Tas de pierre

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Au Tas de Pierre en janvier 2021

Publié 10 janvier 2021 par Sharon et Nunzi

Un mois de janvier 2021 qui serait ordinaire, c’est à dire sans la crise que nous traversons depuis un an. L’écriture permet de rêver.

Perceval avait reçu un appel de Philippe de Nanterry. Certes, les chambres d’hôtes ne tournaient pas vraiment à plein régime, et il n’était pas vraiment possible d’organiser des séminaires d’écrivain. Était-il cependant possible pour Perceval d’héberger Géraud de Santeuil ? Son nouveau livre lui causait quelques ennuis. Non, pas celui sur Marie-Catherine de Nanterry, qui était en attente de publication (voir Parenthèse Géraud de Santeuil) mais le projet qu’il avait commencé depuis quatre semaines et qui lui avait valu des menaces de mort, ni plus, ni moins.

– Ne pas être extrêmement apprécié, j’en ai hélas l’habitude. Renoncer à des projets parce qu’ils pourraient blesser des personnes encore de ce monde, bien entendu. C’est cependant fort rare que quelqu’un se sente offensé par le comportement de son aïeul sous le règne d’Henri III ou celui de Louis XV. En revanche, recevoir des menaces de mort anonymes et extrêmement précises, c’est la première fois que cela m’arrive.
Les menaces avaient été suffisamment prises au sérieux pour que le commandant Guillaume Berthier suggère à Géraud de Santeuil de changer d’air rapidement, le temps de l’enquête, et le général de Nanterry s’était improvisé agent de liaison.
– Vous, je ne sais pas, mais fréquenter les Nanterry, qui sont mes cousins, a le don de renforcer mes angoisses. Être chez vous, sans me cacher, donne l’impression que j’ai renoncé à mes projets et que je prépare un livre sur votre famille.
Perceval ne voyait pas trop ce que l’on pourrait raconter sur sa famille.
– Je vous rassure, rien du tout. Je feins de renoncer à mon projet, je n’y renonce pas. En plus, ce n’est pas tant un livre sur une famille, qu’un livre sur un château, un château qui a changé de propriétaire au cours des siècles, un château dont la tour a été détruite par une explosion au milieu du XXe siècle.
Perceval voyait très bien de quel château il s’agissait.
– Surtout qu’il n’y a pas de mystère sur cette explosion, le châtelain de l’époque, Paul du Perchay jouait les apprenti chimistes, et tentait de mettre au point dans son labo personnel un nouvel explosif. Il est des personnes qui ont des loisirs bizarres, je le constate et ne peux changer l’histoire. Or, cet événement a occulté tout ce qui s’est passé avant, tous les autres membres de la famille. Je me suis donc concentré sur mes périodes historiques de prédilection : la révolution française et la Restauration. C’est après avoir constaté que Gilles du Perchay, qui avait acquis le château et l’avait rénové en 1825, vivait auparavant en Bourgogne, non loin des terres de Nanterry et l’avoir clamé sur à peu près tous les réseaux sociaux, que les menaces sont arrivées, quatre lettres quatre jours de suite, il est vraiment des personnes qui n’ont rien à faire de leur journée.
Perceval ne pouvait qu’acquiescer.
– Si cela avait été des menaces simples, encore… Non. Je vous assure que j’ai eu droit à chaque lettre à un luxe de détails sur les supplices que j’allais subir. Perceval, vous pensez à quelqu’un ?
– Oui, un auteur dont ma fille est l’attachée de presse. Mais lui donne des luxes de détails dans ses romans, les seuls meurtres qui rapportent sans que l’on risque la prison.

Préparation du réveillon de Noël par visio au Tas de pierre – spécial 2020

Publié 22 décembre 2020 par Sharon et Nunzi

Je sens que, rien que le titre vous fait envie. Pour vous donner une idée du contexte d’écriture, Sharon écoute l’acte I de la Flute enchantée pendant que Chanel joue avec on ne sait trop quel jouet dans le salon.

Participants à la visio : Perceval et le grand écrivain au Tas de pierre, Lavinia, seconde fille de Perceval et sa seconde fille Réséda, 17 ans, Guillaume Berthier, conseiller technique malgré lui (ou policier polyvalent, comme vous voulez).

Lavinia : Je ne sais plus où donner de la tête, je suis désespérée.
Perceval : Quel est le problème, exactement ?
Lavinia : Nous serons sept adultes à table, et Alexia dit que c’est dangereux.
Guillaume et le grand écrivain, en choeur : c’est qui, Alexia ?
Gros soupirs de Lavinia. Réséda répond donc à sa place.
Réséda : Alexia, c’est la copine de ma soeur. Pardon, c’est sa fiancée, ajouta-t-elle en mimant des guillemets. Elle me court tellement sur le pédoncule que j’en oublie la manière dont elle veut qu’on la nomme. Sauf que, pour moi, une fiancée, c’est quand on va se marier, et comme elles ne veulent pas se marier, et bien, pour moi, ce n’est pas sa fiancée.
Guillaume : merci Réséda pour cette précision linguistique. Qui seront les personnes présentes ?
Lavinia : Moi et André (son mari, logique), Gentiane et Alexia, Calpurnia et Lambert (fille aînée de Perceval et son mari), Francis (ex-mari de Lavinia).
Personne ne fut choqué par cette énumération. Francis, ornithologue de son état, allait passer les fêtes de fin d’années avec son ex-femme et sa fille unique, comme il le faisait depuis des années.
Lavinia reprit : Alexia a demandé à ce que l’un d’entre nous aille manger à l’écart.
Perceval : Génial.
Guillaume : Formidable.
Lavinia : j’envisage donc de rester masquée toute la soirée, et de manger dans la cuisine.
Je vous passe sous silence les nombreuses exclamations.
Lavinia : Il est hors de question que je froisse qui que ce soit en lui disant « toi, tu manges à la cuisine ». Si j’invite Francis, c’est pour qu’il ne soit pas seul. Si Lambert n’est pas de garde au ministère (le travail de Lambert est parfois des plus obscures, mais on se doute bien que, pour être d’astreinte aussi souvent, il ne fait certainement pas du tricot), ce n’est pas pour manger dans la cuisine. Déjà que j’ai dû prendre des mesures…
Réséda : Et que le menu du réveillon ne s’annonce pas folichon !
Guillaume : Pourquoi ? Même en état végétarien, on peut faire un réveillon très agréable.
Perceval : je ne vous le fais pas dire.
Ils avaient tous en tête un certain réveillon, des années plus tôt, pendant lequel Guillaume avait subi une magistrale indigestion de gâteau.
Lavinia : Alexia a commencé un régime détox, et elle ne veut pas que le réveillon interrompe son régime.
Réséda : Eh oui, pas de bol, le réveillon tombe cette année le 24 décembre, et personne ne l’avait prévenue.
Lavinia : Pas de sucre, pas de gluten, pas de lactose. Voici mon menu :

Farandole de légumes (en fait, des bâtonnets de carottes, des tomates cerises et du chou-fleurs).
Steack de soja accompagné de purées variées (purée de carottes, d’épinard et de patate douce).
Mousse de banane.
Cookie sans gluten.

Perceval, le grand écrivain et Guillaume (en choeur) : cela m’a l’air très bien.
La bienséance nous interdit de révéler les propos de Réséda. Elle dit cependant que c’était une bonne chose qu’il y ait plusieurs toilettes dans la maison. Et ce n’est pas la peine de dire que ce n’est pas très distingué comme manière de s’exprimer. La soirée promettait d’être…. longue.
Guillaume : Cela me rappelle un ex de ma soeur. Il m’avait tellement gonflé que j’avais tondu la pelouse et je la lui avais servi. Il râlait à chaque plat, il n’avait même pas voulu de chocolat.
Perceval : Pas assez végan ?
Guillaume : Pas assez écolo, parce que les graines de cacao ne poussent pas en France. En cherchant bien, je dois pouvoir trouver sa recette de substitut de café.
Lavinia : Merci, c’est gentil.
Guillaume : Je vous en prie. (Il marqua une pause, puis se lança). Des années après sa rupture avec Juliette, j’ai eu de ses nouvelles par le plus grand des hasards. Il s’est lancé en politique pour défendre ses idées, et a même été invité sur plusieurs chaines d’info en continue. Le point positif, c’est que je n’ai qu’à changer de chaine pour ne plus le voir.
Perceval : C’est sûr.
Réséda : Si on pouvait faire la même chose avec Alexia. Ben quoi, je m’exprime, j’ai le droit aussi !

L’envers des carnets du grand écrivain – 9 – ou plutôt lettre de Perceval

Publié 23 janvier 2019 par Sharon et Nunzi

Chère Piper,
je te rassure, ton grand frère va bien. Le grand écrivain écrit, et il n’ennuie personne. A vrai dire, cela fait tellement longtemps qu’il est charmant, c’est à dire depuis qu’il a officiellement renoncé à l’écriture que j’en viens à m’interroger sur les voies de l’écriture !
Guillaume, par contre, je ne l’ai jamais vu ainsi, jamais, et pourtant, je l’ai croisé à chacune de ses blessures, ce n’est pas peu dire. Il m’a assuré que c’était différent. La plupart, assure-t-il, était reçue dans l’exercice de ses fonctions, c’est à dire en pleine opération policière. Les risques du métier, répéta-t-il. Il rentre dans cette catégorie les fois où il s’est malencontreusement blessé lui-même en poursuivant un suspect, chutant et ratant sa réception. Là, c’était différent. Il se promenait dans la forêt, et c’est bien lui qu’on visait !
Il a été interrogé par un collègue, qui lui a demandé ce qu’il faisait là, sur les lieux d’un crime.
– Je me promenai, comme beaucoup de personnes dans cette forêt, et le crime auquel vous faîtes allusion n’est pas récent.
– Qui était au courant ?
– Personne. Je vais souvent me promener sur un coup de tête.
Tu noteras comme moi que les promenades sur un coup de tête ne lui réussissent pas, Guillaume s’est bien gardé de parler de son agression au Tas de pierre par un chasseur de vampires, cela aurait fait plus que bizarre ! Pour l’instant, ils « ne privilégient aucune piste », ce qui veut dire qu’ils n’ont pas grand chose. Ils ont tout de même jeté un coup d’oeil chez les Raréville et les Asmodée, les deux charmants châtelains qui crèchent de chaque côté de la forêt. j’espère que tu te souviens d’eux, parce que moi, je les avais complètement oubliés. De ce côté là, chou blanc aussi, ils ne possèdent pas d’armes.
Sur ce, je te laisse, il est l’heure d’aller promener Winston.
Je t’embrasse,
Percy.

L’envers des carnets du grand écrivain – 8

Publié 12 janvier 2019 par Sharon et Nunzi

C’est la rentrée littéraire d’hiver. Si, si. Le grand écrivain, qui a la chance de ne pas avoir publié un seul livre à cette rentrée, en profite donc pour jouer les marmottes, allongé sur le canapé du Tas de Pierre, recouvert par un plaid.

– On ne parle que de deux auteurs, et encore, on parle à peine de leurs livres. Certains journalistes manquent cruellement d’imagination.
– Ou peut-être n’ont-ils pas lu les livres, bougonna Perceval.
– Comment va Guillaume ?
– Il déteste être le sujet de l’enquête au lieu d’être l’enquêteur. Je dis bien le « sujet » parce qu’il hurle si on dit de lui qu’il est une victime.
– C’est bien, c’est la preuve qu’il est capable de réagir. Un peu plus que moi, d’ailleurs : si jamais je me faisais tirer dessus, ce dont je doute parce que ma vie est aussi mouvementée que les plaines de la Beauce…
– Sauf quand vous réveillez des vampires dans une grotte ou des loups-garous en hibernation dans mon cellier…
– je me dis que je serai bon pour une dépression et une incapacité totale à écrire la moindre ligne ! D’ailleurs, après cette pause, je vais me remettre dare-dare à l’écriture, je n’aime pas laisser mes personnages dans une impasse. Je vais même faire mienne cette phrase que vous avez prononcé il n’y a pas longtemps : « Dire que la solution était si prêt !  »

Noël au Tas de Pierre en 2018

Publié 27 décembre 2018 par Sharon et Nunzi

Nous sommes le 26 décembre, et vous vous demandez peut-être comment s’est passé Noël au Tas de Pierre. « Relativement bien » semble une réponse satisfaisante.

Percy se disait bien, comme presque tous les ans, qu’il avait oublié quelqu’un. Non, pas de vampires, de loups garous ou autre bestioles un peu bizarres cachées dans le cellier, le grenier, ou les écuries. Non, il avait oublié que Gladys, en venant avec compagnon et enfants, venait aussi avec le tout jeune écrivain qu’elle cornaquait actuellement – jeune écrivain qui demanda s’il pouvait venir avec quelqu’un.
– Il n’a pas de famille avec laquelle passer les fêtes ?
– « Noël, c’est pour les enfants », m’a-t-il dit. Il déteste les repas de famille, du moins, ceux de sa famille.

L’illustre écrivain était absent, puisqu’il avait besoin de mettre une certaine distance avec son manuscrit, et de se rapprocher de son fils, de sa belle-fille, et de ses deux petits enfants. Bon, un soucis d’inspiration en moins, sachant que Calpurnia et Lambert venaient aussi. Note : Calpurnia, fille aînée de Percy, avait la délicatesse de ne jamais parler de ses problèmes d’inspiration, comme si elle n’en manquait jamais. Elle mettait la dernière touche au manuscrit de Compotée de pruneaux à la limite – un livre qui n’avait pas grand chose à voir avec la cuisine.

– Gladys, ce « quelqu’un », c’est un ami, ou un petit ami ?
– Il l’appelle « mon lapin ». Je ne me prononcerai pas davantage.

Le réveillon se passa… bien, et se termina… tôt, parce que tous sentaient la fatigue de cette année. Vint l’ouverture des cadeaux – Percy avait rapidement trouvé quelque chose pour l’ami du jeune écrivain, croisant les doigts pour qu’il aime le thé.

Percy se réveilla tôt, et constata que ses petits enfants… aussi. De quoi se promener dans la campagne sans incident (Percy avait quelques souvenirs cuisants). Le jeune écrivain et son ami n’émergèrent qu’à midi, et Percy se dit que, si cela continuait ainsi, il ne saurait jamais comment s’appelait « mon lapin ».

L’après-midi se déroula calmement, les enfants testèrent leur nouveau jouet, Percy s’enfonça dans le dernier livre qui lui avait été offert – un cadeau de l’Illustre écrivain. Non, pas son dernier roman, mais le dernier Michael Connelly – un polar loin de l’Ecosse !

Oui, Noël pouvait être paisible au Tas de Pierre, il ne fallait pas l’oublier. Enfin, Percy le croyait lorsque, laissant les clefs du château à sa fille, s’apprêtant à regagner la France pour visiter Piper et Arthur. Il avait dit au revoir à tout le monde, il avait même la main sur la poignet de la porte, et Winston était déjà dans la voiture quand il reçut des nouvelles inquiétantes de Guillaume, à la suite d’événements que vous pouvez lire ici. Vive les moyens modernes de communications.

Des nouvelles du Tas de pierre en août

Publié 7 août 2018 par Sharon et Nunzi

Et si nous prenions des nouvelles brèves d’autres membres de la famille McKellen ? L’illustre écrivain, quand il n’est pas occupé à nouer les fils de son intrigue, s’est rendu compte que le Tas de Pierre était un peu désert – mis à part Percy, très occupé à écrire des articles ou à communiquer via sa connexion internet, demande des nouvelles des enfants et petits-enfants de Percy.
– Calpurnia arrive la semaine prochaine. Vous aurez ainsi une compagne d’écriture, même si elle ne fréquente pas du tout le même genre que vous. Le titre provisoire de son dernier opus est Compote, ça fait rire. Vous vous souvenez de l’histoire d’amour entre Liam McHornish et Gentiane.
– Oui !! Même que vous n’étiez pas jouasse.
– je le suis encore moins maintenant que Liam a rompu avec Gentiane. Du coup, elle préfère rester en France. Réséda est avec Francis, son père, qui a des soucis avec la canicule, les vignes n’apprécient pas, les cultures d’André non plus.
– ?
– Le mari de Lavinia est céréalier. Vous ne pouvez ignorer que votre attachée de presse est très occupée par la rentrée littéraire – elle viendra pendant les vacances de la Toussaint avec Thomas, son mari, graphiste débordé. Alexander est débordé; Les réaménagements des logements atypiques ont la côte. Il doit aménager une longère dont les chambres sot situées de chaque côté de la cuisine et de la salle de bain – et il distingue à peine le garage du séjour, ce qui est tout de même un problème conséquent.
– Et Elinor ?
– Depuis son divorce, elle a une forte tendance à se noyer dans le travail et l’équitation. Et James sera père pour la seconde fois en septembre.
– Il n’a pas perdu de temps !
– Effectivement, non.
– Et vos cousins Wilma et Giles ? Vous n’allez pas passé quelques temps avec eux dans sa maison aux Orcades ?
– Ils ont prêté leur maison à leur fils et belle-fille, pendant qu’ils accompagnaient leur fille dans un de ses voyages délirants : le tour du Canada en vélo ! Ils en ont un peu assez d’être sur une île.
– Je les comprends. J’ai écrit mon roman Plakimo Tripsing sur une île.
– Pourquoi ce titre ? Il ne veut rien dire.
– C’est pour cette raison que je l’ai choisi, pour embêter les journalistes et autres soi-disant chercheurs littéraires qui se sont creusés la tête pour chercher le signifié et le référent derrière ce titre, le jeu sur les assonances qui devait exprimer l’inanité de donner un sens à la vie. C’était bien la preuve qu’ils n’étaient pas allés plus loin que les vingt premières pages, parce que la raison de ce titre, je l’ai mis au deux tiers. Non, parce que les auteurs justifient toujours leur titre au début ou à la dernière page, j’ai voulu varier. Bref, comme l’écriture n’avançait pas, on me parachute sur une île quasiment déserte en plein mois de janvier. Sur l’île : rien ! Le ravitaillement venait du continent, pas une librairie, pas une épicerie, rien !!! En une heure et en adoptant un rythme de flâneur, j’avais fait le tour de l’île. je m’astreignais à le faire tous les matins, qu’il pleuve, qu’il pleuve ou qu’il pleuve. Puis, écriture, écriture, écriture. Je ne dis pas que cette île n’était pas plus intéressante en été, je dis simplement que ce devait être particulier ! C’est après l’écriture de ce livre que je me suis fâché avec la prsese, d’ailleurs.
– Elinor dit plutôt que vous vous êtes fait connaître.
– Mouais. Je venais de passer quatre mois sur une île, j’avais même un demi-roman d’avance, et là, ce couillon me pose des questions bateaux du genre : vous écrivez à la main ou à l’ordinateur ? Bien sûr, il en arrive à la question : quels livres emporteriez-vous sur une île déserte ? Je crois que j’ai bondi du fauteuil comme si je m’étais assis sur un buisson d’orties. Je lui ai répondu que, seul sur une île déserte, je n’avais strictement aucune raison de lire, je chercherai simplement les moyens de survivre, et de me tirer de là vite fait ! Non, parce que, franchement, quitte à attendre les secours, autant lire un manuel de survie, ou alors terminer son dernier roman, réclamé par l’éditeur !

Cauchemar au Tas de pierre

Publié 20 juillet 2018 par Sharon et Nunzi

Il est huit heures. Percy, l’illustre écrivain et Winston le bouledogue sont en train de prendre leur petit déjeuner. Visiblement, la nuit a été dure pour tout le monde.

– J’ai fait un cauchemar, commença Percy. Je n’avais plus de flocon d’avoine pour préparer mon porridge quotidien. Je partais faire les courses, et toutes les boutiques d’Iverness à Edimbourgh étaient en rupture de stock.

Illustre compatit, bien qu’il n’appréciât pas plus que cela les flocons d’avoine, et se demandât comment Percy pouvait ingérer une telle nourriture jour après jour.

– Moi aussi, j’ai cauchemardé. J’ai rêvé que je devais participer à une émission nommé « l’amour est dans les casseroles stylées ». J’étais une sorte de coach qui devait enseigner le moyen de séduire l’être aimé par le contenu de son assiette et la richesse de ses déclarations d’amour poétique. Je courrai d’un candidat à l’autre, un dictionnaire des rimes d’une main, une casserole dans l’autre. Moi qui ne sais ni cuisiner de manière élaborée, ni écrire des sonnets !

Quant à Winston, son rêve était des plus classiques. Il s’était pris toute la nuit pour un chien de berger, et avait poursuivi un troupeau de moutons azimutés. Il était si épuisé qu’il ressentait le besoin d’une petite sieste, là, maintenant, tout de suite, au-dessus de sa gamelle de croquettes.

Le grand écrivain de retour du salon du livre 2018

Publié 10 mai 2018 par Sharon et Nunzi

Sharon a été au salon du livre de Paris 2018. Elle n’a pas été la seule. L’illustre écrivain aussi. En tant que visiteur. Et cela faisait longtemps que ce texte, inachevé, était en brouillon. Je vous le propose donc aujourd’hui.

Depuis son retour, le grand écrivain était vautré, à plat ventre, sur son lit, et émettait de temps en temps des gémissements pas très rassurants. Quand Percy McKellen avait voulu savoir, tout de même, si cela « allait », il lui avait fait signe que oui.
Au bout de ce qui sembla à Percy une éternité, le grand écrivain fit son apparition, et ce ne fut pas triste.
– Plus jamais, plus jamais je ne mettrai les pieds dans un salon du livre de cette dimension : j’ai cru mourir étouffé une bonne dizaine de fois. Une rock star aurait été l’invité d’honneur que cela n’aurait pas été pire. Et après, on me dit que l’industrie du livre est en crise, cela dépend pour qui !
J’ai cru pouvoir respirer un peu en allant me restaurer. Argh ! J’ai fait demi-tour, je me suis réfugié à l’aire de pique-nique, pas une place pour s’asseoir, et pourtant, je n’avais pas l’impression que c’était l’heure de pointe. La prochaine fois, je viens avec un thermos de café et des barres énergétiques. Je chausserai aussi des patins à roulettes. Enfin, avec ce qui recouvre le sol, ce sera tout de même compliqué.
J’ai une pensée émue pour les personnes qui font deux/trois heures de queue pour avoir une autographe. D’un côté, c’est pratique, on a temps de lire le bouquin entier et de dire au gentil auteur qui doit avoir vachement mal au poignet à force de signer que son bouquin n’est pas terrible terrible. S’il est précis, s’il a pris carnet et stylo, il peut même se targuer d’une analyse stylistique.
Je ne vous parle même pas de certains auteurs surélevés! Si, comme moi, on n’est pas très très grand, c’est tout juste s’il ne faut pas sauter comme un kangourou pour obtenir une dédicace.
Puis, je vais être franc : autant de livres, et bien, cela m’a fichu mal au coeur. Je crois que je vais me mettre à récrire, pour ne plus avoir à lire !

Quand il fallait emmener le grand écrivain au salon du livre

Publié 8 avril 2018 par Sharon et Nunzi

Avant, emmener le grand écrivain à un salon du livre dans le but de lui faire rencontrer ses lecteurs et signer un maximum de livres, cela ressemblait à peu près à cela :
Je n’irai pas !
Phrase qu’il répéterait à chaque fois qu’un membre de sa maison d’édition lui adresserait la parole – non, parce qu’il avait, heureusement, d’autres sujets de conversation avec son fils.
Puisque je vous ai dit que je n’irai pas !
Variante de la phrase précédente.
On lui rappelait alors les termes de son contrat.
Je dois écrire des livres et faire leur promotion. Je ne suis ni Balzac, ni Zola, mais je les imagine mal en train de faire les clowns dans une émission télévisée !
On lui rappelait alors (bis) qu’un salon du livre était mieux que passer à la télévision. Puis, il rencontrerait des lecteurs, pas des journalistes qu’il abhorrait.
Le jour J arrivait, et là…. Si vous avez déjà tenté d’emmener un animal récalcitrant chez le vétérinaire, si vous avez déjà tenté de faire rentrer un chat dans un panier pour partir en vacances, vous aurez compris à quel point c’était difficile de le contraindre à venir. Point positif : le grand écrivain ne souffrait pas du mal des transports.
Après…. certaines exigences étaient des plus bénignes, comme celle de désirer du café sans sucre à volonté et de dédicacer les livres avec SON stylo bic bleu. Il fallait aussi lui reconnaître d’autres qualités : une fois que l’on avait réussi à l’installer sur le stand, il faisait son travail, ne cherchait pas des échappatoires. Il n’était pas comme certains auteurs plus occupés à papoter avec leurs voisins qu’à se rendre compte qu’en face d’eux se trouvait un lecteur en train d’attendre une dédicace, ou de ses auteurs au regard tellement fuyant qu’ils regardaient à droite, ils regardaient à gauche, mais ils omettaient de regarder devant eux, avant de se lever et de quitter le stand, au grand désespoir …. du libraire qui sentait quelques ventes lui échapper.
Par contre, il était nécessaire d’éviter de lui dire, le soir venu : « alors, cela ne s’est pas trop mal passé ? » sous peine de lui voir vous jeter un regard plus noir que le café qu’il avait absorbé toute la journée et sombrer dans le mutisme le plus profond. Certes, le silence, c’est bien, jusqu’à un certain point.
Ne lui demander pas non plus de se mêler aux autres écrivains. Se raconter des histoires d’écrivain, ce n’était pas « son truc ». D’autres le faisaient, pas forcément, très bien, il leur laissait ce privilège.

Des nouvelles du Tas de pierre en mars – et pendant ce temps Imogène…

Publié 2 mars 2018 par Sharon et Nunzi

Percy avait l’impression d’avoir perdu de vue sa nièce. Il est vrai qu’ils ne s’appelaient qu’une fois par semaine, une paille !
Pour faire court, Indiana, la petite soeur d’Imogène, était partie camper avec des amis en Bretagne, et pour faire encore plus court, elle avait demandé à sa grande soeur de l’accompagner et de partager sa tente.

Camper début mars.
En Bretagne.
Il faut être écossais pour cela.

Imogène connaissait à peine les jeunes gens qui les accompagnaient dans cette formidable aventure ayant pour but de communier avec la campagne et la culture celte, si ce n’est Gaspard et son petit frère Melchior. Elle s’était bien gardée de demander où était Balthazar – cousin germain des deux frangins. Des petites natures, puisqu’à 23 heures, ils avaient craqué, les deux autres campeurs aussi, et avaient appelé des amis qui vivaient non loin pour aller dormir chez eux.

Pratique d’avoir des amis qui ont un château dans leur famille.
Depuis le XVe siècle.
Le chauffage aussi était d’époque.
L’éclairage, pas mieux. Pas pire.

Imogène aurait volontiers demandé à dormir dans l’écurie.
Si ce n’est que l’un des membres de la famille Carduel avait pesté parce qu’avec leurs enfantillages, ils avaient réveillé les chevaux ! Et les chiens ! Vu les aboiements, Imogène pensa qu’ils devaient être les heureux possesseurs d’une meute.

– On décampe dès l’aube ! souffla Indiana. J’ai vraiment l’impression d’être une pique-assiette.
– Visiblement, les Carduel ont l’habitude des frasques de Gaspard et Melchior. Je ne crois pas que ce soit la première fois qu’ils les dépannent.