Les plumes – la nuit

Publié 22 novembre 2014 par Sharon et Nunzi

écritoire vanishingintoclouds(3)

Les mots à placer étaient Vol, chat, transfigurer, chauve*, blanc, solitude, silence, matin, se ressourcer, ivresse, ténébreux, épuisant, insomnie, étoilé, fête, rêver, sommeil, voyage, chanson, fesse, recommencement, voluptueux, sarabande, passeur, prologue, pavillon.

« – Celle qui fait tout mon tourment, je l’aime à la folie, i-e.
– Allez les louveteaux, c’était pas mal. On reprend la chanson encore une fois. »
Personne ne protesta. Avancer en chantant à travers champs la nuit donnait du courage.

Revenons au commencement. Gaël de Nanterry avait mis dans le car cinquante louveteaux pour les emmener à l’opéra. Il s’était aussi auto-proclamé accompagnateur, avec Madame Cobert, monsieur Trukenski et le professeur vampire. Le silence avait été de rigueur pendant le voyage, monsieur le principal rappelant le synopsis de l’œuvre, du prologue jusqu’à l’acte cinq. Certains avaient déjà sommeil (à 18 heures), d’autres avaient eu une insomnie la nuit précédente tant ils étaient transfigurés à l’idée de découvrir l’opéra.

« -Nuit d’ivresse, de tendresse…. »

Ils arrivèrent à temps, eurent le temps de se ressourcer (c’est-à-dire de gambader et de manger) avant d’assister à Alceste de Lully. La prochaine fois, ce sera Les Fêtes vénitiennes d’André Campra.

A la sortie, éternel recommencement après tant d’émotions : le chemin du retour, avec des louveteaux épuisants dansant la sarabande et chantant à tue-tête l’air du passeur, Charon : « Il faut passer tôt ou tard, il faut passer dans ma barque ».

Tout allait bien, Gaël somnolait, rêvait même – et tant pis si Anatole 4e Bleu, se plaignait d’avoir mal aux fesses à force d’être assis – quand un bruit assourdissant interrompit cette pause presque voluptueuse.

« -Je crois que le car est en panne », dit le chauffeur.
Grand moment de solitude, même avec cinquante louveteaux et trois accompagnateurs. Le ciel était étoilé, c’était déjà ça – autour, pas un pavillon, pas un chat, pas même le vol d’une chauve-souris.

– Je crois que le moteur est foutu.
Grand blanc. Après concertation entre accompagnateurs et louveteaux, il fut décidé… d’aller à pattes, pardon à pieds jusqu’au pensionnat, quitte à arriver au petit matin. Le CPE, tiré d’un songe ténébreux par l’appel, faisait la route en sens inverse dans la camionnette du pensionnat, pour transporter les plus fatigués.

– Dix kilomètres à pied, ça use, ça use, dix kilomètres à pied, ça use les coussinets.

29 commentaires sur “Les plumes – la nuit

    • Là, c’est pour des raisons de sécurité qu’ils ne se métamorphosent pas. D’abord, les accompagnateurs humains ne pourraient suivre, ensuite, certaines personnes pourraient avoir des réactions de crainte inconsidérée à leur passage. Précaution, précaution.

    • Merci Célestine !
      On ne parle pas assez de l’usure des coussinets, des allergies qui peuvent apparaître et donnent aux coussinets l’apparence de pommes flétries, quand ils ne gonflent ou ne se décolorent. Ah, j’en aurai à dire sur le sujet (un prochain article peut-être).

  • Je débarque et je n’ai probablement pas tout compris les allusions que m’ont éclairées un peu les autres commentateurs, mais j’aime bien le style entraînant qui laisse planer un mystère, je vais les laisser hurler à la lune et je retourne lire un peu de ton blog.
    Bise à bientôt.

  • ces sorties éducatives me rappellent celles de mon adolescence ! Pensionnaire dans un lycée, il n’y avait pas d’autre moyen pour casser la routine que celui de s’inscrire aux sorties tantôt ciné-club, tantôt musicales. Je me souviens de ce quatuor de cordes qui avait failli nous faire déprimer ! À 16 ans, alors que nous étions toutes amoureuses de « l’idole des jeunes » et de ses apôtres 😀 c’était dur de nous faire apprécier violon, violoncelle, harpe et je ne sais plus quoi ! 😀
    Amicalement

      • ah mais je l’aime aussi mais ce soir-là, je pense que nous étions plusieurs à nous ennuyer ! Et puis, j’ai mes préférences ! 😀 D’où certaines discussions « houleuses » avec ma belle-soeur par exemple. Elle adore Bach, je préfère Beethoven, mais nous aimons Mozart toutes les deux ! Ouf ! 😀 Bref, on pourrait parler des goûts et des couleurs longtemps. 😉 Bisous

  • Je souris à l’énoncé des chansons car vois-tu après avoir passé deux semaines de vacances avec ma petite fille toutes ces chansons tournent en boucle dans ma tête, du genre « un éléphant , ça trompe, ça trompe, un éléphant ça trompe énormément » « deux éléphants ça trompe …… » trois…… etc…. ou alors, « ah vous dirais-je maman ce qui cause mon tourment …. » Si tu veux il y a 18 morceaux sur le cd mdr!!! Je peux te le prêter pour ta prochaine sortie hihi!!!
    Bises Nunzi et douce nuit!!!
    Domi.

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