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Carnet du grand écrivain – 19

Publié 15 septembre 2018 par Sharon et Nunzi

[Le lien entre les deux chapitres est à faire. ]
XI Hippo retourne à la ferme des Gambelin – qui n’a plus rien d’une ferme, plutôt d’une résidence secondaire luxuriante. Elle n’est pas située au bord de la route, il faut vraiment prendre le chemin, dissimulé par quelques arbres, pour s’y rendre. Ils sont suffisamment haut pour avoir déjà été là en 40 [détails peut-être inutiles que ces arbres. Mais je visualise bien la ferme, sise à l’écart, que l’on voit à peine de la route principale. Question à résoudre : pourquoi s’y rendre ?]
Hippo avait rendez-vous avec quelqu’un, quelqu’un qu’il lui semblait bien avoir reconnu, quand il avait traversé la ville avec Emma.
– Charles-Marie, j’aimerai vous dire que c’est une joie de vous revoir, ce n’est pas tout à fait le cas, nous ne nous voyons que dans des conditions dramatiques.
Charles-Marie n’est pas grand, maigre, quasiment chauve. Il a cependant un maintien aristocratique et un regard franc. a cependant une prestance, un charisme, dirait-on, qui attire l’attention, tout comme son regard, franc, direct.
– Je suis de retour dans votre ville, dit H.
– Ma ville. Elle a bien souffert en 40. Je n’étais pas là, j’habitais avec ma fille Claire qui avait besoin du soutien moral de son père perclus de rhumatisme pendant que l’on réquisitionnait le château de ses garçons. Et un être à demi-infirme est très peu soupçonné. Je n’étais pas là pendant ces années. Je connais cependant les Gambelin. Des personnes rares. Des personnes qui sont exactement ce qu’elles paraissent être. Et si confusion il y a eu, ce n’est pas entièrement de leur faute. J’ai même découvert des événements dont je n’avais pas entendu parler à l’époque – mon fils ne m’envoyait que des nouvelles très succinctes, par crainte d’attirer l’attention sur les activités de proches.
– Qui avait intérêt à substituer Emma à cette Julita ? Et pourquoi personne n’a cherché la tombe d’Emma, même les Gamelins qui trouvent grâce à vos yeux ?
– Emma devait être enterrée au cimetière dit « de l’hospice ». Il a été bombardée trois semaines plus tard. Plus de cimetière, un chaos total.

– Les bombardements ont commencé à onze heures, Jules Gambelin était au champ, il a pris la décision de fuir avec Guillaume – et Emma. Quand ils l’ont trouvé, ils ont cru que les allemands étaient déjà passés par là.
H marqua un temps d’arrêt. Il était pourtant persuadé, enfin, rien ne lui indiquait qu’Emma ait été assassinée.
– Hippolyte, vous êtes toujours aussi sensible. Vous trouverez vous-même la solution.
– La maison a été mise à sac.
– Comme presque toutes. C’est peut-être aussi pour cette raison qu’Emma a perdu quelques souvenirs.
H remercia Charles-Marie, il allait continuer ses recherches – CHM lui confia deux noms de fantômes qu’il pourrait …. invoquer ? [trop de fantômes nuit aux fantômes mais après tout, c’est un roman de fantôme] H se demande s’il ne devrait pas aller chercher Emma au vue des nouveaux éléments de ce qu’il faut bien nommer une enquête.
– Je vous quitte en vous annonçant une nouvelle qui devrait vous réjouir. Géraud de Santeuil s’est trouvé un nouveau personnage historique dont il meurt d’envie d’écrire la biographie. Moi !
Eclats de rire discrets et émus.
– Il tient absolument à m’innocenter complètement des deux meurtres que je n’ai jamais été accusé d’avoir commis.
– Souhaitons-lui d’être à la hauteur de ce vaste projet.