Tas de pierre

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Cauchemar au Tas de pierre

Publié 20 juillet 2018 par Sharon et Nunzi

Il est huit heures. Percy, l’illustre écrivain et Winston le bouledogue sont en train de prendre leur petit déjeuner. Visiblement, la nuit a été dure pour tout le monde.

– J’ai fait un cauchemar, commença Percy. Je n’avais plus de flocon d’avoine pour préparer mon porridge quotidien. Je partais faire les courses, et toutes les boutiques d’Iverness à Edimbourgh étaient en rupture de stock.

Illustre compatit, bien qu’il n’appréciât pas plus que cela les flocons d’avoine, et se demandât comment Percy pouvait ingérer une telle nourriture jour après jour.

– Moi aussi, j’ai cauchemardé. J’ai rêvé que je devais participer à une émission nommé « l’amour est dans les casseroles stylées ». J’étais une sorte de coach qui devait enseigner le moyen de séduire l’être aimé par le contenu de son assiette et la richesse de ses déclarations d’amour poétique. Je courrai d’un candidat à l’autre, un dictionnaire des rimes d’une main, une casserole dans l’autre. Moi qui ne sais ni cuisiner de manière élaborée, ni écrire des sonnets !

Quant à Winston, son rêve était des plus classiques. Il s’était pris toute la nuit pour un chien de berger, et avait poursuivi un troupeau de moutons azimutés. Il était si épuisé qu’il ressentait le besoin d’une petite sieste, là, maintenant, tout de suite, au-dessus de sa gamelle de croquettes.

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Le grand écrivain de retour du salon du livre 2018

Publié 10 mai 2018 par Sharon et Nunzi

Sharon a été au salon du livre de Paris 2018. Elle n’a pas été la seule. L’illustre écrivain aussi. En tant que visiteur. Et cela faisait longtemps que ce texte, inachevé, était en brouillon. Je vous le propose donc aujourd’hui.

Depuis son retour, le grand écrivain était vautré, à plat ventre, sur son lit, et émettait de temps en temps des gémissements pas très rassurants. Quand Percy McKellen avait voulu savoir, tout de même, si cela « allait », il lui avait fait signe que oui.
Au bout de ce qui sembla à Percy une éternité, le grand écrivain fit son apparition, et ce ne fut pas triste.
– Plus jamais, plus jamais je ne mettrai les pieds dans un salon du livre de cette dimension : j’ai cru mourir étouffé une bonne dizaine de fois. Une rock star aurait été l’invité d’honneur que cela n’aurait pas été pire. Et après, on me dit que l’industrie du livre est en crise, cela dépend pour qui !
J’ai cru pouvoir respirer un peu en allant me restaurer. Argh ! J’ai fait demi-tour, je me suis réfugié à l’aire de pique-nique, pas une place pour s’asseoir, et pourtant, je n’avais pas l’impression que c’était l’heure de pointe. La prochaine fois, je viens avec un thermos de café et des barres énergétiques. Je chausserai aussi des patins à roulettes. Enfin, avec ce qui recouvre le sol, ce sera tout de même compliqué.
J’ai une pensée émue pour les personnes qui font deux/trois heures de queue pour avoir une autographe. D’un côté, c’est pratique, on a temps de lire le bouquin entier et de dire au gentil auteur qui doit avoir vachement mal au poignet à force de signer que son bouquin n’est pas terrible terrible. S’il est précis, s’il a pris carnet et stylo, il peut même se targuer d’une analyse stylistique.
Je ne vous parle même pas de certains auteurs surélevés! Si, comme moi, on n’est pas très très grand, c’est tout juste s’il ne faut pas sauter comme un kangourou pour obtenir une dédicace.
Puis, je vais être franc : autant de livres, et bien, cela m’a fichu mal au coeur. Je crois que je vais me mettre à récrire, pour ne plus avoir à lire !

Quand il fallait emmener le grand écrivain au salon du livre

Publié 8 avril 2018 par Sharon et Nunzi

Avant, emmener le grand écrivain à un salon du livre dans le but de lui faire rencontrer ses lecteurs et signer un maximum de livres, cela ressemblait à peu près à cela :
Je n’irai pas !
Phrase qu’il répéterait à chaque fois qu’un membre de sa maison d’édition lui adresserait la parole – non, parce qu’il avait, heureusement, d’autres sujets de conversation avec son fils.
Puisque je vous ai dit que je n’irai pas !
Variante de la phrase précédente.
On lui rappelait alors les termes de son contrat.
Je dois écrire des livres et faire leur promotion. Je ne suis ni Balzac, ni Zola, mais je les imagine mal en train de faire les clowns dans une émission télévisée !
On lui rappelait alors (bis) qu’un salon du livre était mieux que passer à la télévision. Puis, il rencontrerait des lecteurs, pas des journalistes qu’il abhorrait.
Le jour J arrivait, et là…. Si vous avez déjà tenté d’emmener un animal récalcitrant chez le vétérinaire, si vous avez déjà tenté de faire rentrer un chat dans un panier pour partir en vacances, vous aurez compris à quel point c’était difficile de le contraindre à venir. Point positif : le grand écrivain ne souffrait pas du mal des transports.
Après…. certaines exigences étaient des plus bénignes, comme celle de désirer du café sans sucre à volonté et de dédicacer les livres avec SON stylo bic bleu. Il fallait aussi lui reconnaître d’autres qualités : une fois que l’on avait réussi à l’installer sur le stand, il faisait son travail, ne cherchait pas des échappatoires. Il n’était pas comme certains auteurs plus occupés à papoter avec leurs voisins qu’à se rendre compte qu’en face d’eux se trouvait un lecteur en train d’attendre une dédicace, ou de ses auteurs au regard tellement fuyant qu’ils regardaient à droite, ils regardaient à gauche, mais ils omettaient de regarder devant eux, avant de se lever et de quitter le stand, au grand désespoir …. du libraire qui sentait quelques ventes lui échapper.
Par contre, il était nécessaire d’éviter de lui dire, le soir venu : « alors, cela ne s’est pas trop mal passé ? » sous peine de lui voir vous jeter un regard plus noir que le café qu’il avait absorbé toute la journée et sombrer dans le mutisme le plus profond. Certes, le silence, c’est bien, jusqu’à un certain point.
Ne lui demander pas non plus de se mêler aux autres écrivains. Se raconter des histoires d’écrivain, ce n’était pas « son truc ». D’autres le faisaient, pas forcément, très bien, il leur laissait ce privilège.

Des nouvelles du Tas de pierre en mars – et pendant ce temps Imogène…

Publié 2 mars 2018 par Sharon et Nunzi

Percy avait l’impression d’avoir perdu de vue sa nièce. Il est vrai qu’ils ne s’appelaient qu’une fois par semaine, une paille !
Pour faire court, Indiana, la petite soeur d’Imogène, était partie camper avec des amis en Bretagne, et pour faire encore plus court, elle avait demandé à sa grande soeur de l’accompagner et de partager sa tente.

Camper début mars.
En Bretagne.
Il faut être écossais pour cela.

Imogène connaissait à peine les jeunes gens qui les accompagnaient dans cette formidable aventure ayant pour but de communier avec la campagne et la culture celte, si ce n’est Gaspard et son petit frère Melchior. Elle s’était bien gardée de demander où était Balthazar – cousin germain des deux frangins. Des petites natures, puisqu’à 23 heures, ils avaient craqué, les deux autres campeurs aussi, et avaient appelé des amis qui vivaient non loin pour aller dormir chez eux.

Pratique d’avoir des amis qui ont un château dans leur famille.
Depuis le XVe siècle.
Le chauffage aussi était d’époque.
L’éclairage, pas mieux. Pas pire.

Imogène aurait volontiers demandé à dormir dans l’écurie.
Si ce n’est que l’un des membres de la famille Carduel avait pesté parce qu’avec leurs enfantillages, ils avaient réveillé les chevaux ! Et les chiens ! Vu les aboiements, Imogène pensa qu’ils devaient être les heureux possesseurs d’une meute.

– On décampe dès l’aube ! souffla Indiana. J’ai vraiment l’impression d’être une pique-assiette.
– Visiblement, les Carduel ont l’habitude des frasques de Gaspard et Melchior. Je ne crois pas que ce soit la première fois qu’ils les dépannent.

Le Tas de Pierre en mars

Publié 1 mars 2018 par Sharon et Nunzi

Perceval se dit qu’une étude sociologique de l’état émotionnel et physiologique de l’écrivain qui a terminé son manuscrit serait à faire. Il n’avait pas vraiment fait attention la première fois, puisque l’illustre écrivain était au Tas de Pierre contraint et forcé. Là, c’est tout juste si Illustre n’était pas en train de mélanger allègrement numéro de claquettes et mouvement de haka – enfin, quelque chose d’approchant.
– Dans quinze jours, c’est le premier salon du livre auquel j’assisterai sans être invité ! Je me fais une joie d’y aller et je me promets de ne pas embêter mes collègues. Dédicacer, et n’avoir personne, ou dédicacer, et avoir plein de monde ne sont pas fortement agréables.
– Vous serez incognito ?
– Percy, dit-il en exécutant ce qui ressemblait à une arabesque – à moins que ce soit une attitude, Percy avait toujours confondu les deux, comme si j’étais connu au point que des personnes soient capables de me reconnaître sans mon nom écrit devant moi ! Des nouvelles de votre nièce, celle qui a un prénom d’enquêtrice ?
– Elle est à Carduel, je me demande bien où c’est.
– En Bretagne ! Je peux même vous dire qu’il y a un château, à Carduel, où il fait aussi froid qu’ici, et ce n’est pas peu dire. Au fait, pourquoi est-elle à Carduel ?
– Je ne sais pas, Illustre. Depuis que je suis votre agent/logeur/baby sitter, j’ai l’impression de manquer beaucoup d’information.

Le Tas de Pierre en février

Publié 19 février 2018 par Sharon et Nunzi

– Percy ?
– Oui, Illustre ?
– Je re-persiste et re-signe : c’était mieux sans les vampires !

Deux mois que Jonathan, vampire irlandais de son état, était en convalescence chez eux. Heureusement, il semblait vraiment mieux se porter. Il recommençait même à se disputer avec Jamie !

– Heureusement que je n’écris plus, sinon, je n’aurai pas la tranquillité et la sérénité nécessaires. Si j’écrivais encore, je pondrai un roman policier mettant en scène un policier vampire qui enquête sur des meurtres commis sur des vampires. Enfin… si tant est que l’on puisse tuer quelqu’un qui est déjà clamsé.
– Je ne vous le fais pas dire.

Des nouvelles du tas de pierre en janvier

Publié 19 janvier 2018 par Sharon et Nunzi

– Percy ?
– Oui, Illustre ?
-Je persiste et signe : c’était mieux sans les vampires !

Un mois. Un mois que Jonathan, vampire bi-centenaire et irlandais, était en convalescence chez eux. A quoi cela servait d’être un vampire si c’était pour se remettre aussi lentement d’une blessure ? Percy trouvait tout de même bon à savoir que l’ail pouvait avoir de telles vertus anti-vampire, les romanciers ne s’étaient pas foutus de leurs lecteurs !

Le vampire breton ? Reparti comme il était venu, après avoir chaudement remercier Percy pour la qualité de son accueil. Percy lui avait tout de même demandé son adresse en France, histoire de ne jamais se retrouver à proximité du vampire. On ne sait jamais.