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Tous les articles du mois de décembre 2018

Carnet du grand écrivain – 29

Publié 28 décembre 2018 par Sharon et Nunzi

C’est la première partie de ce roman que j’écris en dehors de l’Ecosse. Je dois dire que Noël m’a apporté un apaisement inattendu. Me retrouver avec mon fils et mes petits enfants, des personnes qui elles au moins savent que mes romans ne sauveront pas la face du monde et qui n’en ont rien à faire de me poser des questions dessus m’a vraiment réchauffé le coeur. Je reprends l’écriture, je verrai bien jusqu’où je vais.

XXIX Emma se repose dans la chambre. Curieux que les fantômes aient besoin de repos, mais elle s’y fera, un jour. C’est si nouveau pour elle d’aller plus loin, une fois morte, qu’elle n’était jamais allée de son vivant. Hippolyte n’avait pas voulu l’inquiéter, donc il n’avait pas (encore) partagé avec elle ce qu’il avait pressenti et que Charles avait confirmé. D’ailleurs, il rejoignit son neveu dans ce qui déjà, en 1940 devait être le garage.

– Ils ont été tués ici. N’était l’acharnement sur les corps, j’aurai cru à un vol de voiture.
– Sauf que l’on ne vient pas ici par hasard, lui rappela Hippolyte.
– De même, j’aimerai parler à nouveau à notre scrupuleux officier de l’état civil. Je veux bien que l’on soit débordé, je veux bien que l’on ne se souvienne pas de tous les actes. Il est possible qu’un homme devienne père à deux mois de distance. Il est cependant rare que l’enfant soit à chaque fois né d’un légitime mariage.
– Première femme décédée, deuxième femme déjà enceinte épousée dans la foulée, commenta Hippolyte non sans cynisme.
– J’ai vérifié : pas de décès, du moins, pas pendant ses deux mois, et cet heureux premier couple eut trois autres enfants. Par contre, la seconde épouse s’est envolée . Je n’oserai pas de comparaison, la poésie n’est pas mon fort. Ah, et si tu veux mon impression sur le choix de ce lieu pour le meurtre, je dirai que les assassins ne voulaient pas salir la maison, ils ne voulaient pas que leurs futures victimes puissent se défendre, et ils souhaitaient que la découverte de leur corps soit plausible.
– Tuer alors qu’ils essayaient de fuir les bombardements, quelle tragédie.
– Tu m’étonnes…

XXX S’il est une personne qui passait un mauvais quart d’heures, c’était bien notre cher agent de l’état civil. Un fantôme ne pouvait transpirer, son aura pouvait cependant se comporter comme s’il était encore un être vivant.
Vu la vitesse à laquelle il avoua ce qu’il avait fait, Hippo se demanda pourquoi sa combine – soyons gentil, nommons la ainsi – n’avait pas été démasquée plus tôt. Peut-être parce qu’il s’était tellement entraîné à clamer son innocence qu’il ne parvenait plus à tenir un autre discours.
– Je ne l’ai pas fait souvent ! Quatre fois en tout, je crois. Cela rendait service !
– Je ne connais pas très bien la législation, je crois cependant que ce n’est pas très honnête ce que vous avez fait.
– Les erreurs sont fréquentes. Rien n’était plus simple que de dire, quinze ou vingt ans plus tard, qu’il y avait une légère erreur sur la date de naissance, ou la date de mariage des parents. Tous les actes ne sont pas d’une grande précision !
Il lui fallu peu de temps pour avouer que la seconde Emma était en fait une enfant trouvée.
– Epargnez moi votre couplet sur « vous ne savez pas le nombre d’enfants que l’on trouve. » Ce n’est pas que je le connais, c’est que j’ai effectivement trouvé un enfant, une fois.
– Cette petite fille a été mise en pension… et comme la famille de l’Emma qui vous intéresse était particulière.
Oui, il parlait un peu trop. Hippolyte ne l’arrêta pas.
– Sa mère… Constance. Jamais elle ne quittait l’enceinte de la ferme. JA-MAIS. Pas même pour se rendre à l’église, c’est dire. Quand son mari était invité dans sa famille, il y allait seule, avec la petite Emma, qui a quitté l’école tôt, parce qu’elle n’était pas très intéressée, parce qu’après la mort de son père, elle ne voulait pas quitter sa mère. Constance a toujours été ainsi, personne ne se souvient réellement d’elle. Vous comprendrez qu’il était tentant de se servir de son nom pour légitimer un enfant. Son mari ne savait pas lire, et… un enfant, ce n’est pas comme un mariage, on n’est pas obligé d’afficher les bans !

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Noël au Tas de Pierre en 2018

Publié 27 décembre 2018 par Sharon et Nunzi

Nous sommes le 26 décembre, et vous vous demandez peut-être comment s’est passé Noël au Tas de Pierre. « Relativement bien » semble une réponse satisfaisante.

Percy se disait bien, comme presque tous les ans, qu’il avait oublié quelqu’un. Non, pas de vampires, de loups garous ou autre bestioles un peu bizarres cachées dans le cellier, le grenier, ou les écuries. Non, il avait oublié que Gladys, en venant avec compagnon et enfants, venait aussi avec le tout jeune écrivain qu’elle cornaquait actuellement – jeune écrivain qui demanda s’il pouvait venir avec quelqu’un.
– Il n’a pas de famille avec laquelle passer les fêtes ?
– « Noël, c’est pour les enfants », m’a-t-il dit. Il déteste les repas de famille, du moins, ceux de sa famille.

L’illustre écrivain était absent, puisqu’il avait besoin de mettre une certaine distance avec son manuscrit, et de se rapprocher de son fils, de sa belle-fille, et de ses deux petits enfants. Bon, un soucis d’inspiration en moins, sachant que Calpurnia et Lambert venaient aussi. Note : Calpurnia, fille aînée de Percy, avait la délicatesse de ne jamais parler de ses problèmes d’inspiration, comme si elle n’en manquait jamais. Elle mettait la dernière touche au manuscrit de Compotée de pruneaux à la limite – un livre qui n’avait pas grand chose à voir avec la cuisine.

– Gladys, ce « quelqu’un », c’est un ami, ou un petit ami ?
– Il l’appelle « mon lapin ». Je ne me prononcerai pas davantage.

Le réveillon se passa… bien, et se termina… tôt, parce que tous sentaient la fatigue de cette année. Vint l’ouverture des cadeaux – Percy avait rapidement trouvé quelque chose pour l’ami du jeune écrivain, croisant les doigts pour qu’il aime le thé.

Percy se réveilla tôt, et constata que ses petits enfants… aussi. De quoi se promener dans la campagne sans incident (Percy avait quelques souvenirs cuisants). Le jeune écrivain et son ami n’émergèrent qu’à midi, et Percy se dit que, si cela continuait ainsi, il ne saurait jamais comment s’appelait « mon lapin ».

L’après-midi se déroula calmement, les enfants testèrent leur nouveau jouet, Percy s’enfonça dans le dernier livre qui lui avait été offert – un cadeau de l’Illustre écrivain. Non, pas son dernier roman, mais le dernier Michael Connelly – un polar loin de l’Ecosse !

Oui, Noël pouvait être paisible au Tas de Pierre, il ne fallait pas l’oublier. Enfin, Percy le croyait lorsque, laissant les clefs du château à sa fille, s’apprêtant à regagner la France pour visiter Piper et Arthur. Il avait dit au revoir à tout le monde, il avait même la main sur la poignet de la porte, et Winston était déjà dans la voiture quand il reçut des nouvelles inquiétantes de Guillaume, à la suite d’événements que vous pouvez lire ici. Vive les moyens modernes de communications.

L’après Noël

Publié 26 décembre 2018 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous

Nous nous livrons à nos activités favorites : la sieste.

Vous pouvez voir ci-dessous Rossignol, neuf ans, le chat de mamie. En arrière-plan, Salsa, mon oncle, est âgé aussi de neuf ans.

Pour ma part, je dors toujours aussi bien.

Je vous souhaite à tous une bonne journée et une sieste profitable.

Le père Noël est passé !

Publié 25 décembre 2018 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous
Je vous résume ma journée, qui ressemble à toutes les autres ou presque : dormir, manger, dormir, dormir.
Le père Noël est passé en cours de matinée, c’est à dire le papa de Sharon est venu ce matin, et a commencé à sortir les cadeaux.
Le premier paquet était énorme.

Sharon a suspecté, pour des raisons qui m’échappent, que ce paquet était avant tout pour nous.

Une fois le colis ouvert, ce fut une évidence, le cadeau était bien pour nous. Par contre, il a fallu que la maman de Sharon le remonte, parce qu’une des parties était à l’envers.

Il ne nous reste plus qu’à le tester, mais ce n’est pas encore fait. Laissons-lui le temps de s’acclimater.

Lisette Galipette et son arbre à chats

Publié 23 décembre 2018 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous
Lisette aime son arbre à chats, que Charmeur a un peu délaissé. Comme vous pouvez le constater, nous avons deux arbres à chats bleu, et un seul est occupé par Lisette, qui, comme toujours, n’a pas forcément l’air ravie.

En revanche, elle y reste toujours un certain temps et pour une fois, aucun accident n’est à déplorer :

Quant à Charmeur, il va bien. Lui, Lisette et Galopin semblent bien s’entendre, en tout cas, pas de disputes en cours.

Je vous souhaite à tous un bon dimanche !

Carnet du grand écrivain – 28

Publié 22 décembre 2018 par Sharon et Nunzi

Quand faut y’aller, faut y’aller.
L’écriture n’attend pas.
Je ne sais plus trop où j’en suis.
Fondu (aux poireaux) et enchaîné.

XXV Intérieur nuit tombante.
Emma est allongée de côté sur un lit de la ferme de l’Est. La chambre est assez petite, l’armoire, un modèle ancien, touche quasiment le pied du lit, pourtant posé sur une estrade. Hippolyte est assis sur ce magnifique promontoire en bois, un peu usé par le temps – quand je dis que la ferme a besoin de rénovation ! Seul Charles manque à l’appel, il doit encore être en train de parcourir le domaine, à la recherche d’une trace, d’un indice, voire d’un bout de documents perdus qui pourrait permettre de faire la lumière sur cette affaire.
– Vous pensez vraiment, demanda Emma, que l’on saura la vérité un jour.
– Oui, répondit Hippo sans hésiter. Nous avons tout notre temps, nous sommes morts – le ou les coupables, peut-être pas.
[Bien réfléchir en quelle année situer l’action, pour que ma phrase ne soit pas totalement foireuse].
– D’ailleurs, reprit Hippo, qui est véritablement coupable ? Je ne ressens pas d’apaisement dans cette maison, plutôt une tension diffuse. Vous, vous cherchiez la paix, vous ne parveniez pas à la trouver.
– Et vous, l’avez-vous trouvé ?
Hippo éclata de rire.
– Je ne la cherchais déjà pas de mon vivant. Même moi je déteste cette maison. Des ondes pleines de tension dans toutes les pièces, des morts aussi, dans presque toutes les pièces.

[Un temps, plusieurs temps passent… Comment matérialiser le silence ? Coller une description ? Non, terminer le chapitre, même s’il est bref]