Archives

Tous les articles du mois de novembre 2018

Arbre à chats en accusation

Publié 26 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

– Nom, prénom :
– Ducouffin perdu dans la cour, Balmain
– Décrivez-moi les faits.
– Et bien je me faisais tranquillement les griffes sur l’espace de repos en forme de patte d’ours quand boum ! il a glissé sur le côté et moi avec ! J’ai donc voulu me dépétrer, j’ai tiré en arrière, et j’ai presque glissé entièrement du lit. Heureusement le lit est entouré de bac, parce que, parce que…
– Non, mais, vous pouvez le dire, parce que je ne vois pas grand chose et que les bacs m’aident à descendre en souplesse ! Sinon, comment allez-vous ?
– Moi, à peu près bien. Par contre, l’arbre à chats… Il ne semble pas très en forme !

Et oui, tout le monde ne peut pas retomber sur son socle, comme l’arbre de Lisette !

Bonne soirée à tous !

Carnet du grand écrivain – 27

Publié 24 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

Le grand écrivain était en train de travailler quand il entendit distinctement.
– Je suis une buse, je suis véritablement une buse, mais comment n’ai-je pas compris plus tôt ce qui aurait dû me crever les yeux ? J’avais l’évidence là, mais alors là et pfuit ! rien.
Le grand écrivain attendit la suite, qui ne vint pas.
– Hippolyte, il est déjà très embarrassant de vous entendre prendre la parole alors que c’est de MON roman dont il s’agit, mais au moins, ne me faites pas languir, qu’avez-vous découvert ?
Encore le silence.
– Rien, non, c’est… sur le coup, j’étais très fier de moi, je me disais que c’était LA solution, l’évidence pour laquelle Emma était littéralement morte de peur en voyant le visage de son visiteur.
– Le voir couvert de sang aurait pu suffire, non ?
– Non, répliqua, sur un ton presque alangui, Hippolyte. La guerre était déclarée, donc elle s’attendait à voir du sang. Vous savez, grandir à la campagne vous permettait de découvrir assez tôt certaines réalités un peu sanglantes. Non, ce que j’avais cru enfin comprendre avec certitude est tellement… Vous pourriez me trouver très facilement trois ou quatre arguments pour me dire à quelle point ma théorie est perchée, je les ai moi-même trouvés très facilement. Vous l’aurez voulu, je vous livre ma théorie : elle a été effrayée par son visage.
– Oui, mais qu’avait-il de particulier ?
– C’était le sien ! le sien, celui d’Emma, elle avait en face d’elle sa soeur jumelle.
– On l’aurait vu, ça se serait su, on ne peut pas duper l’état civil – encore moins la sage-femme.
Hippolyte se met à énumérer ces raisons – lui qui se targuait de trouver sa propre théorie absurde.
– Dissimuler une naissance n’est pas si dure que cela, il est des exemples pleins les états civils. Cela porte même un nom : les enfants trouvés, abandonnés, ou encore les enfants déclarés nés de parents non nommés, ou inconnus, variantes selon les époques. Il suffit de ne montrer qu’un bébé à la fois, et le tour est joué. Je connais même une jeune femme dont la naissance n’a pas été déclarée, car ses parents ont estimé qu’elle était trop faible pour vivre. Bilan : comme elle s’est accrochée à la vie, il a bien fallu la déclarer ! Aussi vit-elle avec un acte de naissance qui la présente comme trois mois plus jeune qu’elle ne l’est.
Emma nous a dit ne pas avoir de souvenir de son père. Les parents ont pu se séparer, et partir chacun avec une jumelle. Nous n’avons pas fait de gros efforts pour trouver l’acte de décès de son père.
– Et cette généalogiste que nous avons croisée ?
Il lui sembla sentir un léger souffle frais, comme si Hippolyte avait balayé ses paroles d’un geste.
– C’est Julita qui l’intéresse, cette Julita dont nous-même ne trouvons pas la trace. C’est fou comme les vivants, dans cette histoire, se sont évaporés plus vite que des fantômes.
Le grand écrivain toussota.
– Et cette jeune femme, morte dans la ferme de l’est.
Grand geste las d’Hippolyte.
– Une coïncidence parce qu’elle est morte vingt ans avant les faits qui nous occupent. Elle était venue se reposer, tenir compagnie à sa soeur qui y était cuisinière. Pas à demeure, non, ils avaient simplement engagé une remplaçante de confiance pendant l’absence de leur cuisinière titulaire. Reine était malade depuis quatre ans, elle est partie apaisée.
– Moi qui voulais écrire une histoire joyeuse….
– Une histoire joyeuse pendant la guerre, pleine d’armes, de sang, de bombardements, et j’en passe, cela fait de vous un incurable optimiste !

Deux mètres

Publié 22 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

Ce n’est presque rien.

Il ne faut pas en faire toute une histoire.

Puis, ce n’est qu’un griffoir.

Nous ne savons absolument pas comment il a pu se déplacer de deux mètres sur le sol de notre chambre.

D’ailleurs, nous étions tous très occupés sur le lit, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous. Je suis entouré par Salsa, Chanel, Duchesse et Rossignol.

 

Du côté de Galopin, Lisette et Charmeur, ce n’est pas mieux, mais l’on peut féliciter leur arbre à chats pour son atterrissage tout en douceur.

Je vous souhaite à tous une bonne soirée !

Oui, j’ai bougé.

Publié 17 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

La photo est un peu floue. Il faut dire que je suis très occupée pendant mes journées. Je dors, avec des membres différents de ma tribu, je mange, je dors. Je continue à m’exercer avec l’arbre à chats, avec le griffoir, même si ma professeure préférée de pole dance n’est plus. Je suis presque raisonnable.

Sur la photo, à mes côtés, vous pouvez voir Salsa et Chanel. Salsa n’aime pas forcément être pris en photo, mais, pour une fois, il n’est pas coincé dans l’arbre à chats, Chanel doit être en train de regarder son frère Hastings ou sa soeur Balmain, très occupé(e) à se faire beau – ou belle, c’est selon. L’arbre à chats, d’ailleurs, avait fait un magnifique vol plané l’autre matin, et je n’y suis strictement pour rien. Par sécurité, Sharon l’a donc remis en position allongée, puisque c’est la seule qui semble nous convenir.

Je vous souhaite à tous un bon week-end.

Carnet du grand écrivain – 26

Publié 16 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

Foutre à la porte de son imaginaire Alexander McKellen – fait.
Supporter le petit sourire ironique d’Hippolyte de Carduel – en cours.
Heureusement, il ne lui adressa pas la parole directement, non, il préféra s’adresser à Emma et Charles-Marie, encore étonnés par leurs découvertes.
– Nous ne sommes pas seuls.
– Cela devient une habitude, commenta Charles-Marie.
– Comment deux habitations aussi semblables peuvent-elles dégager des ondes si différentes ?
– Je n’ai jamais aimé les discussions philosophiques, j’ai toujours préféré l’action. Suivez-moi !
Emma ne sut pas pourquoi, mais après un temps d’hésitation, elle emboita le pas d’Hippolyte – la seule personne qui lui avait parlé depuis plus de soixante ans, la seule personne à lui avoir permis de quitter cette maison où elle était morte.
– Très sympathique demeure !
Moins que la ferme des Gambelins. Elle aurait eu besoin d’une bonne rénovation. Quelques coups de peinture, des fenêtres à assurer, ne serait-ce que pour empêcher ces courants d’air assommants, ses grincements incessants. A moins de trouver des amateurs de chambres d’hôte qui apprécient cette atmosphère délabrée… Je voulais dire « surannée ».
Hippolyte avançait dans la cuisine, se rendant de pièce en pièce jusqu’à s’arrêter devant un réduit qui avait dû être une chambre autrefois.
– Pour parfaire la gémellité, une jeune femme est morte ici autrefois. Contrairement à vous, elle est partie depuis longtemps.
– En êtes-vous réellement sûr ? demanda Emma, le souffle coupé.
– Oui. Il est des personnes qui ont hâte de passer de l’autre côté, surtout quand elles ont eu une vie bien remplie de souffrance.

Il y a cent ans – hommage à Tifoune, chat normand.

Publié 11 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous

Il y a cent ans, dans la famille de Sharon, on avait déjà des animaux.

Il y a cent trois ans, en 1915, l’arrière-grand-mère de Sharon avait deux filles, un chat, et un mari au front.

Tous les soirs, elle tenait à ce que Tifoune, chat noir et blanc, rentre : il fallait qu’il soit là quand son mari rentrerait, c’était son chat à lui.

Un soir, il ne rentra pas, préférant rester sur le toit. Rien à faire, il ne voulait pas.

Geneviève et ses deux filles entendirent dans la soirée un cri de douleur très humain : le chat était tombé sur les épaules de quelqu’un. Ce quelqu’un, c’était son maître, qui rentrait en permission, et n’avait pu prévenir sa famille à temps.

Carnets du grand écrivain – parenthèses Alexandre Delasier

Publié 9 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

Ecrit en présence de Mirabelle

J’en ai connu des fous, des allumés, mais alors là, je crois que l’on a tenu le pompon.
Je me présente : Alexandre Delasier, propriétaire terrien, qui a toujours cherché à étendre ses territoires, au grand dam de madame Delasier, qui ne supportait pas la vie à la campagne.
J’ai acheté deux fermes, très éloignées l’une de l’autre, deux fermes qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau au point que j’en ai ri, et que madame s’est signée, y voyant une oeuvre pas catholique.
– C’est une ferme, ma mie, n’y voyez rien de mal.
– Tout de même, qui a pu construire deux fermes parfaitement identiques, jumelles, même ?
Je pensais que les deux anciens propriétaires, que je ne connaitrais jamais, avaient fait appel aux mêmes personnes pour construire leur demeure. Je ne me trompai pas. J’ignorai simplement pourquoi, et je le découvrirai bien assez tôt.
J’entendais à l’époque rivaliser avec les vastes fermes. L’une était même la propriété du maire de la commune, qui voulait s’en défaire. Puisqu’un médecin possédait une ferme, pourquoi pas moi ?
Charles-Marie Liénart. Je ne l’ai rencontré que lorsque je suis tombé malade.
– Pas de vin, pas de tabac, du repos.
– Seriez-vous le président de la ligue de la moralité ?
– Non, je suis celui qui essaie de vous garder en vie le plus longtemps possible.
Force est de constater que je n’ai pas complètement suivi ses conseils, j’ai diminué ma consommation seulement, ce qui m’a peut-être fait gagner quelques années, qui sait ? Ce voyage chez mon neveu m’a épuisé. J’ai demandé à me reposer un peu avant le repas, et je ne me suis jamais relevé/réveillé.
Je me doute que les détails de ma morts ne vous intéressent guère, puisque je suis mort paisiblement, dans mon sommeil. Ma femme n’a eu de cesse de vendre mes biens, et de permettre à nos enfants de se bien établir – ce fut plutôt réussi, j’en conviens, et j’ai oublié, un temps, les Liénart et tous les notables de cette charmante bourgade.
Les Gambelins ? Oui, un homme fort travailleur, dur à la tache et à la peine. Je suis content qu’il ait acheté la ferme de l’Ouest. Celle de l’Est, par contre, je m’y suis moins intéressé, puisque je l’ai très vite revendue. Je ne m’y sentais pas bien, c’était difficile à comprendre, et ma femme ne le dit pas, elle était cependant ravie de me voir avec cette verrue en moins. Oui, c’est ainsi qu’en son fort intérieur, elle qualifiait cet autre ferme, comme si elle avait été un double maléfique de la première. Curieux, non, absurde ?
Je me suis renseigné, oui, finalement, j’étais curieux. Un caprice. Oui, oui, un caprice d’un châtelain qui, n’aimant pas être dépaysé en visitant ces fermages, les avaient fait construire tous sur le même modèle. Incroyable, non ?
Son nom ? Je ne me souviens pas de tout, non. Vous savez, c’était un nom à rallonge, un peu comme le gendre du docteur Liénart qui se nommait Antoine Nanterry de Saint-Fargeau de Chenoncelle. D’ailleurs, son nom rimait avec celui du gendre. Ah, voilà, c’est ça : Radicatel. Drôle de nom, non ?
Oui, je suis sûr de moi, ce n’était pas Carduel, il ne faut pas exagérer. Vous avez une dent contre eux ? Ah, pardon, excusez-moi, je n’avais pas fait attention que vous étiez un Carduel. Oui, effectivement, vous vous seriez amusé à faire construire des fermes à droite, à gauche, je pense que vous vous en seriez aperçu.
Charles de Carduel confirma : tenir des registres précis des acquisitions et constructions avait été sa passion sa vie durante. Si jamais des membres de sa famille avait eu l’idée saugrenu d’acheter des terres en Normandie, même en souvenir d’un très lointain cousinage, il le saurait.

Du bon usage de l’arbre à chats

Publié 8 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

Bonjour à tous
Notre arbre à chats est toujours victime de son succès.
Certains préfèrent griffer ailleurs que sur le griffoir.
D’autres dorment dans des endroits qui n’ont pas vraiment été prévus à cet effet.
Voici la preuve en image :

Je me vois mal demander à Salsa si l’endroit est vraiment confortable. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il y est resté suffisamment longtemps pour être pris en photo à plusieurs reprises.

Pour ma part, je préfère tout de même un peu plus de confort et un peu moins de contorsion. Je dois reconnaître que je manque un peu, parfois, de souplesse, contrairement aux autres membres de la tribu.

Je vous souhaite à tous une bonne nuit, ou une bonne journée, selon l’heure à laquelle vous me lirez.

Soucis au Tas de Pierre – 6

Publié 5 novembre 2018 par Sharon et Nunzi

Percy avait été convié à assister à la représentation de Mystère et céréales au chocolat, donnée sur la place de la ville voisine. Tout un programme.
– Franchement, lui avait confié le malheureux instrumentiste après avoir bichonné, chouchouté et mis au repos son trombone, qui a pu avoir l’idée de me subtiliser Bouboune (petit nom du trombone en question), de parcourir une dizaine de kilomètres et de le jeter dans des douves ? Je ne savais même pas que cela existait encore, des douves ! C’est pour le folklore ?
– Non, grinça Percy, c’est pour l’histoire, elles sont là depuis la construction du château.
– Ah ! répondit Stéphane, qui se rendit compte un peu tard qu’il avait fait une boulette. Non, mais elles sont très jolies, vos douves.

En tout cas, Percy, le grand écrivain et le jeune écrivain prirent place dans les tribunes – l’avantage d’être un écrivain, même connu, c’est de pouvoir se déplacer partout sans attirer l’attention des paparazzis. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient. Non, parce qu’après le spectacle, dans lequel Stéphane chanta à défaut de jouer, le photographe de la troupe s’approcha et dit au grand écrivain :
– Vous ressemblez énormément à Alexandre Lebrun.
– Ravi de le savoir, commenta sobrement le grand écrivain.

Une fois rentrée au Tas de Pierre, devant un très bon repas qui avait mis aux oubliettes l’idée même de porridge (l’illustre écrivain était toujours étonné de voir que Percy savait cuisinier), le grand et le jeune écrivains avaient échangé au sujet de leur pratique d’écriture, échange qui s’était poursuivi dans leur chambre – Illustre avait déplacé son lit pliant de compétition dans la chambre du jeune écrivain, pour papoter plus à son aise.

– Qu’écrivez-vous, au juste, actuellement ?
– J’essaie de terminer un roman qui montre le malaise des jeunes vingtenaires de la société actuelle, leur incapacité à choisir à cause d’une hyper sollicitation dont ils sont les victimes. ils errent, de jour, de nuit, à la recherche de quoi ? Eux mêmes ne le savent pas.
– C’est bien joli tout ça, mais je ne connais aucun de ses jeunes. Non, non, ce n’est pas que je ne connais aucun jeune, c’est simplement que les amis de mon fils, et mon fils lui-même, sont hyper carré. Son beau-frère – le frère de ma belle-fille, donc, vient d’obtenir l’agrégation d’histoire, et il commence sa thèse à la rentrée, tout en enseignant dans un collège de campagne. Les cinq enfants de Percy ont une vie professionnelle stable, et si sa fille aînée écrit des romans érotiques, ce n’est pas au détriment de son métier au ministère de la marine. Sa nièce est clerc de notaire, connaissez-vous un métier plus rasoir ? Moi non. Pourtant, je n’ai pas l’impression qu’ils soient déconnectés des réalités de la vie !

Comme pour confirmer ce qu’il disait, les échos de la conversation que Percy menait avec sa seconde fille leur parvenait : elle préparait une manifestation pour le club d’ornithologie local. Tout un programme.