Guillaume Berthier

Publié 14 décembre 2014 par Sharon et Nunzi

Depuis le retour, nous n’avions plus de nouvelles de Guillaume Berthier. Forcément. Dans « la vraie vie », les enquêtes vont moins vite que dans les feuilletons télévisées.

Un squelette déterré dans le vaste parc du château du comte d’Asmodée, un lieutenant en préventive pour « crimes passionnels », je trouvai qu’il était de meilleures manières de préparer les fêtes de Noël ! En plus, Perceval ne pourrait nous accueillir cette année, il peinait à se remettre des derniers événements.

J’avais nourri un temps l’espoir que ces ossements soient des découvertes archéologiques majeures. J’aurai cédé le dossier à qui de droit. Les experts, dûment mandatés, étaient formels : récents, très récents. Il avait ensuite fallu identifier le corps et les causes de la mort.

– Je crois que les deux balles que nous avons retrouvées n’y sont pas étrangères, dit Franck, notre légiste. Il avait reçu l’aide de Bérénice de Nanterry, paléo-pathologiste de son état.

Pour l’identification, ce fut plus compliqué. Le dentiste de Diane d’Asmodée avait pris sa retraite, alors, pour le dossier dentaire, vous repasserez. Elle n’avait plus de parents, était fille unique. Restaient les trois enfants, bien grands aujourd’hui. Tellement grand que Thomas, le fils, était mon kinésithérapeute.

– Si Blanche et Clémentine sont hésitantes, je me porte volontaire.

Je lui répondis du bout des lèvres qu’il faisait preuve d’un sens de la justice aiguë, et d’un attachement filiale.. euh… comment dire ? Oui, je ne m’aventurai pas trop… Disons que j’avais « lu le dossier » et que ce dont était accusée Diane d’Asmodée était tout sauf réjouissant. Thomas d’Asmodée eut un rire sans joie.

– Ma mère a épousé mon père parce qu’elle voulait un titre. Elle s’était donnée une mission : offrir un fils à mon père. Je ne correspondais pas du tout au fils rêvé.

– Pourquoi ? dis-je étourdiment.

Oui, je suis commandant de police, mais parfois, je ne comprends pas du tout les gens. Thomas était charmant, très compétent dans son métier, cultivé, il adorait les animaux. Son chien, d’ailleurs, l’accompagnait. Un chien guide. D’aveugle.

– Ma mère, quand elle a su que j’étais aveugle, a voulu m’abandonner et faire croire que j’étais mort-né. Mon père s’y est opposé avec force. En vérité, je ne crois pas que ce soit elle qui soit enterrée là.

– Pourquoi ? (la richesse de mon vocabulaire m’étonnera toujours).

– Elle nous envoie régulièrement des cartes postales du beau pays où elle s’est retirée. Un pays qui n’a pas d’accord d’extradition avec la France. Certes, je ne peux lire ces cartes – mon père me les lit – mais comme elle ne fait jamais mention de moi, je crains fort qu’elle n’en soit vraiment l’auteur.

Autant dire que j’avais hâte d’avoir ses résultats d’analyse…

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6 commentaires sur “Guillaume Berthier

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