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Carnet du grand écrivain – 14

Publié 4 août 2018 par Sharon et Nunzi

Intérieur nuit. Dans le grenier du château de famille d’Hippolyte et Charles.

VIII
Emma : je ne me souviens pas des bombardements.
Charles : vous êtes morte le jour où tout a commencé.
Hippolyte : je n’étais pas loin.

H se souvenait maintenant. En juin 40, il était sur les routes normandes, avec ses descendants, ou plutôt ceux de son frère, qui s’étaient malencontreusement aventurés en Normandie, et tentaient de regagner la Bretagne. Ils étaient passés à moins de cinq kilomètres du lieu où Emma était morte. Il avait senti le danger, et la mort qui rôdait. 18 morts. Certains diraient que c’est peu. Lui dit que c’est dix-huit morts de trop.
– Si vous étiez si près, pourquoi n’êtes-vous pas venu jusqu’à moi à ce moment ?
-Les neuf dixième de la population de la ville ont fui, vous avez fait partie de ceux qui sont restés. Nous étions déjà loin quand la ville fut bombardée. En revanche, je connais quelques [il hésite sur le terme à employer] noms liés à cette ville. Peut-être vous disent-ils quelque chose ?
[Il énumère : Flandrin, Liénard, Lemasson, Leffort. Rien. Ces maîtres se nommaient Gamelin, nom parfaitement inconnu de Hippo et son neveu].
– Pourquoi êtes-vous restée ?
– Je ne sais pas. Je crois que les Gamelin n’avaient pas l’intention de partir. Ils [elle cherche dans sa mémoire] ne croyaient pas que c’était … possible que les allemands viennent jusque là. Après, quand il était trop tard, ils se sont dits que c’était aussi bien de ne plus bouger. Ils sont restés longtemps dans la cave.
Hippo dit que c’est bien, la mémoire post-mortem lui revenait. Soudain, il se figea et dit : « pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? »

[Je me suis d’ailleurs fait la même réflexion en écrivant ses mots. Pourquoi n’ai-je pas pensé à certains développements de l’intrigue plus tôt ?]

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