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Ecrivons un peu – Guillaume Berthier

Publié 16 septembre 2021 par Sharon et Nunzi

J’ai voulu faire un petit exercice d’écriture. Histoire de me dire que j’étais encore capable d’écrire.

– Et bien Guillaume ? Vous n’enquêtez pas ?
Le fantôme du capitaine Legrice pouvait être parfois très casse-pied.
– Non. Tout est calme en ce moment. Aucun souci dans la belle ville de Givay les Ravenelles. (Oui, la ville très tranquille où Guillaume avait été affecté pour se mettre au vert avait un nom qui valait son pesant de cacahouète). Aucun non plus à Sacaille, ce qui tient de l’exploit olympique. Je peux donc penser tranquillement à ma garde-robe.
– Euh… Guillaume, je ne veux pas vous faire de peine, mais votre garde-robe est d’une extrême banalité.
– Je sais bien. Cependant, je viens de lire un roman policier dont j’aurai la charité de taire le nom (je ne suis pas blogueur, ni critique littéraire, je suis donc dispensé de rédiger quoi que ce soit sur ce livre, je me contenterai de le mettre dans une boite à livres), l’enquêtrice passe un temps fou à chercher les « bons » vêtements, pour faire ceci, pour faire cela. J’avais envie de lui dire : « ma cocotte, tu es là pour enquêter. On s’en fout de commet tu es habillée, on se doute bien que tu n’es pas en bikini ! Alors arrête de regarder ta collection de pull, de pantalons, de manteaux, arrête de coordonner les accessoires entre eux on s’en fout ! Jamais un suspect ne se souviendra de la couleur de mes chaussettes, c’est une certitude.
J’hésite donc : pour ma prochaine enquête, lequel de mes dix jeans vais-je mettre ? Et les pulls ? Vais-je continuer à prendre le premier pull propre sur la pile, ou chercherai-je à l’assortir avec le bleu ou le noir de mon jean ? Vaste débat. d’autant plus que je ne possède que deux paires de chaussures et une paire de baskets, alors que ma soeur en possède cinquante. Je vous rassure, je ne les lui emprunte pas.
(Note de l’autrice : Guillaume et sa soeur chaussent tous les deux du 43 – quand on est un homme, ça va. Quand on est une femme, on galère).
Hélas, le calme ne devait pas durer. Jean-Aymar de Fournier, libraire de son état et beau-père du maire de Sacaille, devait constater que le musée avait été non pas cambriolé, mais tagué. Si, si, tagué. Et en plein jour ! Le matin, il n’y avait rien, le midi, il y avait… quelque chose. Trois fois rien. Une petite phrase quasiment anodine, comme un message pas forcément dirigé contre ce musée « L’art, on s’en fout ».
Le directeur aussi.
– L’abruti qui a fait cela m’offre une pub gratuite. Un peu de plus, on pourrait presque croire que c’est moi qui ai fait cela, si ce n’est que je déteste me salir les mains. Bon courage pour votre enquête. »
Guillaume n’en avait pas tant besoin que cela. Au risque de choquer, l’art était bien au-dessus d’un tag.