Poésie du 1er décembre

Publié 1 décembre 2016 par Sharon et Nunzi

Aube
J’ai embrassé l’aube d’été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombre ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ville elle fuyait parmi les   clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.

Arthur Rimbaud

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8 commentaires sur “Poésie du 1er décembre

  • Un de mes poèmes préférés de Rimbaud (je ne les aime pas tous), il est vraiment synonyme d’insouciance et de printemps de la vie. Gros câlins ma belle Nunzi !
    P.S. : je crois que ta papatte a fourché, il y a un « 16 » dans l’avant dernière phrase, on ne sait pas trop ce qu’il fait là ! 😆 Tu n’as pas tu te faire les ongles ! 😀

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