Écrire malgré tout – ou pas.

Publié 17 octobre 2018 par Sharon et Nunzi

J’ai failli écrire que la partie féline du blog se met en pause pour un certain temps, parce que s’occuper de chats « sauvages », de chats « mal en point », c’est parfois, franchement, fatiguant.
Mais décréter une pause ne change rien aux problèmes.
Le rythme sera sans doute ralenti.
Les carnets du grand écrivain continueront de paraître une fois par semaine – en un point fixe.

Publicités

Ecrire malgré tout

Publié 15 octobre 2018 par Sharon et Nunzi

Charisma nous a quittés depuis plus d’une semaine.
Bien sûr, la vie continue.
Ce n’est pas toujours facile pour nous.
Vitamine cherche sa soeur, soeur qui est allée rejoindre Cerise, Givre et bien sûr Chablis.
Le lit, d’habitude très encombré, est littéralement déserté, les chats dorment ailleurs – je (Annunziata) n’y dormais que rarement, préférant dormir au-dessus d’un bac. Maintenant, tous les bacs sont pris d’assaut, et je dois partager le mien soit avec Vitamine, soit avec Rossignol. Seul Hastings et Chanel (très rarement pour cette dernière) dorment sur un des oreillers.
La cantine est bonne, cependant, Duchesse, selon sa maîtresse, a grossi, et Blanche-Neige pèse près de 6 kilos sur la balance.
Hier, cependant, nous avons eu droit au vermifuge automnal – autant dire que personne n’a apprécié, surtout pas Charmeur, notre dernier pensionnaire en date.
Je vous souhaite à tous une bonne semaine.

Carnet du grand écrivain – 22

Publié 12 octobre 2018 par Sharon et Nunzi

Après la disparition de Charisma, reprise de l’écriture des carnets du grand écrivain.

XIII Hippolyte avait choisi d’annoncer, posément, calmement, cette dernière nouvelle à Emma. Ce n’est pas en lui faisant des cachotteries qu’on pourra l’aider, non ? Maintenant, il restait à éclaircir cette homonymie. Emma ne semble même pas surprise.
– Avez-vous lu l’acte, ou seulement la table finale ? Je suis née le 23 avril 1920, j’en déduis donc que mon homonyme est née autour du 20 octobre 1919, je suis la plus jeune. Qu’est devenue mon aînée ?

Ne pas cacher la vérité est une chose, tout dire, absolument tout en est une autre. Emma l’écouta à nouveau, posément.
– Cela ne me surprend même pas, je croyais cependant que ce genre de pratique n’était plus possible au XXe siècle. Se présenter, annoncer qu’un enfant est né dans votre maison, donner le nom des parents sans que personne ne s’en offusque – même en présentant l’enfant. Quel intérêt de mentir ainsi sur une filiation quand on n’est que des domestiques ?
– Ou une erreur de transcription dans les prénoms des parents ? C’est possible aussi, surtout que leurs dates et lieux de naissance ne sont pas exprimés.

Charles, à son habitude, se délectait en compulsant des actes notariés. Il avait réussi à découvrir l’acte de décès d’Alexandre Delasier.
– 45 kilomètres ?
– Approximativement. Il était chez son neveu, pourquoi, comment, est-ce intéressant ? C’est sa veuve qui a vendu la ferme. Mais j’ai trouvé mieux : il semblerait que cette ferme ait fait partie d’un domaine plus vaste, au lieu-dit La Bellanguette.

Quand on n’a pas de piste, on se raccroche à tout ce que l’on trouve. Emma intervint.
– C’est un hameau dépendant de notre ville. La ferme était situé à l’ouest, celui-ci, à l’est. Monsieur Gambelin disait parfois que l’on ne vivait pas de la même façon selon que l’on orientait son destin vers le soleil levant ou vers le soleil couchant. Je n’ai jamais compris ce qu’il voulait dire par là, j’avais l’impression qu’il récitait un proverbe. Peut-être était-ce lié à l’existence de ce domaine.
Je n’ai pas toujours vécu dans cette ferme. Avant mes dix ans, nous vivions… ailleurs. Lors des recensements, peut-être pourrait-on trouver des traces d’autres domestiques portant notre nom ?

Heureusement Charles (air connu) adorait compulser des actes en tout genre (air connu) : ses études de droit lui étaient encore extrêmement profitables !

Galopin a quatre ans

Publié 2 octobre 2018 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous
Galopin est chez nous depuis quatre ans !
Il est arrivé mi-septembre 2014 et à l’époque, nous nous demandions si nous arriverions à le tirer d’affaires. Voici la toute première photo postée de lui sur ce blog :

et voici la deuxième photo :

et la troisième :

Il se nommait aussi Owen de Galopin à l’époque, et c’est toujours le nom qui est sur son carnet de santé. Il a eu aussi, à deux ans, des soucis avec ses reins, après avoir mangé un kilo de croquettes d’un coup.

Voici une photo prise récemment, de Galopin et de Mirabelle :

Bonne soirée à tous !

Carnet du grand écrivain – 21

Publié 29 septembre 2018 par Sharon et Nunzi

XII Hippolyte détestait ne pas être dans l’action. Ne pas savoir, manquer de piste.
Il y a forcément quelqu’un qui sait, toujours.
Il faut simplement rencontrer la personne qui sait, et qu’elle soit disposée à parler.
Il faut également qu’elle soit consciente que ce qu’elle sait est important, parce qu’elle a peut-être simplement entr’aperçu quelque chose dont elle n’a pas compris toute la signification, de ce qui, pour d’autres, est essentiel.
Hippo comprenait bien qu’Emma ait pu être choquée par ce qu’elle avait vu – même si lui, de son vivant, avait vu bien pire. Avait réagi en conséquence aussi.
Sa famille se scindait en deux aux yeux d’Hippo, ceux qui tentaient de vivre le plus normalement du monde, comme Charles, et ceux qui avait le don pour créer des situations qui se terminaient dans le meilleur des cas sans trop de sang versé. Le pire des cas n’était pas à chercher dans la branche Carduel, mais dans la branche Nanterry, ces charmants cousins.
Ne pas penser à Louis-Nicolas. Lui s’y connaissait dans le domaine du pire, et les Carduel avaient subi ce que l’on nomme aujourd’hui des dommages collatéraux. Ne plus penser à lui.
Retourner à la ferme des Gambelins et ne pas se laisser gouverner par ses émotions.

XIII A quoi ressemble réellement Hyppolite ? Si je vous dis qu’il ressemble à une version gothique de Don Giovanni, cela ne vous aidera pas, puisque vous ne voyez pas comment j’imagine Don Giovanni. Je pourrai le qualifier de beau brun ténébreux, si ce n’est que ce qualificatif est un abominable cliché, et aurait le mérite de le faire sourire. Oui, son œil s’allumerait alors d’un doux pétillement ironique. C’est cela, vraiment, qui caractérise Hippolyte : plutôt qu’un visage aux traits si fins qu’on aurait pu croire ceux d’une femme, plutôt qu’une masse de longs cheveux bruns indisciplinée, c’était cette lueur dans le regard qui le définissait. Sa capacité à prendre suffisamment de recul avec ce qu’il voyait pour analyser ce qui se passait. L’histoire, la guerre, n’empêchaient ni les haines ni les passions, elles ne s’étaient pas mises en sommeil pendant six années.

XIII – Emma est née deux fois.
– Pardon ?
Hippo avait agi toute sa vie en s’appuyant sur une solide documentation, ce qui lui avait permis à maintes reprises de sauver sa peau et celle des autres.
– Il est deux actes de naissance à son nom, dans la même ville, à six mois de distance, sans que cela ne choque personne. Les deux actes ont été dressés lors de deux années civiles différentes, mais les parents de la petite Emma sont bien les mêmes. J’ai également trouvé le nom des propriétaires de la ferme : Desplasier. Hâte d’en savoir plus sur eux, surtout que la ferme a été vendue après le décès d’Alexandre Desplasier, qui a eu la délicatesse de mettre à la porte ceux qui louaient cette ferme. Petit détail qui a son importance : l’acte de décès d’Alexandre Desplasier est proprement introuvable. Je voudrai bien savoir qui tenait l’état civil dans cette charmante bourgade.