Les plumes d’Asphodèle – janvier 2016

Publié 16 janvier 2016 par Sharon et Nunzi

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Les mots à placer étaient jour, gentillesse, motivation, coupable, fer, almanach, visite, éparpillement, dilettante, farandole, insomnie, maison, passe-partout, plaisir, poésie, éclaircie, tempête, mélancolique, serpillière, agacement, chaleur, respirer, minuscule et syncopé.

Vingt-cinq ans que je t’attends.
Flûte, cela a été un peu chiant.
Cela fait combien de jour, au fait, vingt-cinq ans ?
Une vraie farandole.
Ne me dis pas que tu te sens coupable.
Tu provoquerais chez moi un minuscule agacement.
Il n’est pas si facile de vivre.
Puis, je n’ai pas choisi de quitter notre maison si tôt.

Déjà vingt-cinq ans ?
Le temps a passé si vite.
Chaleur, tempête, éclaircie.
Moi seule ici,
toi pas tout seul là-bas.
« Vous me voyez, Tircis, triste et mélancolique »
C’est de qui, déjà ?

Molière, le malade imaginaire.
Le plaisir de la poésie
Je le lisais quand je suis parti
En dilettante
Peu de motivation,
Quelques insomnies
Puis cet accident
Comme une blessure
Au fer rouge
Qui m’empêcha de respirer

A ceux qui nous lisent
je vous dirai « ne soyez pas tristes pour nous »
Nous sommes ensemble maintenant
Puis, qu’est-ce que c’est que vingt-cinq ans ?
Nous ne sommes pas réunis dans la même tombe, et qu’importe ?
La mort se moque des éparpillements
Les âmes aimantes vivent hors du temps.

A ceux qui diraient : « trop de gentillesse, trop de niaiserie
Il n’y a rien après la vie ».
Je les rassure : nos fantômes ont trop à se dire
pour que nous leur rendions visite.
Vous ne prendrez pas d’almanach sur la tête,
ni de serpillière sur vos chaussettes.
Quoique… ce serait drôle, non ?
De terminer ce texte sur une note comique
plutôt que de répéter,
sur un rythme syncopé
que cela fait vingt-cinq ans que je t’attends.

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27 commentaires sur “Les plumes d’Asphodèle – janvier 2016

  • La mort est longue, mais la vie finit toujours par la retrouver…
    J’aime beaucoup ce vers :
    « Les âmes aimantes vivent hors du temps »
    Ton texte est un véritable beau poème que j’aime beaucoup.

    PS – C’est le jour des compliments : j’adore la présentation de ton blog 😀

  • Hé bien, je suis bouche bée, scotchée ! C’est la première fois que je lis un poème chez toi et franchement …je suis agréablement surprise, c’est très beau, très émouvant ! 😉 A refaire ! 🙂 Gros câlins chaleureux ma Nunzette et mes amitiés à ton époux et à ta nombreuse famille ! 😀

      • Mais si, il y aura des jeudois poésie où tu pourras nous montrer de quoi tu es capable ! Si tu le sens bien sur mais je n’en doute pas une seconde ! Chablis doit souffler ! Moi je viens de finir de taper ma recette pour Syl alors que je n’ai pas encore lu toutes les plumes, soyons fous, olé ! 😀

  • Ben dis donc !!!!!!!!!!!! Tu as un talent caché ! Ton poème est sublime, plein d’amour dans la tristesse qui se teinte malgré tout d’une touche d’humour, dans doute pour ravaler les larmes retenues depuis longtemps !
    Vraiment ton texte me touche, m’émeut beaucoup…….
    Ce ne sont pas des mots jetés pour plaire mais vraiment pensés !!
    BRAVO

    • Merci Ghislaine : oui, ce furent des mots pensés, pas des mots jetés pour plaire – et j’étais prête à ce que le texte ne plaise pas. Pour moi, j’avais essayé d’être au plus juste du ressenti, du vécu aussi, et c’est ce qui importait.
      Oui, l’humour était là pour cela.
      Encore merci Ghislaine.

    • Non, effectivement.
      Au départ, c’était radio-louveteau qui devait être aux plumes, mais les mots ne prenaient pas place dans le texte. Alors, plutôt que d’écrire un texte qui n’aurait plus rien à voir avec mon point de départ, je me suis souvenue de la phrase dite quelques heures plus tôt (par Sharon) : « il l’attend depuis vingt-cinq ans » ou une phrase approchante et c’est en pensant à eux que j’ai écris ce texte.
      Merci Thiebault.

  • Extrêmement original et bien vu, Nunzi !
    Et puis…non ce n’est pas triste. Il n’y a que nos sociétés artificielles pour considérer que la mort ne fait pas partie de la vie.
    ¸¸.•*¨*• ☆

  • Je crois qu’en un seul poème tu as trouvé l’essentiel : les mots pensés et qui ne sont pas là pour plaire et un texte que l’on a du mal à relire, merci pour ce rappel du vrai ; j’espère aussi que tu participeras aux jeudis poésie d’Asphodèle, ta plume le mérite. Bises

  • J’espère que tu n’es pas toujours devant la porte du garage à attendre ta dulcinée ! Il fera nuit bientôt mais avec l’éclairage… qu’est-ce que je chante, moi ? 25 ans, mais que c’est mignon ! Je soupire, il y a plus de 45 ans qu’il m’a trouvé, le mien !
    C’est chouette ce poème léger comme il se doit pour honorer le n°48 des plumes ! Bises à tous les deux… c’est bien ça ? Je m’y perds moi, avec tous ces nouveaux noms ! 😀

    • Léger : non. Et il n’est pas devant la porte du garage, il est dedans la tombe.
      Disons qu’ils s’étaient trouvés, qu’ils ont partagé le même toit sept ans (ou six ? je ne suis pas très sûre du nombre) et qu’après vingt-cinq ans, elle vient de le rejoindre.
      Bises.
      Sharon et Annunziata dite Nunzi.

      • oh pardon ! Voilà ce que c’est que d’arriver avec mes gros sabots ! Je viens de relire le texte, certains mots m’avaient échappé, rien n’excuse mon étourderie et ma légèreté. Ce poème prend une dimension différente, tellement éloignée de mes commentaires « humoristiques » ! Un réel pourtant que je connais mais que je chasse de mon esprit puisque je n’y peux rien changer. Je te (vous) embrasse; 😉

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