Guillaume Berthier – juillet 2021 3ème partie

Publié 11 juillet 2021 par Sharon et Nunzi

« – Commandant Berthier, je ne veux pas dire, mais vous ne mettez pas d’allant à cette nouvelle enquête.
– Capitaine Legrice, je vous aime bien. Cependant, votre fantôme n’a rien de mieux à faire ?
– Aujourd’hui, non. Puis, une enquête peu dangereuse, c’est sympa. »

Feu le capitaine Legrice sur ses talons, Guillaume Berthier retourna sur les lieux du vol.
– Qui a eu l’idée de transformer ce bâtiment en musée ?
– Quelqu’un qui voulait un musée dans cette ville. Une rue des plus calmes a été choisie. C’est l’ancienne demeure d’un notaire, mort en 1924. C’est à la libération que ses descendantes ont cédé cette maison à la ville pour qu’elle devienne notre musée des Beaux-Arts.

Les relevés d’empreintes ? Magique comme tout le monde aujourd’hui connaît ce procédé. Soit il n’y en avait pas, soit il y en avait trop. Le capitaine avait cru l’enquête résolue en découvrant un beau jeu d’empreintes sur le rebord de la fenêtre – celle du gardien.
– Les dix doigts, appuyés fermement ? Il aurait tenu la sculpture entre ses dents ou en équilibre sur la tpete ?
C’était pourtant d’une simplicité exquise : le gardien, Simon Tiersal, s’ennuyait énormément et ne s’en cachait absolument pas. Alors, quand il n’y avait aucun visiteur dans les salles du premier étage, il s’appuyait sur le rebord de la fenêtre, toujours ouverte pendant la « belle saison » et regardait ce qui se passait dans la cour intérieure, qui menait au second bâtiment du musée. Soyons clair : il ne se passait jamais rien. Prendre l’air était plus agréable, c’est tout. Puis, il se replongeait ainsi dans son élément naturel, c’est à dire réfléchir plus commodément aux prochains entraînement de ses poussins, à leurs prochains matchs. L’équipe était au milieu du classement, et il ne souhaitait pas qu’ils déméritent.

La dame de l’accueil fut à nouveau cuisinée. Elle avoua s’ennuyer énormément, encore plus que quand elle ne travaillait âs. Non, elle ne songeait pas à démissionner. Quitte à s’ennuyer, elle préférait être payée pour cela.
Elle ne se souvenait pas forcément des visiteurs. Elle se souvenait cependant qu’aucun n’avait attiré son attention. Puis, comme elle devait noter les codes postaux de leur habitation, elle pouvait certifier qu’ils étaient tous de la région. Non, aucun n’était venu deux fois, s’agaça-t-elle, cela aussi aurait attiré son attention.
– Quand on a vu l’exposition une fois, on n’a pas nécessairement envie de la voir deux !

Tanpuech serait présent le lendemain, pour la réouverture du musée. Il donnerait une interview à la presse.
– Je croyais que les journaux n’avaient pas été mis au courant.
– C’est le cas. C’est pour cette raison que, pour détourner l’attention d’un événement que tout le monde ignore, Tanpuech nous fait l’honneur de donner une grande interview à notre Canard Local (note du commandant : oui, le journal s’appelle bien ainsi « Canard local ».)
Le sculpteur ne demanda même pas que la sécurité du musée soit renforcée. Si tant est qu’il y avait vraiment une sécurité dans ce musée. Ce n’est pas que l’alarme avait prouvé son inefficacité, c’est plutôt qu’elle avait prouvé que personne ne faisait attention à elle quand elle se déclenchait, eu égard à ses multiples dysfonctionnements.
– Il serait presque drôle, souligna Tanpuech, qu’un second vol ait lieu. Presque, insista-t-il en voyant l’air furieux du conservateur. Ce col est une grande première pour moi aussi, je vous le rappelle, je veux comprendre le pourquoi de ce larcin.
– Vous me semblez extraordinairement serein, tonna le conservateur.
– Oui. Je ne vais pas vous dire « non », c’est « oui ». Je viens de terminer mon ultime sculpture pour ma prochaine exposition. Je me sens soulagé d’avoir réussi à terminer à temps. Le vol n’est pas de mon ressort, il n’est pas arrivé chez moi, dans mon atelier, il n’est pas arrivé pendant le transport des sculptures que j’ai faites. Par conséquent, oui, je suis serein parce que je n’y suis pour rien. Et comme je ne suis pas policier, je n’ai même pas à enquêter. Donc, oui, je me répète, je suis serein. Et je reprendrai bien une tasse de ce délicieux thé que madame Cuisner nous a apporté.
Pour ceux qui se demandent « mais qui est madame Cuisner ? » c’est la « dame de l’accueil ». Il était temps que quelqu’un l’appelle enfin par son nom, n’est-ce pas ?

6 commentaires sur “Guillaume Berthier – juillet 2021 3ème partie

  • Votre commentaire

    Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

    Logo WordPress.com

    Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

    Photo Google

    Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

    Image Twitter

    Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

    Photo Facebook

    Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

    Connexion à %s

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

    %d blogueurs aiment cette page :