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Vacances au pensionnat des louveteaux

Publié 15 juillet 2019 par Sharon et Nunzi

Les louveteaux, enfin, les cinquante louveteaux volontaires, sont en rang dans la cour.

* Douce voix sortant du haut-parleur *

Soyez les bienvenus pour le stage de remise à niveau des vacances d’été 2019. Votre emploi du temps commence à neuf heures, et se terminera à douze heures pour une pause déjeuner d’une durée de deux heures. Vous reprendrez ensuite à 14 heures, pour une heure et demi de sciences et vie de la terre, suivi d’une heure et demi de science-physique, pour le groupe A, et inversement pour le groupe B » A dix-sept heures, vous aurez quartier libre jusqu’à l’extinction des feux à 22 heures. Bon courage à tous.

* Voix pas vraiment douce dans le haut-parleur. Normal, madame Lecerf a pris le relais *

 Salut à tous. Je tiens à remercier madame la toute nouvelle CPE pour son discours d’introduction. Allez les louveteaux, vous vous doutez bien qu’avec moi, ce ne sera pas tout à fait le même discours, ne faites pas comme si, depuis le temps, vous ne me connaissiez pas, et que vous ne connaissez pas madame Cobert non plus. Alors, je serai franche : vous êtes là, nous sommes là, et nous n’avons absolument pas envie d’être là, ni vous, ni nous. Je sais que votre mantra est sans aucun doute « ce sont les vacances ! » Le nôtre aussi. Seulement, vous avez tous, ici présent, raté le brevet louveteau des collèges, nous avons un taux d’échec défiant toute concurrence au point que monsieur de Nanterry, notre principal par intérim, n’en dort plus la nuit. Non, non,je n’exagère pas. Alors, au boulot ! La session de rattrapage aura lieu les 26 et 27 septembre, nous devons car-ton-ner.

J’ajoute que oui, ce sont les vacances, je l’ai déjà dit. Je m’attendais néanmoins à ce que 25 % des effectifs présents ne viennent pas en cours en pyjama et chaussons. Oui Alexandra, j’ai compté, et oui, je sais toujours lire sur les lèvres, cela n’a pas changé. Par contre, vous allez changer de vêtements, et très vite. Nous vous attendons dans nos salles ! »

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Et la correction du brevet au pensionnat des louveteaux, cela se passe comment ?

Publié 4 juillet 2019 par Sharon et Nunzi

Je suis certaine que vous avez très envie de le savoir, alors commençons…

Le pensionnat était aujourd’hui centre de correction pour le brevet des collèges des louveteaux (DNBL). Voici le déroulement de la journée.

8 h 35 : les correcteurs arrivent. Parce que cela ne sert à rien d’arriver à l’heure, les copies ne vont pas s’envoler.

8 h 40 : il manque tout de même des correcteurs. Monsieur de Nanterry est tout sauf jouasse.

9 h 00 : « non, mais je vous assure, c’est très mal indiqué. j’ai eu beau rentrer les coordonnés dans le GPS, je me suis encore perdu. Pour la quatrième année consécutive, je sais, c’est ballot. Non, mais mon petit dernier a fait une mauvaise nuit. Oui, comme il y a deux ans mais ce n’est pas le même petit dernier, précise monsieur Praidici, professeur de mathématiques.

9 h 10 : les copies ont bien été distribuées, les harmonisateurs ont harmonisé et les soucis ont commencé, ou presque.

En effet, ce sont présentées madame Anne Degrange-Brûlé et madame Anne Degrange-Brûlé. Oui, le nom est marrant. par contre, ce qui n’est pas marrant, c’est qu’elles enseignent la même discipline et qu’ayant le même nom, on ne savait pas quel paquet était pour l’un, lequel était pour l’autre.

    • – Il faut faire un test ADN, dit le CPE.

– Vous avez franchement des idées formidables, lui répondit le principal.

Pour la petite histoire, Anne Degrange était mariée au frère d’Anne Brûlé – et vice-versa. Les deux couples avaient choisi d’accoler leurs deux noms dans le même ordre. Vous avez dit « pagaille » ? Non, absolument pas. Vous n’avez pas vu les sœurs Bigonnier ! Louise-Marie et Marie-Aude – des jumelles qui enseignent la même matière et qui ont tenu à enseigner la même matière.
– Tu as madame Bigonnier ou madame Bigonnier ?
– Moi j’ai la brune aux cheveux courts.
– Moi aussi !
– Mais la mienne, elle a une petite fille blonde.
– La mienne aussi !

10 h : on commence déjà à fermer les volets, sauf ceux qui ont squatté les salles qui donnent sur la forêt.

11 h : les professeurs de français craquent. Micro-réunion dans le couloir, ils soignent leur déprime à grands coups de gâteaux au chocolat confectionnés par Benjamin, le conjoint de monsieur de Nanterry. Chacun sait que les professeurs de français sont fragiles.

11 h 10 : les professeurs de mathématiques aussi sont fragiles. Ils organisent une petite course dans les couloirs, le temps que la seconde fournée de gâteaux cuise.

12 h 00 : un menu gastronomique attend les joyeux correcteurs à la cantine. Il paraît que c’est nécessaire pour garder le rythme de la correction. Seul l’harmonisateur de français râle. Il veut partir le plus vite possible.

12 h 10 : le menu plaît beaucoup, sauf à l’harmonisateur de français. Celui de sciences-physiques loue le choix de la diversité, le bio, et le véganisme, du jamais vu dans un pensionnat de louveteaux. Ah, oui, je ne vous ai pas dit, mais les professeurs correcteurs sont presque tous des non garous.
– On ne le sait pas, mais les lycanthropes ont l’estomac fragile. Il est donc nécessaire d’adopter une alimentation saine. (Le sous-entendu, c’est adopter une alimentation saine pour toutes les fois où les loups vont bouffer absolument n’importe quoi et se rendre archi-super-malades en moins de temps qu’il ne m’en faut pour l’écrire).

13 h 00 : l’harmonisateur de français râle encore. Allez, il faut accélérer le mouvement, il ne va pas rester toute la journée !

14 h 00 : l’harmonisateur a malencontreusement disparu. Les correcteurs ouvrent la fenêtre, pour espérer faire rentrer un peu d’air frais.

15 h 00 : même en étant consciencieux et souvent servis en café, les correcteurs se disent qu’ils ne voient pas le bout de leurs paquets de copies. Surtout que certains parlent de grève des correcteurs dans d’autres établissements. Or, les copies, elles ne vont pas se corriger toutes seules !

16 h 00 : allez, courage, plus que les dictées ! Monsieur de Nanterry en profite pour rappeler que des postes seront à pourvoir à la rentrée au pensionnat des louveteaux – ou plutôt, la cité scolaire des louveteaux, maintenant qu’un lycée a été ouvert, à la plus grande joie des louveteaux.
– La prochaine fois que Sarah me compare à une poupée, à cause de mes tenues, dit madame Cobert à madame Degrange-Brûlé je ne sais pas ce que je lui fais.
– Prive-la de théâtre pendant un mois, c’est une punition largement suffisante.

16 h 30 : c’est la ligne d’arrivée ! Ou presque. En tout cas, les professeurs d’éducation physique et sportive ont entrepris de reprendre leur entraînement en vue du cross inter-pensionnat. Il est hors de question de finir avant-dernier cette fois-ci, sous prétexte de mollet flageolant et de motivation molle.

16 h 44 : madame Cobert a officiellement fini la correction de son paquet de copies. Soutenue par deux collègues (l’un dicte, l’autre vérifie la paperasse), elle rentre ses notes.

17 h 01 : un cri se fait entendre. Bizarre, bizarre, surtout que la voix n’est pas vraiment connue.

17 h 07 : madame Cobert est officiellement en vacances. Les cris continuent.

17 h 12 : l’origine des cris est identifiée. Tiens ! On a retrouvé l’harmonisateur de français. Ligoté à un arbre, un cèdre du Liban pour être précis, à la hauteur de la troisième branche.
– Ce n’est pas un loup qui a fait ça, constata monsieur Trukensky.
– Effectivement non, mais c’est un très bon grimpeur qui a éxécuté la manoeuvre.
– Deux, plutôt. Même si ce professeur est épais comme une crevette anémique, il est difficile d’imaginer qu’une personne seule a pu le porter et le ligoter ainsi.
– Votre oncle, peut-être ?
– Si l’alpha de la meute du Nord était là, nous le saurions tous. La discrétion n’est pas son fort.

17 h 20 : l’expédition de secours destinée à faire descendre de la manière la plus délicate possible monsieur Boulet (c’est son nom, cela ne s’invente toujours pas) est prête à agir. Monsieur Trukensky se dit, d’ailleurs, que cela lui paraît une très bonne idée de le laisser mariner un peu. Aorès tout, il n’a pas un train à prendre.
– Lui non, dit monsieur César, mais moi oui. J’espère qu’il ne postulera pas pour la prochaine rentrée, j’aime bien l’escalade, pour me détendre. Là, j’ai l’impression de faire des heures supplémentaires.
Bonne nouvelle : monsieur Galet s’est évanoui, ainsi les sauveteurs ont plus de marges de manœuvre. Mauvaise nouvelle : c’est peut-être signe de la dégradation de son état de santé. Alors que madame Cobert regagnait son domicile et constatait que les gâteaux au chocolat supportaient mal la chaleur, monsieur Boulet était transporté à l’infirmerie du pensionnat « toujours pleine, quelle que soit la saison », constata madame Maxine, infirmière en chef unique en son genre.

Le chagrin, c’est simple comme un cookie

Publié 26 juin 2019 par Sharon et Nunzi

Titre énigmatique, me direz-vous.

Un article est programmé demain sur le blog de Sharon, elle n’a pas voulu le déprogrammer.

Jeudi dernier, une seule élève de sa classe, lors du goûter, a pensé à lui garder un gâteau – un cookie, en l’occurrence.

Alors, je ne veux pas faire de grands effets d’écriture, ou de style, cet article ne sera pas là pour cela. Cette élève est décédée hier soir, avec sa maman.

Donc nous n’avons pas vraiment le coeur à écrire.

Puis, parfois, il faut aussi renoncer à écrire, ne pas entasser de mots inutiles.

Et chez les louveteaux, cela se passe comment ? Des nouvelles de madame Cobert.

Publié 26 juin 2019 par Sharon et Nunzi

Petite parenthèse d’écriture en pleine canicule.

L’avantage d’avoir des louveteaux comme élève ?
Comment dire ?
Faire cours dans une forêt avec des élèves poilus, c’est original.
Non, nous restons à la lisière de la forêt, il ne faut pas exagérer – et seulement l’après-midi : pas facile de tenir un stylo entre les coussinets !
Ils communiquent par grognements ? Je vous rassure tout de suite, sous leur forme humaine, certains élèves communiquent ainsi aussi ! L’abondance des grognements montrerait, d’après un collègue, l’intensité de leur intérêt pour le sujet. Tant qu’ils ne déchirent pas les polycopiés, je m’adapte.
Oui, je sais que vous en avez marre des polycopiés et que vous avez l’impression d’être noyés dessous ! N’exagérons pas – si vous les aviez tous collés depuis septembre, cette impression disparaîtrait rapidement !
Sur ce, je vous laisse, nous avons encore deux jours de révision !
Madame Sharon Cobert

La vraie vie de madame Cobert

Publié 8 juin 2019 par Sharon et Nunzi

Ecrire, oui, mais pas forcément écrire tout le temps.
Ou écrire n’importe quoi.
Pendant qu’un innocent arbre à chats a encore été dévissé et qu’un autre est utilisé plusieurs fois par jours, voici la vraie vie de madame Cobert au pensionnat des louveteaux. Toute ressemblance avec un pensionnat existant ou ayant existé serait totalement fortuite.

– Allo, Eric ? Tout va bien ? Non, pas vraiment, je m’en doutais un peu. La course d’orientation a débuté depuis une heure et je n’ai toujours vu passé aucun groupe de sixièmes devant ma balise. Par contre, j’ai croisé les 3e Framboise, les 3e Groseille et même les 3e Eucalyptus, et là, je tiens à te le dire, je m’en serai bien passé. Avec eux, c’est toujours les feux de l’amour. Soit dit En passant (il faut bien que quelqu’un passe), je ne sais pas qui a eu l’idée de donner des noms de fruits, de légumes et autres végétaux aux classes, mais c’est franchement indigeste.
Comment ? Henry qui est à la balise n°7 n’a vu passer personne non plus ? Mais alors, où sont-ils tous ?
Que je m’entraîne à tirer avec l’arc pour tuer le temps ? Mais bien sûr ! Je me suis déjà écorché la main droite en assemblant les arcs, j’ai failli m’envoler avec les cibles à cause du vent, et je vais tirer à l’arc.
Je te rassure, j’ai trouvé à m’occuper, je joue aux boules. Non, aucun matériel de pétanque ne traînait dans le coin. J’ai recyclé les pommes de pin qui me sont tombées sur le coin de la figure.
Ah, ça y est, je vois une équipe. Ah, pardon, ils se sont trompés de balise, ils croyaient être à la 5. Le sens de l’orientation, cela se perd.

Deux heures plus tard.

– Il faut se contenter de peu. J’ai vu passer la moitié des équipes, et certaines ont royalement marqué vingt points sur quatre-vingt. Je ne dis pas que c’est merveilleux, je dis simplement que le premier qui me parle encore de la vingt-cinquième rupture entre Truc et Bidule sera mal venu. C’est la vingt-huitième ? Raison de plus !

Imogène – 1er juin 2019

Publié 1 juin 2019 par Sharon et Nunzi

Je me suis aperçue, en faisant un peu de « rangement » dans la section écriture, que je n’avais pas donné la parole au personnage d’Imogène depuis longtemps. C’est désormais chose faite. Et rappelez-vous : écrire me détend.

Comment ça, je n’ai pas donné de nouvelles depuis longtemps ? Cela dépend à qui !

Dire que certains pensent que le métier de clerc de notaire est ennuyeux. Qu’il vienne un peu à l’étude où je travaille. Ils seront catastrophés. Ou pas.

Je me demande d’ailleurs pourquoi je continue à être clerc de notaire, je devrais définitivement me reconvertir en organisatrice de mariage. En ce moment, cela n’arrête pas, tout ça parce que, voici quelques temps déjà, j’avais aidé ma cousine Elinor à organiser le sien – le premier. Non, parce que là, je suis en train de tenter d’organiser le second. Dans le calme, la joie, et la bonne humeur.

Trois notions qu’Elinor est incapable de concevoir. Moi aussi. Une fois sur deux, j’oublie le prénom de son fiancé, du coup, j’ai décidé de l’oublier complètement. Non, je ne rêve pas que le mariage soit annulé, je rêve qu’elle demande de l’aide à quelqu’un d’autres. Ses trois soeurs ont jeté l’éponge, dès le premier mariage, elles n’ont aucune envie de la relever maintenant.

Mariage et remariage. J’ai tout entendu depuis que je m’en occupe. Morceaux choisis.

« Un remariage, ce n’est pas la même chose qu’un mariage ». Ne demandez surtout pas à la personne de développer sa pensée profonde, cela n’en vaut pas la peine.

« Puisque tu as fait ça (au choix, faire un grand mariage, porter une robe blanche), je veux que tu fasses pareil pour le nôtre. » Non, mais si j’avais voulu épouser deux fois la même personne, je l’aurai fait.

« Pas question de robe blanche pour un remariage ». Un mariage en sous-vêtement, cela peut être drôle.

« pas de mariage sans robe blanche » ma copine Constance adore le jaune, hors de question de se marier si ce n’est en jaune. Râler râleur, ce n’est pas vous la mariée. Même si Constance est étiquetée « bizarre », au moins elle savait ce qu’elle voulait pour son mariage – clair, net et précis. Son père aussi avait des idées très précises : pas un des tatouages du marié ne devait être apparent.

« Un vrai mariage, c’est quand on est jeune, avec des bébés à la clef ». Il n’est pas nécessaire de se marier pour avoir des enfants, mais certains n’ont pas encore tout compris.

Heureusement, tous les mariages ne sont pas comme celui d’Elinor, c’est même parfois très drôle. Non, parce que, quand j’ai relu les phrases écrites plus haut, j’ai cru sombrer dans la morosité. Ne croyez pas qu’un mariage doit être follement drôle, non, mais il n’a pas besoin d’être guindé.

Oui, mon oncle Perceval est au courant pour le remariage d’Elinor. Il essaie simplement de ne surtout pas y penser.

Ecrire quand même – carnet du grand écrivain 36

Publié 31 mai 2019 par Sharon et Nunzi

Les jours ne sont pas faciles – forcément. Mais aujourd’hui, j’ai voulu écrire – quand même.

Le grand écrivain et Perceval ont décidé – enfin, surtout le grand écrivain – de se lancer sur les traces des personnages et des lieux de son roman. Donc acte. Autant dire que rencontrer l’un d’entre eux,  bien vivant, et de dormir dans les « lieux du roman » transformés en chambre d’hôte ne rend pas nécessairement serein.

– J’aimerai voir la maison vendue par votre ami. Je suppose qu’elle est au bord de l’eau ?
– Pas tout à fait, elle est dans la rue adjacente – autant vous dire que quand Louis s’est réveillé et a constaté qu’il avait les pieds dans l’eau, il s’est tout de suite juré de fiche le camp, et les paroles rassurantes des élus n’y ont rien fait ! Tenez, c’est cette maison aux volets blancs, là-bas.
– Ah, oui, je comprends mieux qu’il ait été effrayé. Oh, quelqu’un vous appelle sur votre portable ?
– Non, dit Percy en le portant pourtant à l’oreille. Je bénis cette invention qui me permet de parler presque naturellement aux fantômes qui m’entourent, ou de garder une contenance quand je vois quelque chose qui ne devrait pas être. Nous sommes suivis, mon cher Illustre. Ne vous retournez pas, mais Guillaume vient d’apparaître derrière nous. Regardez : comme par miracle, se dresse devant nous un plan de la campagne alentours et de ses circuits de randonnée.
Illustre se tourna illico vers le plan, tandis que Percy, et bien, indiquait chaque circuit.
– Nous allons prendre celui-là, il me paraît le plus facile pour commencer, et en plus, il passe à côté du cimetière de la ville.
– On ne peut quand même pas nous y rendre ? Et s’il nous posait des questions ?
– Je déteste rendre des comptes. Nous sommes sensés être ici en vacances, nous reposer. Visiter un cimetière peut être apaisant.

– Je ne suis pas de votre avis. Les pauvres ! Avoir perdu tant d’enfants en bas âge. Mais, Percy, pourquoi nous être rendu devant cette tombe en particulier ? Certes, les parents sont morts en 1940, mais…
– Depuis quand les victimes sont devenus les coupables ? C’est une phrase qui me trotte dans la tête depuis que nous avons fait cette pause devant le fleuve. Depuis quand ? Vous êtes partis du principe qu’il y avait une cause face au déchaînement de violence subi par les deux propriétaires de la ferme de l’Est. Oui, il y a une cause, il y a forcément une cause. La haine ? La folie des tueurs ? Non, parce qu’à moins d’être en légitime défense, et la véritable légitime défense est rare, les victimes sont celles que l’on a retrouvé torturées et tuées chez elles. Donc, concentrons-nous sur eux, parce que je ne pense pas qu’ils soient très apaisés.