Manifestation chez les louveteaux.

Publié 12 octobre 2015 par Sharon et Nunzi

– L’écriture est-elle le reflet de la réalité ou se doit-elle de créer son propre univers ?
– Fabrice, tais-toi !
– Merci les amis ! Si je parle, si vous m’entendez, c’est que je suis vivant !
– Nous sommes surtout très cabossés ! commenta monsieur Trukenski, qui pourtant en avait vu d’autres.

Et oui, l’ensemble des professeurs, des surveillants, du personnel pour tout dire du pensionnat des louveteaux était allés manifester à la capitale pour protester contre un projet de loi visant à forcer les louveteaux garous à n’aller que dans des établissements pour garous. Vous allez me dire : il est paradoxal que l’on milite pour une loi qui, après tout, vous favorise. Certes. C’est une chose d’être scolarisé dans une école de votre plein gré. C’en est une autre d’y aller parce que l’on a le choix que d’être scolarisé ici, et pas ailleurs. A longs termes, il était aussi question de n’engager que des professeurs garous – et de leur interdire d’enseigner ailleurs. Vampire et fantômes bienvenus, l’éducnat a du mal à recruter.

Parents et élèves s’étaient joints aux très nombreux personnels éducatifs des différentes écoles lupines de France et de Navarre. Un journaliste avait interviewé Gaël de Nanterry et lui avait malencontreusement rappelé… qu’il n’était pas vraiment un garou. Avait-il peur de perdre son emploi ?
– Cher monsieur, je suis lycanthranpologue et vampirologue, tout en assumant l’intérim depuis deux ans maintenant. Les lupins ne peuvent se passer des humains. Pourquoi les humains devraient-ils se passer de nous ?
– Les parents ont peur pour leurs enfants, que leur répondez-vous ?
– Je leur réponds qu’à ma connaissance, et ma connaissance à ce sujet est assez précise, aucun louveteau n’a jamais agressé un enfant. Jamais. Mais des louveteaux qui ont été agressés par des enfants… avez-vous vos chiffres pour que je les compare aux miens ?

Les pouvoirs publics n’étaient pas stressés, non, pas du tout. Cependant, de peur d’une bavure, les balles en argent avaient été soigneusement rangées et mises sous clef. Pas de zèle, merci. Un policier tous les dix mètres, c’est dire à quel point ils avaient pris leur précaution.
– On ne va pas les mordre ! avait dit fort justement Anatole Sganou.
– Non, avait répondu son père (madame Sganou était restée à la maison, elle entamait son troisième trimestre) mais nous n’avons pas la preuve qu’ils ne vont pas nous mordre, eux.

La manifestation se déroulait assez bien, Gaël de Nanterry était entouré par monsieur et madame Trukensky, madame Lecerf, qui espérait qu’un peu de marche lui ferait perdre du poids et Fabrice, le professeur de géographie éternel inquiet. Oui, tout se déroulait bien, enfin, jusqu’à ce qu’un projectile enflammé soit jeté dans la foule, que des policiers se mettent à tirer sur tout ce qui bouge (vous avez déjà vu une manifestation immobile ?).

Le soir, bien sûr, les journaux s’indignèrent. Une enquête serait menée contre cet attentat anti-lupin où les blessés n’étaient même pas en majorité des lupins ! En attendant, Trukensky soignait la magnifique plaie au cuir chevelu que Fabrice avait reçue.

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4 commentaires sur “Manifestation chez les louveteaux.

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