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Tous les articles du mois de décembre 2012

Dernier jour

Publié 31 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous

C’est le dernier jour de l’année et déjà, j’ai ôté la décoration de fêtes pour retrouver le joli rose qui me sied au teint, et les petites maisons que je verrai bien comme résidence secondaire pour mes vampires.

L’année se termine… dans les soins. Chablis n’est pas rentré hier, ce matin, il nous est revenu, avec un abcès à la cuisse.

Je vous passe les détails.

Sauf un seul : ce désinfectant sent plutôt bon et Chablis s’est laissé soigner.

Courage Chablis ! Et rappelle-toi 2009 (je n’étais pas né) : tu as dû être opéré, et tu es resté trois semaines sans sortir.

Les plumes à thème n°3 by Asphodèle

Publié 30 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

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Voici ma nouvelle participation pour les plumes d’ . Les mots collectés sur le thème de la liberté sont : choix, devoir, se battre, crime, pingouin, amarres, divorce, étendard, vent, nuage, écrire, aspirer, s’envoler, s’évader, fraternité et mes trois mots en C : Cascade, clameur, Chuchotement(s).

Lettre
de Percy McKellen à sa sœur Maggie-Piper d’Arcy

Chère Piper

Bon sang de bois, qu’est-ce que tu fous à Inverness ? Y’a même pas de connexion internet ! Frangine, il faut que tu te décides à avoir un téléphone portable, ce n’est pas un crime d’être une geek joignable.
Je t’écris pour te dire de rappliquer fissa ! Hier, ta fille a été kidnappée par un vampire rouquin, sûrement un activiste irlandais ! Avant que tu paniques :
– oui, je me suis porté à son secours, (je connais mon devoir) avec Alexander, mon fils, qui te passe le bonjour, Robert, le meilleur pote gay de ta fille, et Guillaume, ce policier bourguignon qui voit des fantômes comme s’il était écossais.
– non, je n’ai pas eu besoin de me battre, ta fille s’était évadée. Elle est en pleine forme, l’autre otage aussi, le vampire, un peu moins. On l’a laissé en plan dans l’attente de SON maître vampire, il n’allait pas s’envoler, et on est reparti.
Là, maintenant, tu peux paniquer.
Imogène est partie prendre le thé chez l’oncle et la tante du poulet bourguignon. On frappe à la porte. C’était ce couillon de vampire rouquemoutte fringué comme un pingouin ! Il se jette dans mes bras tout souriant, en signe de fraternité et m’annonce la bonne nouvelle.
– Mon maître vampire était absent, il n’est donc au courant de rien, je suis sauvé !
Je l’ai écarté vite fait, on n’avait pas brandi ensemble un étendard sur un champ de bataille au milieu des clameurs de victoire !
– Alors, où il est, votre maître ? Si vraiment il en pince pour ma nièce, il faut vraiment qu’il vive sur un nuage pour ne pas avoir eu vent de votre enlèvement ou qu’il ait largué les amarres pour l’Antarctique!
Guillaume et Imo sont rentrés à ce moment-là. Figure-toi que ta fille nous est passée sous le nez et a foncé dans sa chambre. Elle a à peine regardé l’autre zozo.
– Elle veut vérifier une théorie, et la voix de Guillaume n’était qu’un chuchotement. Là, j’ai flippé.
Maintenant, Piper, j’espère que tu es assise et que ton mari, s’il lit la lettre par-dessus ton épaule, ne fera pas un malaise dont il a le secret ! S’il est encore en train de dire : « ton frère ne changera jamais », demande le divorce ! Trente-neuf ans que je te le demande ! Profites-en, tes dix enfants sont grands, sauf Imogène, qui mesure 1 m55.
Là, je suis sûr que tu es en train de murmurer : « mais Perceval McKellen, écris enfin ce que tu as à  m’annoncer ! ». T’as même dû tout lire en diagonale jusqu’à ce que tu trouves l’info essentielle. J’espère que tu as réservé ton billet retour et que tu seras en état de revenir.
Bref, j’entends ta fille littéralement beugler dans la chambre. Je n’aurai jamais cru qu’elle était capable de brailler autant.

-Le chat a dû faire une grosse bêtise, commentai-je à haute voix.
Oui, je sais, je ne t’ai pas dit qu’elle avait recueilli un nouveau chat, tu as l’habitude.
Sauf que ce n’est pas un chat, c’est un vampire métamorphe.
C’est même un maître vampire métamorphe.
Je dirai même plus, c’est même un maître vampire métamorphe à qui MON fils a dû prêter ses fringues, il n’avait pas trop le choix. Il nous avait tous hypnotisés !
Maggie-Piper Phyllida McKellen, tu as toujours été la meilleure détectrice de fantômes de nous deux. S’il est une personne qui peut nous dépatouiller de cette situation, c’est toi.
Viens vite, je ne tiens pas à ce qu’il soit pris d’une petite faim ! S’il aspire à déjeuner… ce sera sans moi !

Ton frère aîné
Perceval James Andrew McKellen

PS : j’avais raison d’affirmer que quand les emmerdements arrivent, c’est par cascades !
PPS : le rouquin n’est pas complice, il s’est liquéfié quand l’autre est apparu. C’est vrai qu’il fout les jetons.
PPPS : le crétin qui énonce en ma présence que les vampires sont beaux, je lui fais bouffer un de mes kilts, et sans le laver !

Les enquêtes de Guillaume et Imogène, chapitre 13.

Publié 29 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

Je sais ce que vous allez me dire : c’est le jour des plumes, et j’ai déjà posté mon texte. De plus, j’avais bien dit que je n’écrirai plus les aventures de Guillaume Berthier pour les Plumes. Vrai aussi. Mais il est des fois où les aléas de la vie sont plus forts que ce que l’on avait décidé, même quand on est un chat de plumes.

Résumé : Imogène a été délivrée des griffes émoussées d’un vampire pas doué. Elle ramène avec elle un gros chat qui louche, et Guillaume n’aime pas ça du tout. Serait-il allergique aux félins ?

Je ne pouvais pas dormir. Impossible. Je n’arrêtais pas de penser à ce félin étrange. Les aiguilles de l’horloge tournaient. Deux heures cinq, deux heures dix, deux heures quinze. N’y tenant plus, je me levai et gagnai doucement la chambre d’Imogène. La porte était fermée ! Je frappai, pas de réponses. (Vous me direz qu’elle dormait, j’en demeure d’accord). J’ouvris la porte en essayant de ne pas la faire grincer et découvris…

Imogène endormie avec le chat roulé en boule au pied du lit. Et je peux vous dire qu’il formait une grosse boule ! Le diagnostique était sûr : j’étais paranoïaque !

Le lendemain, histoire d’effacer les mauvaises impressions que j’aurais pu produire, je tins à présenter… non pas mes excuses, mais des membres de ma famille à peu près sains d’esprit, pas comme ceux dont elle avait pu voir un échantillon lors du mariage raté de mon cousin hier. Non, je voulais qu’elle rencontre mon oncle André et ma tante Charlotte. Mon oncle André était l’unique frère de ma mère et pour des raisons… de santé mentale, il évitait de se réunir avec toutes ses soeurs au grand complet. Je ne me demandais plus pourquoi depuis très longtemps. Il envisageait même d’écrire un ouvrage intitulé : « J’ai survécu à mon enfance avec trois soeurs, et j’ai réussi à ne pas avoir de séquelles. Enfin, pas trop ».

Bref, cet après-midi, je pris un thé aux fruits rouges avec Imogène chez mon oncle et ma tante, dans leur charmante et lumineuse demeure. Vous vous doutez bien que je ne l’avais pas présentée comme une chasseuse de fantômes mais comme une clerc de notaire d’origine écossaise (ce qu’elle était, après tout). Tante Charlotte était fort intéressée et après avoir parlé félins, pékinois, thé, études de leurs petites-filles, nous parlâmes de l’Ecosse.

– Savez-vous que quand j’étais enfant, dit Charlotte, ma mère me faisait écrire à sa soeur aînée Julina ? Elle vivait au Royaume-Uni. Ma soeur et moi correspondions avec elle régulièrement. Vous imaginez ma joie quand je suis entrée en 6e et que j’ai commencé à apprendre l’anglais !
Puis, il y a dix ans, j’ai des fait des recherches généalogiques approfondies. J’ai retrouvé la tombe de Julina. Ici, dans notre village. Elle est enterrée avec ses grands-parents, son nom était caché sous le lierre qui avait envahi la tombe. Elle est morte, elle n’avait pas vingt ans.
Et dire que pendant tout ce temps, on l’avait crue en Angleterre.
Reste à savoir qui nous a répondu. Qui s’est prêté au jeu.

Imogène reposa doucement sa tasse de thé sur la table. Pourquoi avait-il fallu que ma tante, qui ne se confie jamais, nous raconte cela justement aujourd’hui ? Je sens que nous venions de recevoir, bien involontairement, une nouvelle mission.

Généalogie (pas la mienne)

Publié 28 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

Je profite de ce moment de peu d’influences sur mon blog pour écrire ce petit article.

Sharon est passionnée de généalogie (et pas seulement la mienne) et après quelques temps « de repos », et une journée un peu « éprouvante » (vous voyez que je ne révèle quasiment rien – les secrets de famille d’une autre famille que celle de Sharon ne me regardent pas), elle a passé un temps certain sur le recensement des communes de l’Eure en 1906 puis 1911.

Puis, elle a crié « Eureka » avant de préciser à l’intention de toutes les personnes présentes : « oui, j’avais dit que je crierai Euréka si je trouvais quelques chose ».

Elle a trouvé.

Et je ne vous dirai pas depuis combien d’années on cherchait ses précisions dans sa famille (terme prudent, je ne dis presque rien).

Je vous laisse juge :

André Gustave – 1908 – Mézières.

Robert Marcel – 1910 – Panilleuse.

Sharon, ce n’est pas tout ça mais… tu sais que tu as des copies à corriger ?

Les plumes by Asphodèle

Publié 25 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

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Voici ma nouvelle participation aux Plumes à thème par Asphodèle. Les mots à placer sont : roman, tunnel, secret, naissance, témoin, vie, niveau, lumière, automnal, purgatoire, bruissement, rite, tourbillonner, tranche, sous-bois, sagesse, extrait, aversion, et les trois mots en B que je vous avais promis : basculer, baiser (n.m., pas le verbe), bastion.

Non, je ne triche pas. Enfin, presque pas. Je vais réussir à placer tous les mots sans écrire un roman ou basculer dans le monde ténébreux des chasseurs de fantômes dont le bastion se situe quelque part entre l’Écosse et la Bourgogne ! Puis, je veux ménager mon lectorat qui aurait une aversion pour les vampires.
Je vous propose tout simplement un bref extrait de mon arbre généalogique. Puis, j’adooooooooooore parler de moi.

Ma naissance eut lieu le mercredi 24 mars 2010. Quand Sharon est revenue de son collège, j’étais déjà née, je tétais avidement, et l’un des jumeaux naissait. Lequel ? Le secret est entier.

Voici ma maman Espéranza (en haut) quand elle avait un an. Elle pose à côté de Maggie-Piper, sa mère adoptive (seule membre de la famille à être une authentique Picarde), et d’Indiana, dernière fille de Maggie-Piper. Retenez bien ce nom, Indiana, nous la retrouverons, c’est une de mes meilleures amies :

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Mon père Kentucky :

WWL

Mon frère défunt Fidélio et ma sœur de lait Brésilienne :

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Mon frère  Rodéo (de dos), avec Fidélio (de face) et Brésilienne (en-dessous) :

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Mon frère Cacao.

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Mon frère de lait Paprika :

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Les problèmes commençaient déjà, et nous n’en verrons pas le bout du tunnel avant six mois. J’avais six jours quand ma grand-mère mourut subitement. J’avais sept jours quand je fus conduite avec Cacao chez le vétérinaire, pour mon tout premier abcès. J’eus la sagesse de le mordre de toute la force de mes gencives (le vétérinaire, pas mon frère).

Cacao eut de la chance : il guérit. J’en eus un peu moins, même si je n’avais pas une hernie : je dus retourner chez le vétérinaire. Je le mordis à nouveau. Il dit à nouveau que ce n’était pas grave, j’avais de l’énergie, et j’en avais bien besoin.

Je n’ai pas l’intention de faire pleurer dans les chaumières avec ce passage obligé qu’est la mort de ma maman, à laquelle je ressemblais beaucoup. Je n’avais qu’un mois et la chance était avec moi, sauf qu’il fallut nous séparer : Cacao et moi-même devînmes les nourrissons de Venise et Amaryllis, Rodéo et Fidélio ceux d’Indiana. Le second chaton sur la photo, c’est Ambrose, fils d’Amaryllis et de Salsa, frère de lait et meilleur ami de Paprika (voir la photo ci-dessus).

S

Et la chance foutut le camp (zut, word n’accepte pas ! Tu préfères : dans un bruissement d’ailes, la chance s’éloigna pour gagner les sous-bois automnaux où tourbillonnent les feuilles mortes ? Je le reconnais : c’est plus poétique, mais cela n’explique en rien ce que j’ai vécu).  Je dus quitter mes premières nourrices pour rejoindre « l’infirmerie » où vivait déjà Fidélio, car mes yeux posaient problème. Cela ressemblait à un rite de passage : Kentucky et ma tante Nanoute Périscope avaient eu eux aussi des soucis avec leurs yeux, et la cortisone (en piqûre à côté des paupières) leur permit de continuer à voir la lumière. Pour moi, tous les traitements furent vains, et « ce n’est que des ombres qu’elle distingue », dit le docteur B. Première opération, première complication d’où une seconde opération quelques jours plus tard.

Le pronostique était rassurant :

–          le second œil serait peut-être sauvé.

–          j’aurai droit à de la chirurgie réparatrice étant adulte.

S

La photo est vraiment une tranche de vie, mais ce n’est pas celle qui met le plus en valeur mon authentique originalité. Cette photo est restée quelque temps au purgatoire, car elle suscitait des commentaires bizarres et d’authentiques frayeurs. Avec le recul (j’en ai de pires), elle représente surtout les mois difficiles qui me restaient à passer (et encore trois opérations). A gauche, vous me reconnaissez, je dois avoir trois mois. Au milieu, ma copine Dior est atteinte de nanisme. A droite, Rico du Bonnet, qui a à peu près tous les soucis de santé possible et imaginable : je n’ai jamais lu un seul livre, pas même un extrait, qui parle de « la prématurité chez le chaton : causes et conséquences ».

Au niveau de la famille, je tiens à vous rassurer : Rico parviendrait à faire des chatons, on ne sait pas comment (non, un baiser à un ours en peluche n’explique pas la naissance de tes filles) :

ACERVous reconnaîtrez Tamara (la grise) et Framboise (la rousse) avec Chanel, leur maman. Pour vous expliquer notre lien de parenté, c’est très simple :

– Chanel est la soeur cadette de ma grand-mère.

– donc Rico est le cousin germain de mon père Kentucky.

– donc Tamara et Framboise sont mes cousines au second degré.

Simple, non ? Vous êtes témoins !

Joyeuses fêtes de fin d’année à tous !

Chablis est fatigué

Publié 24 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

Je ne sais pas ce qu’il fait de ses nuits, ni de ses journées, mais le résultat est là, et bien là : son altesse sérénissime Chablis est fatigué. Voici la preuve en image.

ACER

De temps en temps, il tente de résister vaillamment :

ACERAvant de … La photo se passe de commentaires :

ACER

Guillaume Berthier, chapitre XII

Publié 19 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

Résumé des épisodes précédents : Guillaume Berthier, largement aidé par l’oncle, le cousin et le meilleur ami d’Imogène, se porte au secours de la jeune chasseuse de fantômes. Tout ne se passe pas vraiment comme prévu.

Le vampire se précipita sur nous en hurlant : « Sauvez-moi ! »

-Laissez-le moi : répliqua Imogène, je vais lui faire passer le goût d’enlever des humaines et de martyriser de pauvres bêtes !

– Je vous promets de ne plus kidnapper personne, ni humain, ni animal, s’écria-t-il en essayant de se cacher derrière Percy, le plus volumineux d’entre nous. Mais jurez-moi de ne pas en parler à Rufus. (Au moins, nous connaissons désormais l’identité du maître vampire).

– Banane !

Nous sursautâmes. Imogène ne nous avait pas habitués à parler aussi crûment.

–          C’est vous-même qui avez envoyé votre larbin le prévenir.

–          Je suis cuit, s’exclama-t-il avant de s’écrouler aux pieds de Robert.

–          Non, plutôt carbonisé. Rentrons !

Imogène s’empara alors de… bien oui, il faut bien l’admettre, d’une grosse boule de poils à laquelle je n’avais pas fait attention jusqu’ici. Très volumineux, le poil assez long, noir et blanc, ce chat avait l’air hagard.

–          Ne vous inquiétez pas, il ne bougera pas, dit Imogène qui se cala entre Robert et moi, à l’arrière du véhicule. Cette chauve-souris à la noix l’a enfermé avec moi à la cave, il avait l’intention de s’en nourrir.  Juste un peu, m’a-t-il dit. Il l’a donc hypnotisé. Hein, mon gros Loulou ?

C’est vrai qu’il n’avait pas l’air très en forme. J’avais même l’impression qu’il avait une coquetterie dans l’œil. Je secouais la tête. Impossible. Un chat ne louche pas.

Imogène nous raconta comment elle s’était trouvé nez à nez avec ce vampire maigrelet et rouquin, qui ressemblait plus à un geek qu’à Brad Pitt dans Entretiens avec un vampire.

– Je préfère Tom Cruise, précisa Robert, à qui l’on ne demandait rien, mais qui essayait d’éviter le contact du matou obèse chiffe molle de son mieux.

– Il n’empêche que je ne me souviens pas du voyage du tout ! J’aurai pu être téléportée, même combat ! Je me suis réveillée dans une pièce  sans fenêtre, sans même un soupirail, et tellement humide que je suis sûre que j’ai attrapé un rhume. J’ai eu à peine le temps de demander à grand-père de vous prévenir que très vite, ce vampire à la graisse de salsepareille a ouvert une porte qui aurait bien eu besoin d’être graissé, a voulu avoir l’air terrifiant, c’était raté, et m’a signifié que Rufus était prévenu, qu’il avait intérêt à céder à ses exigences, ou sinon….

– Sinon, quoi ?

– Il n’a pas précisé, répondit Imogène avant de coller un gros bisou sur la tête du sac à puces bigleux qui avait l’air d’apprécier. Mais pourquoi  avait-il cet air satisfait ? Ou alors je me faisais un film. La voix d’Imogène me parvint au milieu de mes élucubrations.

– Il a ensuite projeté dans la pièce ce pauvre gros Loulou, avec une grimace qui se voulait démoniaque, et m’a dit qu’il me tiendrait compagnie en attendant qu’il en dîne. Le mufle ! Après m’être assuré qu’il était parti, il ne m’a pas fallu dix minutes pour forcer la porte…

– Mais comment ?!?!

– Ah, ça, dit Alexander, ma chère cousine a appris de sacrés trucs au cours de ses six ans de vie commune avec Eric.

– J’ai pris ce gros matou avec moi, et je me suis retrouvée dans la cuisine, qui contenaient maints ustensiles en cuivre. L’oiseau nocturne a alors fait sa réapparition, très étonné. J’ai pris la première casserole qui m’est tombé sous la main, et je me suis jetée sur lui. J’étais en train de le pourchasser dans le jardin quand vous êtes arrivés. Je vous suis infiniment redevable d’être tous venus à mon secours !!!

– C’est normal, grommela Perceval, tu as fait exactement la même chose pour nous !

J’avais une forte envie de me boucher les oreilles pour ne pas en savoir plus. Heureusement, rien ne fut ajouté et c’est dans un relatif silence que nous regagnâmes la demeure des McKellen. « Relatif » car Boule de graisse poilue ronronnait à plein tube. A ma grande surprise, j’appris qu’Imogène n’était pas seulement une fan de bouledogue, elle possédait aussi deux persans nommés Caramel et Nougat ! Elle était certaine que ses petits chéris s’entendraient bien avec Poilu des gencives bien gras ici présent.

– Pourquoi je ne les ai jamais vus ?

– Tu les a vus. Tu les as pris pour des peluches !!!

Je sais ce que vous pensez « pas très glorieux ». Néanmoins, alors que nous étions enfin en sécurité dans la maison de campagne des McKellen, je demandais discrètement à Robert si Imogène était toujours comme ça avec les chats (elle n’avait quasiment pas lâché Maxi Poilu, même maintenant, sauf pour lui donner à manger une cuisse de poulet soigneusement désossée).

– Oui, toujours. Je suis sûr qu’il dormira avec elle cette nuit, dans son lit, et qu’un certain commandant de la police bourguignon voudrait être à sa place, même si ce pauvre matou est borgne.

Je ne relevais pas, enfin, pas tout. Robert aussi avait remarqué quelque chose d’étrange dans le regard de ce félin. Vous ne m’ôterez pas de l’esprit qu’un chat qui louche, c’est louche.

 

Guillaume Berthier, chapitre XI

Publié 14 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

Résumé des épisodes précédents de Guillaume Berthier : Guillaume croyait ne plus entendre parler de vampires, en tout cas, pas au mariage de son cousin. Effectivement, ils n’ont pas troublé l’absence de cérémonie. En revanche, la gente vampirique n’est sans doute pas étrangère à la disparition d’Imogène, clerc de notaire et chasseuse de fantômes.

Il faut se satisfaire de ses défauts et de ses qualités. Voir des fantômes n’a jamais été ma tasse de café au lait, et pourtant, j’étais ravi de voir James McKellen me donner des nouvelles d’Imogène. J’étais moins ravi de ce qu’il était en train de me dire, même s’il m’assurait qu’Imogène n’était pas seule. Heureusement que je savais garder un visage impassible en toutes circonstances.

Benjamin voulut me donner un coup de main. Je lui assurai que la situation était trop dangereuse pour qu’il pût m’aider, et que je me sentirais mieux s’il ramenait Juliette et Bella à Paris (oui, ma sœur était venue accompagnée de son bouledogue et avait produit son petit effet. Vous ne croyez  tout de même pas qu’elle avait trouvé un petit ami juste pour l’occasion ?) J’étais soulagé de ne pas avoir à lui mentir, même si je ne lui avais pas dit toute la vérité.

Vous me voyez dire à mon cousin :

–          Imogène a rencontré voici quelques temps trois vampires. Il semblerait qu’ils ne soient pas les seuls représentants de leur espèce puisqu’un quatrième vampire, légèrement fâché avec le Maître des précédents, a enlevé Imogène et la retient prisonnière non loin d’ici. Je n’ose imaginer le traitement qu’il lui fait subir, bien que j’aie regardé Dracula la semaine dernière. Non, n’appelle pas un psy, mon cas est désespéré. Tu tiens toujours à me prêter main forte ?

Je lui demandai simplement de me déposer à une adresse non loin de là, et qui se trouvait miraculeusement sur le chemin du retour. D’après James, des renforts humains m’attendaient et me véhiculeraient jusqu’au château.

Je pourrais vous écrire une quête épique, dans le style des trois mousquetaires, et vous raconter comment chacun de mes trois compagnons me rejoignit. Sauf que je préfère faire court : nous devions secourir Imogène !

–          Je suis certain qu’elle est capable de se secourir elle-même, commenta Robert.

Robert Dormois, la quarantaine en pleine forme, meilleur ami d’Imogène depuis plus de quinze ans.

–          Alors pourquoi nous accompagnez-vous ? bougonna Perceval.

Perceval McKellen, soixante-cinq ans, oncle d’Imogène. Je regarde avec inquiétude l’énorme marteau qu’il tient dans la main droite. Dans la gauche, une cornemuse. A la réflexion, cette seconde arme est peut-être plus fatale.

–          Quelqu’un, dans cette voiture, croit-il que nous puissions bien sagement boire une tasse de thé en attendant qu’Imogène, blessée peut-être, ensanglantée sûrement, nous rejoigne ? Vous vous imaginez  lui dire : « oh, salut Imogène, nous étions sûrs que tu t’en sortirais, du coup, nous t’avons gardé un peu de thé à l’orange, ton préféré. »

–          Non, répondîmes-nous en chœur.

Personne ne demanda au conducteur, qui respectait scrupuleusement les limitations de vitesse, de rouler plus vite. Là non plus, nous n’avions aucune envie de subir les remontrances d’Imogène, ou de risquer d’avoir un accident, ce qui ne la sauverait pas.

–          Qu’a dit grand-père exactement ? intervint d’ailleurs notre chauffeur à ce moment-là.

Alexander McKellen, fils de Perceval et petit-fils de notre compagnon fantôme. Les trois hommes, fantômes compris, se ressemblent étonnamment.

–          Il a dit qu’Imogène avait été kidnappée par un vampire, rival du vampire que vous connaissez, précisa-t-il en me lançant un regard accusateur.

–          Permettez… je ne le connais pas.

–          J’ai toujours dit à Imogène qu’il fallait qu’elle évite les Magny, intervint Robert, pragmatique. Maintenant que François est en couple avec Toby, elle n’est pas près de les éviter. Cependant, je n’aurai jamais cru possible qu’elle rencontrât des vampires. Parce que je n’ai jamais pensé qu’ils existassent !

–                 Nous non plus ! s’exclama Alexander. C’est tout ce que grand-père a dit ?

–                 Non, reprit Perceval, serrant fortement sa cornemuse contre lui. Il a précisé qu’elle était retenue dans une pièce sans fenêtre, sans doute dans une cave. Elle ne se souvient absolument pas de ce qui s’est passé entre le moment où elle a disparu et celui où elle s’est retrouvée enfermée. Heureusement que papa et Cécile ont pu la suivre.

Cécile, dite « Furie », nouvelle compagne fantôme officielle de James McKellen.

–          Je crois que nous sommes arrivés, (et je ne reconnus pas ma propre voix).

Extérieurement, la demeure paraissait parfaite pour un vampire. Abandonnée, vermoulue, en ruine, disons-le, elle devait pousser promeneurs et cambrioleurs à fuir ce domaine, assez bien isolé. J’entendis Perceval grommeler que même leur château familial près d’Inverness était en meilleur état et que si Imogène s’en sortait saine et sauve, et bien elle risquait fortement d’attraper au minimum un rhume, des allergies, et autres cochonneries nuisibles à la santé.

–          Quelqu’un a un plan ?

Il était un peu tard pour poser la question.

–          Nous y allons, nous la cherchons, nous la trouvons, si besoin nous assommons le vampire pendant que Percy fait diversion en jouant de la cornemuse, et nous repartons.

Je remerciai Robert pour son grand sens pratique. Le regard qu’il me lança par-dessus ses lunettes teintées me fit comprendre qu’il n’était pas dupe : si tout se passait si facilement, nous serions éminemment chanceux.

–          Bon… dis-je Allons-y !

Et tous me suivirent. Avant de nous arrêter net au seuil de la cour. Le spectacle qui se déroulait devant nos yeux nous laissa sans voix.

Enfin, sauf Robert.

– Je vous avais dit qu’elle était capable de se débrouiller toute seule. Il faut peut-être y aller quand même ? Je ne sais pas vous, mais cela me fait un peu mal au coeur de voir ce pauvre vampire en train de se faire massacrer. Je ne savais pas qu’avec une casserole en cuivre, on pouvait faire autant de dégât.