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L’envers des carnets du grand écrivain – 4

Publié 22 juillet 2018 par Sharon et Nunzi

– Je déteste parler ainsi, mais être écrivain, ce n’est pas facile tous les jours.
– Je vous comprends.

Le grand écrivain avait travaillé tard dans la nuit, si tard qu’il avouait lui même ne pas avoir les yeux en face des trous. Il s’était donc accordé un jour « off », et lisait la presse « pour divertir son cerveau qui commençait à fumer ». En prévision de la rentrée littéraire, certains journalistes avaient écrit des articles sur « les livres les plus attendus », les « premiers romans à ne pas rater » et autres « incontournables ». Bien sûr, se trouvaient des articles nettement moins littéraires dont « le mystère Alexandre Lebrun ».

– Etre un proche d’écrivain non plus n’est pas facile ! Ils sont encore allés ennuyer mon fils, qui les a envoyés paître. Quand ces journalistes comprendront enfin que si je me tais, c’est tout simplement parce que je n’ai rien à dire, tout à écrire. Chacun est libre de penser ce qu’il veut de mes livres, je n’ai pas à faire des explications de texte, encore moins à être relooké. Je me fous de savoir comment Victor Hugo était habillé quand il a écrit les Misérables ! Par contre, euh…. Vous n’auriez pas des Carduel dans vos connaissances ?

– Si ! C’est marrant ce que vous dites parce que mon neveu Toby s’est marié l’an dernier avec un certain Alexandre de Carduel.

Le grand écrivain n’eut pas le temps de blémir qu’il était déjà évanoui.

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Carnet du Grand écrivain – 12

Publié 21 juillet 2018 par Sharon et Nunzi

VI Bureau d’état civil
La détresse a fait place à la colère.
Emma est très agité, ce qui provoque « l’envol » de plusieurs papiers. Hippo prend note, un peu comme un scientifique qui identifierait une caractéristique nouvelle de l’espèce qu’il a devant lui.
Emma s’interroge. Pourquoi maintenant, pourquoi cette rencontre ? Et pourquoi sa mort ? Assassinat ?
Surgit alors un autre fantôme. La cinquantaine, très rigide, cheveux blonds et bouclés.
[Oui, je sais, je me fais plaisir en ajoutant des personnages]
Hippo soupire
– Charles, qu’est-ce que tu me veux ?
Regard sévère de Charles, qui va d’Emma à Hippo.
Hippo explique à Emma que son neveu (oui, il s’agit de son neveu, même s’il paraît plus agé] a eu un peu le même genre de problèmes.
– On l’a accusé, et on l’accuse encore, d’avoir fait passer une de ses filles pour morte et d’avoir enterré quelqu’un d’autres à la place. Malheureusement, sa fille est réellement morte. Il se trouve des historiens qui ont encore plus d’imagination que des romanciers. On l’accuse aussi d’avoir échangé l’identité d’une de ses filles avec celle d’une cousine éloignée, pour favoriser son mariage. Nous nous demandons parfois où certains vont chercher de telles histoires, les vieilles familles aristocratiques font fantasmer.
[Raconter l’histoire des filles de Charles ? J’ai déjà dit que je n’aimais pas entrecroiser des récits. Et je n’envisage pas un tome 2. Quoique. Ne pas mettre trop de personnages non plus. Même si un personnage féminin fantôme de plus pourrait être intéressant. Je n’ai pas vraiment envie d’écrire une histoire d’amour posthume entre Hippo et Emma. Ah ! Hippo me souffle qu’il est gay, donc impossible. HIPPO ME SOUFFLE ???? Je crois qu’une pause s’impose. ]

Cauchemar au Tas de pierre

Publié 20 juillet 2018 par Sharon et Nunzi

Il est huit heures. Percy, l’illustre écrivain et Winston le bouledogue sont en train de prendre leur petit déjeuner. Visiblement, la nuit a été dure pour tout le monde.

– J’ai fait un cauchemar, commença Percy. Je n’avais plus de flocon d’avoine pour préparer mon porridge quotidien. Je partais faire les courses, et toutes les boutiques d’Iverness à Edimbourgh étaient en rupture de stock.

Illustre compatit, bien qu’il n’appréciât pas plus que cela les flocons d’avoine, et se demandât comment Percy pouvait ingérer une telle nourriture jour après jour.

– Moi aussi, j’ai cauchemardé. J’ai rêvé que je devais participer à une émission nommé « l’amour est dans les casseroles stylées ». J’étais une sorte de coach qui devait enseigner le moyen de séduire l’être aimé par le contenu de son assiette et la richesse de ses déclarations d’amour poétique. Je courrai d’un candidat à l’autre, un dictionnaire des rimes d’une main, une casserole dans l’autre. Moi qui ne sais ni cuisiner de manière élaborée, ni écrire des sonnets !

Quant à Winston, son rêve était des plus classiques. Il s’était pris toute la nuit pour un chien de berger, et avait poursuivi un troupeau de moutons azimutés. Il était si épuisé qu’il ressentait le besoin d’une petite sieste, là, maintenant, tout de suite, au-dessus de sa gamelle de croquettes.

Carnet du grand écrivain – 11

Publié 14 juillet 2018 par Sharon et Nunzi

VI Intérieur nuit.
Bureau de l’état civil
Hippolite et Emma. Elle compulse les registres.
! Se demander si les fantômes peuvent lire dans le noir. Selon Percy, ce n’est pas un problème.
– Vous voyez ce que vous me faites faire ?
Hippo grommelle. Faire comprendre qu’en fait, cela amuse follement Hippo.
Emma trouve enfin son acte de naissance. Hippo lit à voix haute :
23 avril 1920… Naissance d’Emma Constance Ravier…. Fille de Pierre Georges Ravier et de Constance Juliette Clain. Vous êtes bien née, c’est une bonne nouvelle.
– Pas de date de décès !
– Vous avez peut-être 98 ans.
Soit elle s’effondre, soit elle est en colère.
Non, elle dissimule l’étendue de sa détresse (trouver à l’exprimer sans être grandiloquent).
Hippo parle d’une simple erreur de transcription, il ne faut pas s’en faire, ou presque pas.

Elle se précipite contre lui. Peur. « Ils sont si nombreux ».
Hippo regarde et voit une fratrie de fantôme relativement calme, dans le parc du château-mairie.
Il balaie d’un geste d’inquiétude d’Emma. « Ils ont choisi de rester ici. Regarde ! Ils ne font même pas attention à nous ».

[Bon, je l’admets, cette partie-là, avec la calme famille de fantôme, je l’ai ajoutée pour me faire plaisir. Juste une parenthèse de fantômes sereins. Trois frères, tous trois jardiniers, tout trois anciens soldats. Ravis d’être ensemble.]

Pendant ce temps, la jeune femme que nous avons déjà vu pirate les registres d’état civil. Pour en savoir plus sur la mystérieuse disparue.
[A voir si je développe cette ligne narrative ou pas – à moins que cela ne ralentisse l’action]

Carnet du grand écrivain – 10

Publié 7 juillet 2018 par Sharon et Nunzi

V Hippolyte et Emma suivent la jeune femme jusqu’à l’intérieur d’une maison datant de 1879 (fastoche, la date est gravé sur la cheminée. Penser à graver l’année de construction de ma maison sur ma maison). La façade est à demi recouverte par le lierre. Au premier étage, dans un vaste bureau, la jeune femme ouvre la fenêtre, s’installe sur son rebord et passe un coup de téléphone. H&E écoutent la conversation.
– Oui. Tu ne devineras jamais. Non, nous le savions, j’y allais même pour cela. J’ai retrouvé la tombe de Julia. Oui, la grande-tante Julia. Celle qui est censée être partie vivre en Angleterre. Et bien elle est enterrée depuis 1944.
Emma voulait protester vigoureusement, Hippo la retient. « Elle ne vous entend pas ».
Au mur, un vaste arbre généalogique. Emma cherche, et trouve le nom de la fameuse Julia, qu’elle ne se souvient pas avoir connu.
« La mémoire vous revient.
Je me souviens de ma vie, c’est ma mort que j’ai oubliée ».

!!!! Si elle n’a pas bougé depuis mort du lieu où elle est morte, comment a-t-elle pu savoir où elle était enterrée. Certes, elle l’a « sentie », mais penser à bien éclaircir ce point.

Hippolyte examine à son tour l’arbre qui se déploie sur tout un mur. A lui non plus, les noms ne disent rien. La ville, par contre, il la connait. Il ne la hante pas pour rien  ! (J’ai failli mettre « pour faire du tourisme » -un peu fort) Il l’a traversé, enfant, avec sa mère et son jeune frère. Il y est retourné, fantôme, pour y aider un de ses petits-neveux.  Que revient-il faire là ?

L’envers des carnets du grand écrivain – 3

Publié 1 juillet 2018 par Sharon et Nunzi

Percy était plutôt content. Le grand écrivain écrivait et restait toujours aussi calme. Il faisait du vélo sur la lande, manière à lui de se défouler, et il avait bien raison. La canicule n’était pas encore sur les Highlands. Elle n’était pas près d’arriver, d’ailleurs. Cependant, Percy avait un souci – enfin, plutôt Guillaume.
– Je persiste et signe, Guillaume, vous n’avez pas de chance. Si, si, avoir trois os du pied cassés parce que vous avez reçu une boule de pétanque dessus, ce doit être véritablement rare. Il ne vous reste plus que la balle de golf et… C’est déjà arrivé quand vous étiez jeune ? Pardon, j’ignorai. Vous ne me ferez pas changer d’avis : vous n’avez pas de chance, votre jambe gauche encore moins.

Carnet du grand écrivain – 9

Publié 30 juin 2018 par Sharon et Nunzi

J’ai fait quelques kilomètres à vélo sur la lande, j’avais besoin de me dérouiller les muscles et de m’aérer la cervelle.

J’avais laissé les fantômes au bord de la Seine, et maintenant, je me demande ce que je vais pouvoir faire. Ah ! J’ai une idée. Elle est lugubre, mais je ne veux pas tomber dans le travers : fantôme qui a pour mission de guider l’autre fantôme de l’autre côté. Il y a eu toute une série télévisée pour cela ! Un fantôme a le droit de vivre sa vie de fantôme (slogan).

IV Emma marche plus vite, devant Hippolyte. Ils remontent tous les deux une pente herbeuse (décidément, mon nouveau roman est très vert. Faire un roman vert sans utiliser les adjectifs verts). Elle marche vraiment très vite, Hippolyte s’en amuse. Elle pousse une porte, ils entrent dans un petit cimetière calme. Elle se dirige droit vers une tombe couverte de lierre, dont l’inscription est à demi effacée. Elle écarte le lierre de ses mains.
– Ma tombe.
– Je croyais que vous vous appeliez Emma Constance.[ne pas utiliser un ton étonné, mais celui de la constatation. Rien ne peut étonner Hippolyte, et il sait bien qu’Emma ne lui a pas menti, parce qu’un fantôme a beaucoup de mal à mentir, cela demande trop d’énergie].
– Oui. C’est ma tombe, mais ce n’est pas mon nom qui est dessus.
H s’écarte, un réflexe. Emma, elle, n’avait fait attention à la jeune femme qui se déplaçait dans le cimetière muni d’un appareil photo. Elle porte de longs cheveux réunis en chignon [Note : c’est un peu crétin ce que j’ai écrit, si on a un chignon, on n’a pas les cheveux courts]. Elle prend une photo de la tombe puis sort un carnet sur lequel elle prend des notes. Imogène donc
Ah miiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiince ! Zut alors ! Mais que vient faire la nièce de Percy dans mon intrigue ? Il va me fantomiser s’il constate que j’ai inclu sa nièce dans mon bouquin.
Tant pis, je changerai le prénom après, pour le déroulé de l’intrigue, je le garde, au moins, je saurai à quoi elle ressemble. Par contre, je ne me souviens pas avoir vu Imogène avec un pantalon de toile marron et un tee-shirt à manches courts beige.