Archives

Tous les articles pour la journée du 1 juin 2020

Vous reprendrez bien un peu de nouveauté ?

Publié 1 juin 2020 par Sharon et Nunzi

Allez, pendant que Pétunia ou Lavande ou les deux à la fois dorment auprès de Lisette, pendant qu’Hastings mange ses sachets au thon, ou au saumon, vous reprendrez bien un peu des aventures du maire de Sacaille ?

Loïc avait l’impression que Jean-Robert, son adjoint, passait son temps dans son jardin. Ou plutôt, il passait son temps sur un escabeau à regarder sa haie pousser et à discuter avec le maire, c’est à dire Loïc.
– J’ai fait un cauchemar la nuit dernière : j’ai rêvé que Chris et vous, vous vous mariiez.
– C’est sympa, répondirent-ils en chœur.
– Ah, non, là, ce n’était pas la partie cauchemar, vous savez que je souhaite de tout mon cœur vous unir (et Jean-Robert, ayant lâché l’escabeau pour mettre les deux mains sur son cœur, faillit dégringoler). Non, je rêvais que j’arrivais à la mairie et que je présidais la cérémonie en caleçon. Puis, au cours du repas de mariage, nous dégustions en dessert une pièce montée garantie sans gluten. C’était immonde !
– Ah, je ne sais pas, commenta Loïc, je n’ai jamais goûté. Puis, comme je ne suis pas intolérant au gluten, et Chris non plus, je ne vois pas pourquoi je compliquerai l’existence de nos sœurs. Oui, précisa-t-il à Jean-Robert, étonné, ma sœur, Lisurielle, et la sœur de Chris, Clémentine, ont l’intention de s’investir énormément dans ce mariage, s’il a lieu. Je vous rappelle que je n’ai pas encore fait ma demande.
– Et je te rappelle, dit Chris, que ce n’est pas parce que j’ai dix ans de moins que toi que je ne peux pas la faire, la demande.

Jean-Robert resta un moment sans voix. Puis faillit poser une question. Se retint. Faillit à nouveau. Puis, vu le regard noir que lui avait lancé monsieur le maire de Sacaille, un exploit quand on a les yeux bleus, il se rendit compte subitement qu’il avait quelque chose d’impérieux à faire à l’intérieur de sa demeure. Il ne savait pas exactement quoi, mais il trouverait, il en était certain. Oui, le mariage était un sujet sensible, qui avait été lancé il ne savait plus trop comment. Jean-Robert rêvait de marier un maire dans sa carrière. Problème : le maire n’envisageait pas vraiment le mariage, cela ne faisait pas partie de, je le cite, ce qu’il avait envisagé dans la vie. s’en étaient suivis des échanges assez virulents avec Chris, qui envisageait très bien le mariage de son côté, question de génération.

Ecriture – un peu de nouveauté

Publié 1 juin 2020 par Sharon et Nunzi

Les carnets du grand écrivain sont en pause, mais nous ne désespérons pas d’écrire le mot « fin » un jour. En attendant, pendant le confinement, Sharon a écrit d’autres textes. Ce n’est pas tant un extrait que nous vous proposons aujourd’hui, plutôt une variation sur le thème confinement/déconfinement. Nous restons persuadés que certains sont déjà en train d’écrire le roman ou le film du confinement ! En attendant, venez découvrir Loïc et Jean-Robert, respectivement maire et adjoint au maire de Sacaille, charmante bourgade de cinq cents habitants.

Loïc était en train de dresser la liste de tout ce qu’il faudrait prévoir en cas de nouveau confinement. Pas en tant que maire, non, là, il n’avait pas eu de gros soucis, les sacaillais avaient scrupuleusement respectés le confinement. Même en respectant le confinement, certaines situations personnelles pouvaient devenir compliquées. La preuve avec la liste suivante :
– déménager à plus d’un kilomètre de chez sa soeur. Rien, en effet, ne lui avait interdit, pendant le confinement, de venir prendre de vos nouvelles, en restant au beau milieu de la chaussée, pendant que vous tentiez tranquillement de boire votre café, fenêtre ouverte de la cuisine ;
– convaincre votre voisin et adjoint au maire de ne pas entreprendre de travaux divers et variés pendant le confinement. Geste barrière, oui, laisser son adjoint sur le toit de sa maison parce que son échelle avait glissé, non. C’est vrai que pendant le confinement, on s’ennuie. La preuve : il était au point qu’il regardait ses grains de courge germer ;
– ne pas manquer de graines de courge ;
– être toujours en ménage avec Chris pour le prochain confinement. Même si c’est dans cinquante ans.

Quand le confinement avait été annoncé, ils avaient eu le choix ; après tout, ils ne vivaient pas (encore) ensemble, ils auraient pu se confiner chacun de leur côté. Cela aurait été trop dur. Alors oui, ils avaient eu de légères frictions. Loïc n’aurait jamais cru que Chris mangeait de manière si différente de lui. Certes, ils avaient déjà passé des week-end ensemble, c’est d’ailleurs à cette unique occasion que Loïc avait trouvé le chemin de la boulangerie, il n’aurait cependant pas cru qu’une dispute éclaterait un beau matin, après trois semaines de confinement.

– Loïc, je t’aime, mais manger des grains de je ne sais trop quoi germées au petit dej’, je ne peux pas. Je vais me faire une attestation pour faire les courses, et je vais me chercher de la nourriture mangeable.
– Mais tu peux tenir une journée sans pain au chocolat !
– J’ai mangé hier soir une salade de blé et de tomate, hier midi, c’était pois chiche et épeautre – je ne savais même pas ce que c’était. Avant-hier, carottes, petits pois et riz, et le jour d’avant, quinoa, et encore avant lentilles corail. J’ai besoin de ma dose de gras quotidienne – parce que, deux matin de suite, j’ai eu du porridge !

Pour tenter de… non, pas de sauver son couple, il ne faut pas exagérer, mais d’apaiser la situation, Loïc voulut faire un gâteau. Avec des oeufs. Ouf. Avec peu de sucre. Et de la farine de riz complet. Une expérience à vivre, et Chris salua son effort.
La dernière résolution fut donc : avoir toujours un kilo de farine et un kilo de sucre d’avance. Et des croquettes pour le chien de Chris. Même si, finalement, il n’en avait pas manqué.