Archives

Tous les articles pour la journée du 8 septembre 2018

Carnet du grand écrivain – 18

Publié 8 septembre 2018 par Sharon et Nunzi

XI Réanimer un fantôme, ce n’est pas du gâteau, Hippolyte et Charles vous le diront. Ce dernier considère néanmoins que c’est un excellent sujet d’études pour quiconque voudrait bien s’intéresser … et bien au sujet en question.
Hippo était content, il avait l’impression que l’on avançait, même si c’était encore assez vague.
– Ce qui m’ennuie le plus, c’est qu’il est forcément quelqu’un qui sait. Même plusieurs personnes. Celui qui conduisait la voiture, la personne qui était là l’arrière, savent qui elles étaient, comment elles en sont arrivées là et pourquoi elles étaient là.
– La guerre, murmura Charles Emma. La guerre est simplement arrivée chez nous, et elle est repartie.
– Oui, mais… il est des éléments étranges. Même si vous avez récupéré une partie de vos souvenirs, je sais qu’il en manque encore. Je vais travailler là dessus. Je vous laisse, profitez bien de cette belle journée dans ce magnifique parc.
Hippo s’eclipsa (au sens propre du terme). La vie après la mort d’Emma a tellement changé qu’elle ne sait plus quoi dire.
– Je me suis souvenue à quel point j’étais sereine, le jour où je suis morte. C’est étrange, non ? C’était la guerre, et j’étais calme. Peut-être parce que je n’avais personne pour qui m’inquiéter.
– Je comprends. La veille de l’agression de Tugdual de Santeuil, j’étais aussi heureux que possible. Ma nièce au second degré allait se marier, mes enfants se portaient bien, Louis de Nanterry m’avait réservé une chambre confortable dans laquelle j’avais dormi merveilleusement bien jusqu’à ce qu’on vienne me réveiller pour chercher Tugdual. A vrai dire, réveillé en plein sommeil réparateur, je ne me souvenais même plus de qui était ce Tugdual, il m’a fallu cinq bonnes minutes pour me souvenir, et moins d’une heure pour le retrouver. Les parents de Tugdual étaient fous d’inquiétude, Louis de Nanterry est entré dans une fureur que rien ne viendrait apaiser.