Journal d’une louvetelle garou – 2, deuxième partie

Publié 19 octobre 2015 par Sharon et Nunzi

Course d’orientation avant les vacances. Notre nouveau professeur d’EPS (un non-lupin !) a eu cette idée géniale. J’ai pourtant clairement entendu monsieur Trukensky lui dire que c’était une mauvaise idée, une très mauvaise.
– Primo, ils ne vont penser qu’aux vacances. Deuxio, il y a des frites à la cantine ce midi, quasiment à volonté. Je suis sûr que certains élèves dont j’aurai la gentillesse de taire le nom vont en manger une dizaine.
– Ah, une dizaine de frites ?
– Non,une dizaine d’assiettes. Les louveteaux sont un fléau pour les patates.
Je tairai chastement le nom de mes camarades de classe qui se sont ainsi goinfrés. Surtout qu’on pouvait très facilement les voir, assis à côté de la piste de course, en train de digérer, sous les exhortations virulentes de notre nouveau professeur d’EPS (il faudra tout de même que je retienne son nom un jour).
Alors que je courais lentement (il ne faut pas exagérer tout de même), je vis Anatole Sganou passer en trombe devant moi, ce qui fit taire un temps notre prof. Il faut dire qu’il était poursuivi par une tornade chevelue (la barrette qui tentait de comprimer la liberté capillaire de ses tifs ayant abandonné sur forfait blessure). Iseult Marengo, ma copine, courait après Anatole pour lui mordre tout partie de son corps qu’elle parviendrait à mordre – vaste programme.
– Mais pas du tout ! dit Iseult dans le bureau du directeur, dans lequel je l’accompagnais en temps qu’amie, délégué et secouriste. Je voulais simplement le dissuader de convaincre son petit frère pas encore né de sortir avec ma soeur qui naitra en décembre. Il a osé me répondre que ce n’était ni son problème ni le mien. Du coup, j’ai eu envie de le fusituler, je me suis contentée de le mordre !
Notre principal acquiesça, preuve qu’il avait compris ce qu’elle voulait dire.
– Iseult, si l’on fusitulait tout le monde, notre meute serait décimée, et tu n’en as pas envie. Alors même si Enguerrand Sganou voulait devenir le petit ami d’Ermengarde d’ici une quinzaine d’années, dis-toi que cela serait toujours mieux que de le voir fréquenter …. un loup de la meute de l’est.
– Ah, non, pas la meute de l’est, ils sont tous réacs !
– Bien, nous nous sommes compris. Pour la peine, tu me rangeras le tout nouvel arrivage de pansement et de désinfectant à l’infirmerie. On vient d’en utiliser une grande quantité.
Iseult accepta immédiatement.
C’était tout de même bien d’avoir un principal qui appartient à notre meute. Il nous comprenait. Puis, j’avais ainsi appris le prénom du prochain Sganou.
Gentiane Du Coussinet Tordu.

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