Tas de pierre

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Les rêves du grand écrivain

Publié 5 décembre 2017 par Sharon et Nunzi

Oui, le grand écrivain a commencé une nouvelle vie dans laquelle il n’écrit plus, tout en tenant un journal de sa vie sans écriture. Il y notait notamment…
– J’ai encore fait un cauchemar !
Il était 14 heures, le grand écrivain se réveillait de sa sieste, et Percy préparait des shortbread.
– J’ai rêvé que vous preniez des leçons de danse classique, et que vous vous produisiez sur scène dans le lac des cygnes !
– Si encore c’était dans la Sylphide….grommela Percy.
– Pendant que vous dansiez, le plancher s’effondrait sous votre poids quand vous vous réceptionniez pour un saut.
– Normal, les planchers, c’est fragile, j’en sais quelque chose : celui du grenier s’est effondré en 1957 sous le poids de ma mère, elle s’est retrouvée bien plus tôt que prévu au premier étage. Et ma mère pesait à peine cinquante kilos.
– Je ne monterai plus au grenier.
– Sage résolution.

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Des nouvelles de l’illustre écrivain

Publié 18 novembre 2017 par Sharon et Nunzi

Je me doute bien que savoir ce que devient Alexandre Legrand, alias l’illustre écrivain n’est pas forcément la préoccupation première de… et bien d’à peu près tout le monde. Pensez cependant à Perceval, qui doit supporter le cher homme quasiment tout le temps (ou comment regretter ad vitam aeternam d’avoir ouvert des chambres d’hôtes).

– Illustre ?
– Hum ?
– Vous êtes au courant qu’il est trois heures du matin et que vous êtes couché dans mon lit ?
– Oui, murmura l’illustre écrivain, mais vous n’êtes pas dedans !
Percy, qui était assis à son bureau et rédigeait un article pour Chasseur de fantôme magazine n’insista pas, vu l’état de bouleversement d’Illustre.
– J’ai fait un atroce cauchemar, mais si je vous le raconte…. vous allez peut-être le trouver drôle.
– Dites toujours.
– J’étais invité à une rencontre d’auteurs dans une célèbre librairie dont je tairai le nom, si ce n’est que les murs sont en briques. Je n’étais pas l’auteur rencontré, je devais attendre mon tour – nous étions deux à être reçus le même jour. Dans mon rêve, je ne comprenais pas cette erreur stratégique. Et bien, l’autre auteur se faisait tuer, il y avait du sang partout. Et tout ce que la libraire trouvait à dire, c’est « oh, non, la moquette !  » et pendant que les infirmiers évacuaient le corps, elle frottait frénétiquement le sol entourée de produits ménagers divers et variés.
Perceval ne put qu’approuver : c’était un rêve déroutant.

Le tas de pierre, les origines

Publié 26 octobre 2017 par Sharon et Nunzi

 

Replongeons -nous 70 ans plus tôt, au château de Vaudreuilly. Plongeons-nous dans la cuisine, qu’un architecte facétieux a placé dans la cave. Presque tous les domestiques sont là : le majordome, le cocher, le jardinier et ses aides la cuisinière, les deux petites bonnes. Tout le monde s’ennuie ferme, comme les jours où Monsieur est d’humeur massacrante et où Madame ne quitte pas sa chambre.  Elle a simplement sonné Louise pour qu’elle emmène la petite Marguerite-Marie en promenade. Jean, le fils aîné, né du premier mariage de Monsieur, les accompagne.
– Monsieur est dans la tour, commenta Paul, le majordome.
– Qu’il y reste ! s’exclama Azelma, la cuisinière.
Le dimanche précédent, Antoine de Nanterry était venu les visiter, avec femme et enfants. Le dimanche s’était conclu par une dispute retentissante.
– Monsieur le comte est à sec ! s’exclama Hector, le jardinier. A sec, comme les fontaines du parc. Je cherche une nouvelle place.
Il venait à peine de prononcer ces mots qu’une explosion ébranla les fondations du château.
– La tour !
Ce fut Margareth Shelton, la fille cadette de la cuisinière (et future mère de Percy) qui se précipita dehors en premier. Elle se fichait de la tour, non, c’était aux enfants qu’elle pensait. La petite Marguerite-Marie n’avait que quelques mois et…
Elle n’avait rien, Jean, son frère non plus, ils étaient loin de la tour, dans les allées du parc quand elle s’était effondrée. Louise, la bonne d’enfants, était aussi choquée que l’on pouvait l’être quand une tour s’effondrait dans votre dos.
Des décombres, on sortit le corps sans vie de monsieur. Madame respirait encore. Mais pourquoi n’était-elle pas dans sa chambre, dont elle ne sortait quasiment jamais ? Ces messieurs de la maréchaussée avaient des questions à poser.
– Bah nous vl’a bien ! s’exclama Hector.
Il exprimait ainsi le ressenti de tous.

Le Tas de pierre – pendant les vacances

Publié 25 octobre 2017 par Sharon et Nunzi

L’illustre écrivain se traîna jusqu’au sommet du Tas de Pierre, lessivé par douze heures de non-écriture non stop. Oui, il a toujours renoncé à écrire mais il continue d’explorer toutes les possibilités scripturales qui s’offrent à écrivain qui n’écrit plus. Là, il avait besoin de prendre l’air. Et besoin de voir Percy, qui, les jumelles dans le prolongement de ses yeux, suivait le vol des avions dans le beau ciel écossais.

– Trois fois que ce couillon survole le château.
– Il s’entraîne, bailla l’auteur.
– Mouais, grogna Percy. A moins qu’un de nos voisins éloignés n’ait construit une piste, l’aérodrome le plus proche est à deux cents kilomètres. Et je suis allergique aux avions.

Le grand écrivain se rappela qu’effectivement, Percy prendrait le ferry pour se rendre en France.
– Vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi les écuries étaient neuves ?

Il n’osa répondre à Percy qu’il n’avait jamais fait attention aux écuries.

– Il y a vingt ans, un avion s’est écrasé sur les anciennes écuries, brûlant tout – heureusement, les chevaux paissaient devant le château, mais ils ont eu la frousse de leur vie d’équidé. Le pilote s’était éjecté. Je suis sympa, je ne vous dirai pas son nom !

Retour à l’écriture – des nouvelles du Tas de pierre

Publié 7 octobre 2017 par Sharon et Nunzi

Comment vont Percy, fier highlander et Alexandre Legrand, illustre écrivain ? Vous le saurez en lisant les nouvelles que Percy donne à Guillaume Berthier

Coucou Guillaume
Tout d’abord, ravi de savoir que tout va bien pour toi. Comme quoi, parfois, il faut avoir le courage de changer de voie professionnelle. Merci également pour les photos d’Aliénor, elle ressemble beaucoup à sa maman.
Ici, rien de spécial à signaler. il pleut, la distillerie se porte bien, le journal des chasseurs de fantôme aussi.
Notre illustre écrivain va beaucoup mieux. Il a pris la décision de ne plus être romancier et il se sent « libéré, délivré » depuis qu’il ne se sent plus dans l’obligation d’écrire un nouveau roman. Du coup, il profite de la vie, fait du yoga, de la cuisine – il nous a bien aidés pour les confitures de la saison – et même de la couture. Et bien sûr, il écrit l’histoire d’un homme qui a pris conscience que le dernier roman publié resterait à tout jamais le dernier. En bref,il écrit toujours, mais sans plus penser à être publié.
@bientôt
Perceval James Andrew McKellen

Généalogie de Percy, interview

Publié 11 septembre 2017 par Sharon et Nunzi

– Bonjour, je suis Alexandre Legrand, écrivain, et j’interviewe Perceval James Andrew McKellen qui va nous parler un peu de sa généalogie.
– Je déteste les interviews.
– Moi aussi. Comme ça, on est deux. Parlez-moi de vos grands-parents.
– Mes grands-parents paternels se nommaient Lancelot McKellen et Phyllida. Ils ont eu trois enfants, James, mon père, Imelda, qui est morte en bas âge et Philippa, la mère de ma cousine Whihelmina. Mon grand-père maternel était cocher, Charles Shelton, et ma grand-mère maternelle était cuisinière – Azelma, à cause d’un des personnages des misérables. Ils ont eu deux filles, Martha et Margareth, ma mère.
– Comment avez-vous rencontré votre femme?
– Caroline ? Je ne m’en souviens plus.
– ?!?! C’est une blague ! Même moi, je me souviens comment j’ai rencontré ma femme. C’était un jeudi, il pleuvait.
– Précis ! Je comprends pourquoi vous êtes devenus écrivain ! J’ai l’impression que j’ai toujours connu Caroline, qui allait dans la même école que ma soeur – mais dans une autre classe. Ses parents étaient amis avec les miens – et elle servait souvent des shortbreads lors de nos réunions de highlanders producteurs de whisky.
Nous avons eu cinq enfants, Calpurnia, qui travaille au ministère de la marine, Lavinia, qui travaille au ministère de la culture, Alexander, architecte d’intérieur, Gladys, votre attachée de presse, et Elinor, qui doit me présenter son nouveau compagnon incessamment sous peu.

Percy en vacances -août 2017

Publié 31 août 2017 par Sharon et Nunzi

– La rentrée ne vous stresse pas ?
L’illustre écrivain s’était enroulé dans un plaid. La chute de dix degrés entre hier et aujourd’hui avait eu raison de tous ses sentiments envers la Normandie. Et oui : lui et Percy logeaient chez Piper et Arthur, soeur et beau-frère de Percy.
– Nan, répondit Percy sans lever les yeux de son journal. Je suis retraité, je suis presque toujours débordé et, jusqu’à preuves du contraire, le Tas de pierres est toujours debout.
– Pourquoi ce nom, le Tas de Pierre, Kellen Castle, c’est tout de même plus chic !
– Quand ma mère a rencontré mon père, elle était aide-soignante, et lui, salement blessé à la jambe à la suite d’une transaction commerciale compliquée – le whisky soulève les passions, même en France. Ils sont tombés amoureux, et mon père lui a dit : « acceptez-vous de venir vivre dans un tas de pierres en Ecosse ?  »
Elle lui a demandé s’il y avait un toit, il a répondu oui. Elle a demandé si portes et fenêtres fermaient, il a réfléchi (ne serait-ce que pour compter le nombre de fenêtres) et il a encore dit oui. Elle a terminé en demandant si les murs tenaient debout, là, il a dit oui sans hésiter. Ce n’est qu’une fois parvenu en Ecosse que maman a vu le château – beaucoup plus petit que Vaudreuilly où elle avait grandi, certes, mais au moins, elle ne serait pas cantonnée dans le quartier des domestiques.