Sa soeur Caroline s’est noyée dans la Seine en cueillant des osiers. Et sa femme, Eugénie, et bien, c’était notre gouvernante, enfin, elle le deviendrait, pour l’instant, elle et George étaient mariés, avaient quatre enfants, et Marie, la cinquième, naîtrait deux ans plus tard. Percy, évitez de me lancer des regards noirs, je vous avais bien dit que vous connaissez l’histoire, même partiellement. François n’était pas tant là en tant que rabatteur, il était là pour me protéger, et m’empêcher de trop m’exposer. Cela ne risquait pas. Viallard, Morin et Courtin s’étaient mis en embuscade dans un taillis en attendant que le sanglier soit rabattu vers eux, ils n’auraient plus ainsi qu’à tirer et à le tuer – charge à Valentine Ancelin et Marie-Louise Clerc de cuisiner la bestiole.
J’avais stoppé net François, et lui avait dit d’attendre avec moi à l’orée de la forêt. J’avais emporté, en plus de mon fusil, un jeu de cartes, et cela me passionnait bien plus que les tirs. J’étais adossé à un arbre, François était assis à mes côtés, nous regardions le champ face à nous, et le pauvre était chargé d’écouter mes discours chargés d’ennui sur la chasse – je détestais, je déteste toujours – sur mon futur mariage, sur tous les sujets qui me passaient par la tête. Georges dodelinait de la tête en signe d’assentiment. Soudain, nous entendîmes un tir puis le silence, un silence anormal. Oui, si le sanglier avait été tué, il y aurait eu des cris de joie, s’il avait été raté, des grognements – les quatre chasseurs n’étaient pas si loin. Non, c’est un cri horrifié qui nous parvint. Moi et François toujours sur les talons, nous les rejoignîmes très vite. C’était Viallard qui avait crié, maître Jules Flandrin s’était suicidé. Il ne nous fallut que peu de temps pour nous mettre d’accord : son arme s’était enrayée, il avait voulu se rendre compte de ce qui s’était passé, le coup était parti et l’avait tué.
Pourquoi si peu de temps pour se mettre d’accord ? Parce qu’il était impensable, à cette époque, qu’un homme puisse se suicider, et donc être privé des sacrements de l’église.
– N’avez-vous pas craint, dit Alexandre Lebrun d’une voix tremblante, de couvrir un meurtre.
– Non.
La voix claqua, sèche.
– Ce que nous avons vu ne laissait pas place au doute. Il n’est pas besoin de vos experts modernes pour reconnaître un suicide. Viallard, Morin, Courtain étaient ensemble, ils reconnurent eux-mêmes qu’ils ne guettaient qu’une chose, ce fichu sanglier qu’Ancelin et Clerc devaient débusquer – bien sûr, la chasse s’arrêta là. Alors, monsieur l’écrivain, je veux bien que vous imaginiez un complot entre ses trois hommes, dont l’un fit un malaise en découvrant le corps, je veux bien que vous imaginiez que les rabatteurs aient pu s’allier pour tuer le notaire – pour quelles raisons, je vous le demande, eux qui n’avaient aucun bien, et ne travaillaient même pas pour lui. Je veux bien qu’une personne ait jailli de la forêt, qu’elle ait arraché des mains le fusil à maître Flandrin, et l’ait tué à bout touchant : il est plus simple de convenir qu’il a mis fin à ses jours. C’est lui qui a choisi de s’isoler, par rapport aux trois autres, pour, avait-il dit, avoir une chance de tirer en premier. J’étais resté à l’arrière. Nous avons tous eu l’impression de nous être fait rouler.
– Il n’a pas laissé de lettres.
– Non. Pas sur lui, en tout cas. Et s’il a laissé le moindre écrit chez lui ou à son étude, nous n’en avons jamais rien su.
– Pas d’enquête.
– Les accidents de chasse étaient nombreux, plus nombreux qu’on ne le pense. On ne put empêcher quelques rumeurs. Non, pas le fait que je l’ai tué pour hériter plus vite, le fait qu’il s’était tué parce qu’il était ruiné.

Carnets du grand écrivain – 42

Publié 9 octobre 2019 par Sharon et Nunzi

– Se pencher sur le passé, c’est épuisant, dit Alexandre Lebrun.
Je vous épargne les réponses de Percy. Disons, un grognement toutes les trois phrases. Parfois, Alexandre se demandait même si ce n’était pas Winston qui répondait à la place de son maître.
– Géraud de Santeuil balaie en quelques lignes la famille de Marie Liénart : « Les Larmantin avaient quatre filles, Marie, Rose, Claire et Justine. L’aînée fut mariée à Georges Liénart, riche propriétaire terrien, ses deux soeurs cadettes firent elles aussi de belles unions, Justine mourut jeune ».
– Il ne cède pas à la tentation des ragots pour une fois, c’est positif, interrompit le fantômatique Charles-Marie Liénart.
Alexandre ne se faisait jamais à ses apparitions intempestives.
– Selon la rumeur, Justine a été accusée d’avoir été substituée à ma mère, pour éviter qu’à son décès – au décès de ma mère, donc – je ne fus placé. Justine aurait également été assassinée en plein champs – elle est morte dans son lit, après quatre années de maladie. Elle avait des rémissions, parfois. C’est là que nous allions nous promener dans les champs, avec Françoise, notre gouvernante.
Charles-Marie se mit à chantonner, d’une voix claire et limpide :
Le seigneur de Radicatel
n’aime son château ni son donjon
Le seigneur de Radicatel
cherche son double en tout lieu
Le seigneur de Radicatel
n’a que faire des gens ni des gueux
Le seigneur de Radicatel
fut heureux si on l’en croit
En ce château, seul et gelé.

– Cela ne veut rien dire !
– Ce n’est pas moi qui l’ai écrit. Cependant, cela me donne une indication importante sur l’endroit qu’il faut chercher !

– Onze kilomètres et demi.
– Oui, mais la description correspond. Des maisons de maître, d’immenses corps de ferme, on peut en trouver beaucoup. Des demeures avec une tour nommé le donjon, y compris sur les plans cadastraux, ce n’est pas si fréquent. Il ne nous reste plus qu’à trouver les propriétaires successifs de ce domaine, si tant est qu’il n’est pas resté dans une seule et même famille.
– Ceci ne nous explique pas comment il a pu avoir l’idée de faire construire des fermes identiques, et aussi loin de chez lui.
– Dix kilomètres, de nos jours, ce n’est rien, et à l’époque, ce n’était pas tant que cela, il ne faut pas non plus exagérer. Je me souviens qu’en 1968, à Calledent, commune distante de quinze kilomètres au Sud de notre bourg, l’une des plus grandes fermes du village a été rachetés par des agriculteurs venus tout droit du Nord-Pas-de-Calais. Comment ont-ils eu l’information, pourquoi sont-ils venus jusque là, je l’ai peut-être su, j’ai complètement oublié. Ce que je sais, par contre, c’est qu’un de leur champ fut très utile pour l’atterrissage et le décollage d’avion qui se devaient de passer inaperçu.

Il ne fallut pas tant de temps que cela pour retrouver le nom des propriétaires de cette demeure, de les relier à la ferme de l’Est, à la ferme de l’Ouest – un peu plus, et l’on se croirait dans le Magicien d’Oz. Il signait bien Radicatel. Charles Morin de Radicatel. Le nom fit tiqué le docteur Liénart.
– Morin. J’ai connu un Clément Morin. Il était l’un des cinq participants lors de l’accident de chasse qui a tout déclenché.