Guillaume Berthier, chapitre XI

Publié 14 décembre 2012 par Sharon et Nunzi

Résumé des épisodes précédents de Guillaume Berthier : Guillaume croyait ne plus entendre parler de vampires, en tout cas, pas au mariage de son cousin. Effectivement, ils n’ont pas troublé l’absence de cérémonie. En revanche, la gente vampirique n’est sans doute pas étrangère à la disparition d’Imogène, clerc de notaire et chasseuse de fantômes.

Il faut se satisfaire de ses défauts et de ses qualités. Voir des fantômes n’a jamais été ma tasse de café au lait, et pourtant, j’étais ravi de voir James McKellen me donner des nouvelles d’Imogène. J’étais moins ravi de ce qu’il était en train de me dire, même s’il m’assurait qu’Imogène n’était pas seule. Heureusement que je savais garder un visage impassible en toutes circonstances.

Benjamin voulut me donner un coup de main. Je lui assurai que la situation était trop dangereuse pour qu’il pût m’aider, et que je me sentirais mieux s’il ramenait Juliette et Bella à Paris (oui, ma sœur était venue accompagnée de son bouledogue et avait produit son petit effet. Vous ne croyez  tout de même pas qu’elle avait trouvé un petit ami juste pour l’occasion ?) J’étais soulagé de ne pas avoir à lui mentir, même si je ne lui avais pas dit toute la vérité.

Vous me voyez dire à mon cousin :

–          Imogène a rencontré voici quelques temps trois vampires. Il semblerait qu’ils ne soient pas les seuls représentants de leur espèce puisqu’un quatrième vampire, légèrement fâché avec le Maître des précédents, a enlevé Imogène et la retient prisonnière non loin d’ici. Je n’ose imaginer le traitement qu’il lui fait subir, bien que j’aie regardé Dracula la semaine dernière. Non, n’appelle pas un psy, mon cas est désespéré. Tu tiens toujours à me prêter main forte ?

Je lui demandai simplement de me déposer à une adresse non loin de là, et qui se trouvait miraculeusement sur le chemin du retour. D’après James, des renforts humains m’attendaient et me véhiculeraient jusqu’au château.

Je pourrais vous écrire une quête épique, dans le style des trois mousquetaires, et vous raconter comment chacun de mes trois compagnons me rejoignit. Sauf que je préfère faire court : nous devions secourir Imogène !

–          Je suis certain qu’elle est capable de se secourir elle-même, commenta Robert.

Robert Dormois, la quarantaine en pleine forme, meilleur ami d’Imogène depuis plus de quinze ans.

–          Alors pourquoi nous accompagnez-vous ? bougonna Perceval.

Perceval McKellen, soixante-cinq ans, oncle d’Imogène. Je regarde avec inquiétude l’énorme marteau qu’il tient dans la main droite. Dans la gauche, une cornemuse. A la réflexion, cette seconde arme est peut-être plus fatale.

–          Quelqu’un, dans cette voiture, croit-il que nous puissions bien sagement boire une tasse de thé en attendant qu’Imogène, blessée peut-être, ensanglantée sûrement, nous rejoigne ? Vous vous imaginez  lui dire : « oh, salut Imogène, nous étions sûrs que tu t’en sortirais, du coup, nous t’avons gardé un peu de thé à l’orange, ton préféré. »

–          Non, répondîmes-nous en chœur.

Personne ne demanda au conducteur, qui respectait scrupuleusement les limitations de vitesse, de rouler plus vite. Là non plus, nous n’avions aucune envie de subir les remontrances d’Imogène, ou de risquer d’avoir un accident, ce qui ne la sauverait pas.

–          Qu’a dit grand-père exactement ? intervint d’ailleurs notre chauffeur à ce moment-là.

Alexander McKellen, fils de Perceval et petit-fils de notre compagnon fantôme. Les trois hommes, fantômes compris, se ressemblent étonnamment.

–          Il a dit qu’Imogène avait été kidnappée par un vampire, rival du vampire que vous connaissez, précisa-t-il en me lançant un regard accusateur.

–          Permettez… je ne le connais pas.

–          J’ai toujours dit à Imogène qu’il fallait qu’elle évite les Magny, intervint Robert, pragmatique. Maintenant que François est en couple avec Toby, elle n’est pas près de les éviter. Cependant, je n’aurai jamais cru possible qu’elle rencontrât des vampires. Parce que je n’ai jamais pensé qu’ils existassent !

–                 Nous non plus ! s’exclama Alexander. C’est tout ce que grand-père a dit ?

–                 Non, reprit Perceval, serrant fortement sa cornemuse contre lui. Il a précisé qu’elle était retenue dans une pièce sans fenêtre, sans doute dans une cave. Elle ne se souvient absolument pas de ce qui s’est passé entre le moment où elle a disparu et celui où elle s’est retrouvée enfermée. Heureusement que papa et Cécile ont pu la suivre.

Cécile, dite « Furie », nouvelle compagne fantôme officielle de James McKellen.

–          Je crois que nous sommes arrivés, (et je ne reconnus pas ma propre voix).

Extérieurement, la demeure paraissait parfaite pour un vampire. Abandonnée, vermoulue, en ruine, disons-le, elle devait pousser promeneurs et cambrioleurs à fuir ce domaine, assez bien isolé. J’entendis Perceval grommeler que même leur château familial près d’Inverness était en meilleur état et que si Imogène s’en sortait saine et sauve, et bien elle risquait fortement d’attraper au minimum un rhume, des allergies, et autres cochonneries nuisibles à la santé.

–          Quelqu’un a un plan ?

Il était un peu tard pour poser la question.

–          Nous y allons, nous la cherchons, nous la trouvons, si besoin nous assommons le vampire pendant que Percy fait diversion en jouant de la cornemuse, et nous repartons.

Je remerciai Robert pour son grand sens pratique. Le regard qu’il me lança par-dessus ses lunettes teintées me fit comprendre qu’il n’était pas dupe : si tout se passait si facilement, nous serions éminemment chanceux.

–          Bon… dis-je Allons-y !

Et tous me suivirent. Avant de nous arrêter net au seuil de la cour. Le spectacle qui se déroulait devant nos yeux nous laissa sans voix.

Enfin, sauf Robert.

– Je vous avais dit qu’elle était capable de se débrouiller toute seule. Il faut peut-être y aller quand même ? Je ne sais pas vous, mais cela me fait un peu mal au coeur de voir ce pauvre vampire en train de se faire massacrer. Je ne savais pas qu’avec une casserole en cuivre, on pouvait faire autant de dégât.

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4 commentaires sur “Guillaume Berthier, chapitre XI

  • Mais quelle équipe !!! Nunzi, je te lis mais je vois défiler le film. Lorsqu’ils sont dans la voiture, je les imagine serrés, la cornemuse au milieu, le conducteur qui roule à 50 km/h… Imogène est bien entourée ! Puis bravo pour les noms !

    • Merci ! Je cherche le physique de Perceval depuis des mois, je l’ai enfin trouvé ! Quant à Alexander, le fiston, j’ai eu une illumination la semaine dernière, et j’ai eu envie de récrire !
      Tu ne peux pas savoir à quel point Imogène est bien entourée ;).

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