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Tous les articles du mois de août 2019

L’envers des carnets du grand écrivain – 9

Publié 31 août 2019 par Sharon et Nunzi

Un écrivain ne peut pas tout faire, avait dit le fantôme de Charles-Marie Liénart, au sujet de l’ouvrage de Géraud de Santeuil. Le problème, c’est qu’Alexandre Lebrun ne voulait plus rien faire.

– Mon cher Alexandre.
Aucune réponse. Perceval s’adressait proprement, et bien à une couette.
– Je ne sais pas ce que vous avez, mais je crois que vous devriez travailler à votre roman. Vous m’aviez affirmé qu’il serait terminé pour le 31 août, nous sommes le 28, il vous reste encore maints chapitres à écrire.
Enfin, une voix émergea de sous la couette.
– J’ai la phobie des hélicoptères.
– C’est nouveau ça.
– Non, pas du tout, j’ai cette phobie depuis longtemps. Je ne supporte pas de voir un hélicoptère voler trop bas dans le ciel, je ne sais pas pourquoi. Et j’en ai vu un hier soir ! Il faut simplement que vous me laissiez le temps que cela passe.
Percy envisageait d’écrire un Top 10 des plus beaux prétextes pour ne pas écrire. Bien sûr, comme souvent, le meilleur était à venir.
– Et puis, j’ai réfléchi, reprit le grand écrivain. Je ne fais même que ça ! Je crois que je me suis fourvoyé, en suivant mon intuition. Il existe une version bien plus simple de ce récit ! Je suis les criminels, je trouve un très vague mobile à ce qu’ils ont fait, ils font une pause dans la ferme d’Emma parce qu’ils cherchent de quoi manger, simple, efficace, puis ils reprennent la route qui n’est pas encore celle de l’Exode et arrivent tranquillement sur la côte d’Azur où ils coulèrent des jours heureux. Fin.
– Et le fameux « crime initial » ? Les luttes intestines dans cette ville ?
– Tant pis ! Je vais à nouveau faire simple, ils ont simplement besoin d’argent pour fuir. Ils ont donc tué pour avoir de l’argent.
– Et la voiture, comment l’ont-ils acquises ? Et pourquoi ne pas avoir pris des provisions sur les lieux de leur double meurtre ? Pourquoi torturer ainsi les victimes ?
– Vous m’embêtez avec vos questions ! Je ferai ainsi et aaaaaaaaaaaaaah !

Nous interrompons ce charmant échange. Il semble en effet que le lit pliant dans lequel Alexandre Lebrun dormait se soit subitement relevé. D’un seul côté, fort heureusement. Percy eut beau lui dire que les incidents, cela arrive, Illustre n’y crut pas vraiment. Allez, Illustre, courage ! Vous allez l’écrire, la fin de cette histoire.

Carnets du grand écrivain – 39

Publié 28 août 2019 par Sharon et Nunzi

Retrouver Charles-Marie, ou plutôt, sa réapparition. Cela prit du temps. Celui de quitter la chambre d’hôte, d’assurer que le séjour s’était bien passé, de rentrer avec Imogène chez elle, puis de patienter. Un jour, deux jours. le grand écrivain écrivait, autre chose. Disons qu’il tenait son journal. Puis Charles-Marie réapparut.

– Assez de cette histoire, assez.
– Quelle histoire ? dit Alexandre Lebrun, qui avait relevé le nez et les lunettes de son ordinateur.
– Une histoire, des histoires qui remontent à très longtemps en arrière.

Un léger frémissement. Hippolyte et Emma avaient pris place eux aussi.

– La rivalité famille Flandrin/famille Liénart. Pour acquérir davantage de biens et non pour la faire cesser, ma mère m’avait fiancé avec Jeannette Flandrin, fille de Jules Flandrin, notaire. Au cours d’une partie de chasse, moins d’un mois avant le mariage, il est mort accidentellement, c’est ce qu’a conclu l’enquête. Le mariage a été reporté à une date ultérieure, ma mère ayant le souci des convenances, et surtout, le souci de faire taire ceux qui disaient que j’avais tué maître Flandrin pour avoir davantage de biens.
– Et vous l’avez tué ? s’exclama Alexandre d’une voix suraiguë.
– Non, dirent en choeur Percy et Imogène.
– Oui, ils connaissent déjà cette partie de l’histoire. Jules Flandrin fils a signifié à ma mère que si le mariage n’avait pas lieu tout de suite, il n’aurait jamais lieu. Ma mère a tenu bon, elle ne voulait vraiment plus de cette alliance qu’elle regrettait amèrement d’avoir voulu conclure. Jeannette est partie chez une tante éloignée, puis elle aurait pris le voile. Je ne voulais rien savoir des Flandrins, je n’en ai jamais su plus. Mais l’affaire à laquelle Imogène a fait allusion a eu lieu bien plus tard, en 1924.

Il faut bien comprendre que, si Jules Flandrin continue à me détester, je n’en ai strictement rien à faire de lui. La première guerre mondiale est terminée, je compte les morts, les blessés, ceux qui ne sont pas revenus, je soutiens ma fille Claire qui vient d’avoir son troisième enfant. Mon fils Edouard a un bon poste de médecin, à Rouen. Moi et ma femme songeons à quitter définitivement cette ville, après la fin de mon mandat. Je me souviens qu’un nouveau pharmacien s’est installé en ville, récemment, reprenant l’officine de mon ami Viallard, mort récemment. Viallard était présent lors de l’accident de chasse. Je ne dormais pas cette nuit-là, cela m’arrivait souvent, et mes voisins m’ont vu, une bonne partie de la nuit, déambuler dans la maison, ou lire dans mon bureau.
– Monsieur le maire n’a pas bougé de chez lui.
– Ils ont ainsi mis en rogne le policier qui m’a interrogé – après. Oui, l’on est venu me trouver cette nuit-là, parce que Jules Flandrin le jeune n’était pas rentré chez lui, il aurait même reçu une lettre menaçante. Je me souviens de mon état d’esprit alors que j’arpentais les rues avec Joseph Lemasson, je me demandais si nous avions tort de nous inquiéter ainsi, enfin, jusqu’à ce que nous trouvions son corps baignant dans la Seine. Le, la ou les coupables n’ont pas été retrouvés. Cependant, seize années séparent la mort de Jules Flandrin de celle des habitants de la ferme de l’est, de celle d’Emma. Je ne vois pas le rapport entre les deux.
– J’en entrevois un, dit Imogène.
– Grand bien vous fasse.
– Et, reprit le grand écrivain, le meurtre n’a jamais été résolu, personne n’a été soupçonné ?
– Si, on a soupçonné le fils du nouveau pharmacien. Parce qu’il était nouveau. Parce qu’on l’avait vu discuter avec maître Flandrin. Discuter. Un môme de seize ans aux très longues jambes, qui devait être réformé quelques années plus tard. J’étais au courant des rumeurs grâce à Eugénie Lemasson, notre gouvernante.
– Un lien avec Joseph ?
– Oui, c’est son fils. Il était couvreur. On accusa aussi des personnes de passage non identifiées, puisque, c’est bien connu, les habitants du bourg ne pouvaient avoir tué un notable. Ou alors, ils auraient avoué tout de suite. Vous n’imaginez pas le nombre de morts qui ont été résolus en un jour ou deux. J’ai même eu un cas où la meurtrière a amené elle-même le cadavre de son mari à la gendarmerie dans une brouette. Donc, si personne n’avait eu la délicatesse de reconnaître les faits ou de laisser une piste suffisamment visible pour être empoignés par les autorités et livrés à la maréchaussée, il sera très difficile de retrouver le coupable. Madame Flandrin est morte quelques années plus tard. Henriette Flandrin, la fille aînée, a quitté la région pour s’établir en Vendée avec son mari. Elisabeth, la plus jeune, est morte en 44. Je ne sais pas ce que sont devenue les deux autres soeurs, je ne me souviens même pas de leurs prénoms.
Alexandre Lebrun chuchota que, pour quelqu’un qui voulait être bref, il avait tout de même était assez long.
– Si vous voulez vraiment une version longue, je vous conseille le livre écrit par Géraud de Santeuil, dans lequel il démontre en trois cent vingt pages que je suis parfaitement innocent des deux crimes. Par contre, il ne donne pas vraiment de mobile valable. Un écrivain ne peut pas tout faire.
– A qui le dites vous ! soupira Alexandre Lebrun.

Journée mondiale du chien

Publié 26 août 2019 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous

J’ai appris que c’était aujourd’hui la journée mondiale du chien.

Sachant que la France est championne des abandons toute catégorie, au point que certains refuges demandent aux personnes qui souhaitent abandonner leurs animaux pour des motifs divers et variés de se mettre sur liste d’attente.

Sharon pense souvent à reprendre un chien, mais pour des raisons pratiques, des raisons de « rencontre » aussi, cela ne s’est pas fait. En effet, il est hors de question pour Sharon d’acquérir un animal dans une animalerie, ou auprès d’un élevage « sauvage », voire même d’un élevage « tout court » – trop d’animaux attendent dans les refuges (voir plus haut), mais combien de chien sont prêts à supporter dix chats et une colombe ?

Donc, je remets, comme tous les ans, la photo de Lassie qui nous a quittés en 2015, après huit ans ici.

D’ailleurs, maman aimerait beaucoup retrouver un Tervueren…

En attendant, petite photo de son « nouveau chien ».

Et rappelez-vous : quand on a un chien, c’est tous les jours sa journée.

Il fait froid

Publié 20 août 2019 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous
Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Vitamine.
Pour elle, il fait froid.
Si on lit le thermomètre, il fait 22 ° dans la maison.
Vitamine a donc décidé d’un commun accord avec elle-même, de se cacher sous la nouvelle couette (ou plutôt, sous la couette et sa nouvelle housse) et de n’en sortir que pour se restaurer, et éventuellement se rendre dans la maison de toilettes.
Vous n’aurez pas de photo de l’événement, vous ne verriez qu’une oreille qui dépasse.
Je vous propose donc une photo du mois dernier, sur laquelle vous pouvez voir Vitamine, Salsa et Rossignol.

Ou celle-ci, prise alors qu’il faisait encore chaud dans la chambre :

Bon mardi à tous !

Les vacances des louveteaux : chantons !

Publié 18 août 2019 par Sharon et Nunzi

Le camp de vacances continue, et le cousin de madame Cobert encadre finalement ce magnifique rassemblement jusqu’à demain matin, dans la joie et la bonne humeur.

Les chants, le soir, autour du feu de camp, à faire griller des haricots, c’est formidable.

Si, si, je vous assure, une fois que vous avez la chanson dans la tête, c’est foutu, vous l’avez pour toute la journée.

Le refrain est évident : «  »Les carottes sont nos amis,
et c’est pour la vie.  »

Le couplet est tout simple, pas très différents du refrain finalement, on peut faire des variations à l’infini :
« les carottes sont nos amis,
les radis aussi ».

Puis, on continue :
« les carottes sont nos amis,
les choux-fleurs aussi »

Je ne vous cache pas qu’il existe une version un peu moins vegan, qui surgit subtilement, de temps en temps. La voilà :

« Les rôtis sont nos amis,
les croissants aussi. »

Non, les croissants, ce n’est pas vegan, surtout s’ils sont faits avec du beurre, ou pire, si ce sont des croissants aux amandes avec de la crème pâtissière. Je n’ai rien contre les vegans, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dire, seulement j’ai goûté une fois un steak de soja, et franchement, je n’ai pas pu le terminer. J’ai dû reprendre deux fois des frites pour me remettre.

Les vacances au pensionnat des louveteaux – suite et fin

Publié 15 août 2019 par Sharon et Nunzi

– Qui m’a foutu une bande de louveteaux pareilles ? Oui, j’ai pensé à haute voix, je voulais savoir si vous m’écoutiez ou pas. Je me présente, je m’appelle Franck Sorbier, je suis la personne qui a conçu vos salles de science et je vais encadrer ce stage de survie d’une journée.
Oui, Alexandra, pourquoi le stage ne dure que huit heures ? Parce qu’au bout de huit heures, c’est peut-être moi qui en aurais marre et finir ce stage sera vraiment une question de survie – pour vous.
Comment je connais ton nom ? Tu sais ce que c’est qu’un trombinoscope ? Il y en a un en salle des professeurs, je l’ai regardé avant de venir. Oui, j’ai une bonne mémoire visuelle, en même temps vous n’êtes que vingt, cela ne me demande pas un effort énorme.
J’ai entendu parler de votre groupe vegan, là, je ne sais pas quoi, oui, les carottes sont nos amies. Ah, mais ce sont les miennes aussi. Je peux vous dire que je n’ai jamais mangé de carottes, ni de haricots, encore moins d’artichaut. Cependant, ici, c’est une journée de survie, je sais, ce n’est pas drôle, donc nous allons chercher dans la forêt de quoi nous nourrir. Les plus sportifs peuvent tenter d’attraper les insectes et les manger, il paraît que c’est à la mode, vous faites ce que vous voulez. Non, nous allons tâcher de trouver des plantes comestibles et les distinguer de celles qui ne le sont pas. Non, je vous rassure, vous ne serez pas obligé de les manger, un pique-nique digne de ce nom nous attend.
Comment, on n’en sera jamais réduit à bouffer ce qu’on trouve en forêt ? Ah mais mon petit Valère, tu crois que mon père, il l’avait vu venir, le cinquième conflit avec les vampires dissident de l’hémisphère austral ? Tu crois qu’on lui livrait une entrecôte cuite à point sur le champ de bataille ? Pas vraiment.
Ce que j’appelle nourriture digne de ce nom ? Si la vie était bien faite, je mangerai des frites et des tartes au fraise à chaque repas. Pas de bol, il faut que je surveille mon alimentation, et hier soir, j’ai dû manger un saladier entier. Oui, rempli de salade. Non, remplis de frites, cela aurait été trop beau.
Alors vous allez vous diviser en quatre groupes, vous devez trouver dans la nature de quoi faire un repas comestible, vous avez trois heures. On se retrouve ici, pour le pique-nique.

****

Ne faites pas cette tête-là. Pour une première tentative, ce n’est pas si mal. On a pas de quoi faire un repas, on a de quoi ne pas mourir de faim.
Bon, sinon, j’ai fait l’effort de couper les parts de quiche, vous allez faire l’effort de les manger !
Pardon, je ressemble beaucoup à madame Cobert, avec cinquante kilos de plus ? Tu t’appelles comment déjà ? Ah, oui, Valère. Oui, on t’a déjà dit que tu avais énormément de tact ? Tous les jours avant de t’en coller une ? Pourquoi je ne suis pas étonné….
Ah bravo pour le travail qui a été effectué sur cette quiche végétarienne. Si, si, Sarah, j’insiste, les carottes d’un côté, les haricots de l’autre, les petits pois au milieu, et la pâte devant toi, je me demande vraiment pourquoi la cuisinière s’est embêté à tout mélanger !

Jeux olympiques ou pas

Publié 14 août 2019 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous

Nous mangeons tous bien.

Nous avons beaucoup d’énergie.

La nouvelle housse de couette nous plait beaucoup, et je suis presque sage tout comme Vitamine, sur la photo ci-dessous.

Par contre, le griffoir a encore souffert.

Il a traversé la chambre dans toute sa largueur.

Il ne l’a sans doute pas fait tout seul.

Fort heureusement pour lui, il a évité de dix centimètres l’entrée de la maison de toilettes.

Ouf.

Tout est bien qui finit bien, jusqu’à la prochaine promenade.

Je vous souhaite à tous un bon mercredi.