Tas de pierre

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Retour à l’écriture – des nouvelles du Tas de pierre

Publié 7 octobre 2017 par Sharon et Nunzi

Comment vont Percy, fier highlander et Alexandre Legrand, illustre écrivain ? Vous le saurez en lisant les nouvelles que Percy donne à Guillaume Berthier

Coucou Guillaume
Tout d’abord, ravi de savoir que tout va bien pour toi. Comme quoi, parfois, il faut avoir le courage de changer de voie professionnelle. Merci également pour les photos d’Aliénor, elle ressemble beaucoup à sa maman.
Ici, rien de spécial à signaler. il pleut, la distillerie se porte bien, le journal des chasseurs de fantôme aussi.
Notre illustre écrivain va beaucoup mieux. Il a pris la décision de ne plus être romancier et il se sent « libéré, délivré » depuis qu’il ne se sent plus dans l’obligation d’écrire un nouveau roman. Du coup, il profite de la vie, fait du yoga, de la cuisine – il nous a bien aidés pour les confitures de la saison – et même de la couture. Et bien sûr, il écrit l’histoire d’un homme qui a pris conscience que le dernier roman publié resterait à tout jamais le dernier. En bref,il écrit toujours, mais sans plus penser à être publié.
@bientôt
Perceval James Andrew McKellen

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Généalogie de Percy, interview

Publié 11 septembre 2017 par Sharon et Nunzi

– Bonjour, je suis Alexandre Legrand, écrivain, et j’interviewe Perceval James Andrew McKellen qui va nous parler un peu de sa généalogie.
– Je déteste les interviews.
– Moi aussi. Comme ça, on est deux. Parlez-moi de vos grands-parents.
– Mes grands-parents paternels se nommaient Lancelot McKellen et Phyllida. Ils ont eu trois enfants, James, mon père, Imelda, qui est morte en bas âge et Philippa, la mère de ma cousine Whihelmina. Mon grand-père maternel était cocher, Charles Shelton, et ma grand-mère maternelle était cuisinière – Azelma, à cause d’un des personnages des misérables. Ils ont eu deux filles, Martha et Margareth, ma mère.
– Comment avez-vous rencontré votre femme?
– Caroline ? Je ne m’en souviens plus.
– ?!?! C’est une blague ! Même moi, je me souviens comment j’ai rencontré ma femme. C’était un jeudi, il pleuvait.
– Précis ! Je comprends pourquoi vous êtes devenus écrivain ! J’ai l’impression que j’ai toujours connu Caroline, qui allait dans la même école que ma soeur – mais dans une autre classe. Ses parents étaient amis avec les miens – et elle servait souvent des shortbreads lors de nos réunions de highlanders producteurs de whisky.
Nous avons eu cinq enfants, Calpurnia, qui travaille au ministère de la marine, Lavinia, qui travaille au ministère de la culture, Alexander, architecte d’intérieur, Gladys, votre attachée de presse, et Elinor, qui doit me présenter son nouveau compagnon incessamment sous peu.

Percy en vacances -août 2017

Publié 31 août 2017 par Sharon et Nunzi

– La rentrée ne vous stresse pas ?
L’illustre écrivain s’était enroulé dans un plaid. La chute de dix degrés entre hier et aujourd’hui avait eu raison de tous ses sentiments envers la Normandie. Et oui : lui et Percy logeaient chez Piper et Arthur, soeur et beau-frère de Percy.
– Nan, répondit Percy sans lever les yeux de son journal. Je suis retraité, je suis presque toujours débordé et, jusqu’à preuves du contraire, le Tas de pierres est toujours debout.
– Pourquoi ce nom, le Tas de Pierre, Kellen Castle, c’est tout de même plus chic !
– Quand ma mère a rencontré mon père, elle était aide-soignante, et lui, salement blessé à la jambe à la suite d’une transaction commerciale compliquée – le whisky soulève les passions, même en France. Ils sont tombés amoureux, et mon père lui a dit : « acceptez-vous de venir vivre dans un tas de pierres en Ecosse ?  »
Elle lui a demandé s’il y avait un toit, il a répondu oui. Elle a demandé si portes et fenêtres fermaient, il a réfléchi (ne serait-ce que pour compter le nombre de fenêtres) et il a encore dit oui. Elle a terminé en demandant si les murs tenaient debout, là, il a dit oui sans hésiter. Ce n’est qu’une fois parvenu en Ecosse que maman a vu le château – beaucoup plus petit que Vaudreuilly où elle avait grandi, certes, mais au moins, elle ne serait pas cantonnée dans le quartier des domestiques.

D’Imogène à Perceval

Publié 4 août 2017 par Sharon et Nunzi

Coucou oncle Percy

Comment vas-tu ? Je suis contente de savoir que Réséda passe de bonnes vacances au Tas de pierre. Et proteste contre ceux qui disent qu’en Ecosse, nous avons toujours un temps pourri (et je reste polie,j’ai entendu pire aujourd’hui !).
Comme promis, je te raconte la « fête de divorce » organisée par notre notaire franco-irlando-allemand préféré.
Maître Owen n’a pas échangé un seul mot avec maître de Magny. Le buffet, j’en ai eu confirmation, a été préparé en catastrophe quelques minutes à peine avant l’heure prévue. L’expression « racler les fonds de tiroir » n’a jamais fait autant sens.
Quant à la musique… Allumer la radio, c’est é-co-no-mique.
Hectoria de Magny a démoli la porte en sortant. Du coup, elle est re-rentrée aussitôt, pour nous aider à réparer. Je savais que l’immeuble avait besoin de quelques rénovations, je ne pensais pas que c’était à ce point-là ! Heureusement, c’était la porte du bureau, et non la porte d’entrée, sinon, je crois maître Owen capable de nous demander d’assurer des tours de garde afin d’être sûr que personne ne vienne cambrioler nos dossiers.
J’oubliai : en fait, maître de Magny n’est pas encore divorcé, non, lui et Alicia n’ont même pas encore déposé une demande de divorce. Je vois encore moins de raison de se comporter comme il l’a fait. Je sais simplement qu’après l’épisode de la porte, il a eu une discussion corsée avec sa soeur. L’amour fraternel est parfois compliqué.
Je te souhaite une nuit plus reposante que la précédente !
Imogène.

Petite fête – Imogène, le retour

Publié 4 août 2017 par Sharon et Nunzi

Maître de Magny donne une petite fête pour son divorce : lui et Alicia étaient mariés depuis un an. Pour cette charmante festivité, Imogène et les clercs de l’étude sont bien présents, sans oublier Robert, ami d’Imogène depuis très longtemps.

– Il n’a fallu que cinq minutes pour que le buffet soit entièrement vidé. Soit les clercs de notaire sont sous nourris, soit le buffet était vraiment fruste. J’ai réussi à sauver une chouquette.
Robert la partagea avec Imogène.
– Et la musique est vraiment pourrie, précisa Nicolas (clerc de notaire).
– Qui est la charmante personne, là bas, qui n’a pas dit un mot, pas bu une goutte et rien mangé du tout ? demanda Robert.
– Hectoria, la soeur aînée d’Erik. Elle estime qu’il s’est fiancé avec Alicia pour l’ennuyer, qu’il l’a épousée pour l’enquiquiner, et qu’il est en train de divorcer pour lui pourrir la vie. Elle a entièrement raison, commenta Imogène.
– Il l’a fait aussi pour qu’elle cesse de le harceler pour qu’il se marie, ajouta Clive (notaire).
– Bizarre. Lélia (soeur de Robert, ndla) ne m’a jamais harcelé pour cette raison. Elle ne m’a jamais harcelé tout court. Et aujourd’hui, je suis marié et heureux.
– Votre femme n’est pas avec vous ? demanda Jérémie (autre clerc de notaire).
– Mon mari travaille ce soir, il est ingénieur du son.
– Moi ce qui m’embête, précisa Nicolas, pendant que Jérémie restait la bouche grande ouverte, c’est que j’avais parié sur un divorce, mais après la naissance d’un ou plusieurs enfants. Je me suis gouré.
– Tu n’es pas le seul ! s’exclama Imogène. Hectoria se retient tellement de dire ses quatre vérités à son frère que je crains le moment où elle donnera libre cours à ses capacités vocales hors normes.
Ce ne fut pas pour ce soir. En revanche, la porte de l’étude ne résista pas à sa sortie.

Insomnie au Tas de pierre

Publié 2 août 2017 par Sharon et Nunzi

Après cette discussion énergique avec l’illustre écrivain, actuellement en route vers la France, Percy avait passé la nuit à errer dans Kellen Castle. Ses petits enfants préféraient dormir dans la maison d’ami, mieux isolée, mieux chauffée. Percy errait à la recherche d’un souvenir qu’il ne parvenait pas à faire émerger. Le tout avait été déclenché par l’appel de son cher ex-gendre.

Au détour d’un couloir, il tomba sur Célia, camériste de la comtesse de Magny. Juste avant la révolution française. Elle était en colère.
– Contre moi ? murmura Perceval.
– Contre Erik de Magny, souffla la fantôme. Lui et Alicia divorcent.
Il grogna. Cette manie des mariages express ! Maître Erik de Magny ne s’était marié que depuis un an – en embêtant le plus possible sa commissaire divisionnaire de sœur aînée. Il se fendrait demain de deux appels, l’un à Imogène, l’autre à Guillaume, qui travaillait chacun avec l’un des membres de la fratie Magny. Ils ne devaient rigoler ni l’un, ni l’autre.
Tiens ! Notre fier highlander envoya un email à Philippe de Nanterry, même si l’informatique ne résolvait pas l’insomnie. Philippe non plus ne dormait pas, et lui aussi était invité au mariage de James. Tout le monde se défilait pour l’occasion. Même la famille de Camille, la fiancée, était peu enthousiaste. Si James n’avait pas manqué de courage, ils seraient mariés depuis longtemps !
– Pardonnez ma curiosité, dit Philippe. Votre grand-mère était cuisinière à Vaudreuilly, et votre grand-père?
– Il était conducteur de diligence. Il est mort quand ma mère avait cinq ans. C’est après que grand-mère a été embauchée à Vaudreuilly. Il s’appelait Charles Shelton – un nom pas facile à prononcer.

Chacun ses douves

Publié 31 juillet 2017 par Sharon et Nunzi

et les vaches seront bien gardées ! C’est en substance ce que répondit Percy à son ex-gendre quand celui-ci eut l’aplomb, l’outrecuidance et la bêtise abyssale de lui téléphoner. James ne comprenait pas pourquoi il n’acceptait pas cette main tendue ! Il se privait d’une relation humaine d’une rare richesse.
Percy, qui gribouillait sur son bloc-note se demandait ce que James avait bien pu fumer ! Ou inhaler. Ou avaler. Entendant bien que Percy ne céderait pas (il n’allait tout de même pas se rendre en France alors que sa soeur et son détesté beau-frère venaient samedi prochain), James lui dit qu’il pourrait demander conseils à ses cousins Georges, Hepzibah, Philippe et Alexandre de Carduel : eux aussi avaient des problèmes de douve.
(Note : vous avez complètement oublié qui sont les Carduel ? Percy aussi ! Il avait beau chercher, rien !). Il interrompit alors la logorrhée signée James de Vaudreuilly par la phrase qui sert de titre à cet article. Il prit congé le plus poliment qu’il put, c’est à dire sans trop grogner, et raccrocha.
– Ce n’est pas très gentil ce que vous avez fait là !
– Mon cher illustre écrivain, je n’épiloguerai pas sur le fait qu’écouter les conversations des autres par la fenêtre ouverte, cela ne « se fait trop pas », comme le dit ma petite-fille Réséda. Je vous répondrai simplement que je garde un souvenir ému du premier mariage de James, et de la bagarre généralisée qui s’en est suivie. (Pour plus de détails, relire : le mariage d’Elinor et James, suite et fin).  Je plains sincèrement la mère de James, si elle est obligée de revivre une seconde fois ce qu’elle a vécu ce jour-là mais même pour la soutenir, non, je n’irai pas.  J’ajoute que je n’ai pas l’honneur de connaître la future mariée, mais que j’ai été accusé de tentative de meurtre sur sa personne, puis assommé et très mal ligoté par mon ex-gendre. Un souvenir cuisant, je puis vous le dire. Si vous souhaitez vous y rendre, je ne vous en empêche pas ! Et vous nous ferez un reportage ! cria Percy en direction de l’illustre écrivain qui partait faire sa valise.