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Le mariage de James et Elinor, partie II

Publié 11 juillet 2014 par Sharon et Nunzi

Voici la suite du Le mariage d’Elinor et James, partie I par notre envoyé spécial Cacao (Chablis est rentré, son fan club l’attendait !).

Il faisait beau, tous prirent la direction de la mairie. Percy ne croyait pas à la devise : « mariage pluvieux, mariage heureux ». Il avait plu à torrent le jour où il s’était uni à Caroline, et leur union avait été un désastre. C’est à elle, pourtant, qu’il donnait le bras en ce jour – paraître au côté de Véronique de Vaudreuilly, cette catholique intégriste, hors de question ! Elle-même tolérait la présence d’un divorcé, elle y était forcée, mais le toucher !!!! Non, sans façon.

Percy et Caroline avaient signé un pacte de non-agression. Ils se comporteraient comme des parents responsables, et éviteraient tout sujet de conversation qui fâche.
– Tu ne portes pas de kilt, lui dit-elle.
– A la demande d’Elinor et de Piper.
– Tu ne la conduiras pas non plus à l’autel.
– Là, c’est à ma demande. Je déteste cette tradition. Puis, je n’ai pas envie de faire comme Arthur le jour du mariage d’Imogène.
Il se tut, parce qu’ils entraient dans la mairie. Arthur, justement, et Piper vinrent s’asseoir à leur côté. Puis, Caroline se souvenait très bien de ce qui s’était passé. Arthur était complètement opposé au mariage d’Imogène, et n’avait jamais caché sa désapprobation. Le jour dit, cela avait été trop dur pour lui, et il avait fait un malaise « psychosomatique ». Le discours énergique de son frère aîné avait réussi à le faire remettre sur pieds : il avait été moins une.

Il faisait chaud dans cette mairie ! Percy résista à la tentation de dénouer cette affreuse cravate. La décoration, sobre et parfaite. Les mariés, attendris. Quelqu’un détourna l’attention de notre fier Highlander. Le second témoin du marié. Le premier était sa sœur Marie-Amélie, mère du poupon d’honneur Charles – actuellement dans les jupes de sa mère. Le second… Il disait quelque chose à notre fier Highlander. Où avait-il pu le voir ? Très grand, très costaud, le crâne rasé, une barbe naissante (il aurait pu faire un effort), il dardait ses yeux noirs sur … et bien sur le second témoin d’Elinor, à savoir Imogène, manifestement très tendue. Très. Percy regarda sur sa droite – et constata que Piper et Arthur étaient aussi complètement tétanisés. Lui aussi ne tarderait pas à l’être – où était passé le maire ?

– A quoi ça sert d’être à l’heure si le maire est en retard ?
Une demi-heure qu’ils attendaient, et vingt bonnes minutes que certains papotaient. Imogène avait pris Sophia, sa nièce et poupon d’honneur, sur ses genoux, tandis que Charles somnolait déjà sur ceux de sa mère. Calpurnia était partie aux nouvelles. La secrétaire de mairie restait à son poste, assez anxieuse. Il faut dire que monsieur le maire les avait accumulés, alors au point où on en était, Percy était en train de l’imaginer baignant dans une mare de sang, sur le tapis de son salon, un poignard en plein cœur.
Il y était presque : monsieur le maire avait voulu chercher des conserves à la cave. Une idée, comme ça. Sauf que, pas encore très solide sur ses jambes, il avait raté une marche. Calpurnia avait aussitôt appelé les secours.
– Et ce fameux tunnel qu’il aurait creusé entre chez lui et la mairie, il existe vraiment ?
– Je ne crois pas. L’adjoint a été prévenu.

Il arriva ventre à terre et maigrelet, entortillé dans son écharpe. Pas trop tôt. Ou trop tard. Manquerait plus qu’ils aient oublié les réponses !
Ah non !
– James Matthew Baruch Pierre Antoine Marie de Vaudreuilly, acceptez-vous de prendre pour légitime épouse Elinor Phyllida Caroline Margareth McKellen ?
– Oui.
– Elinor Phyllida Caroline Margareth McKellen , acceptez-vous de prendre pour légitime époux James Matthew Baruch Pierre Antoine Marie de Vaudreuilly?
– Oui.
– Je vous déclare uni par les liens du mariage. Les alliances, s’il vous plaît.

– Je ne te le pardonnerai jamais !!!
Elinor avait eu une journée stressante, il faut bien le reconnaître. Là, elle était en train de se défouler sur son frère qui… et bien qui avait égaré les alliances. Tiens ! Au mariage d’Imogène, ce n’était pas arrivé, le témoin avait bien rempli ses fonctions – Toby, frère d’Imogène, lieutenant de l’armée de l’air.
– Il aurait fallu les remettre à Imogène, grogna le second témoin du marié.
– Oui, glapit Alexander, mais ni James ni Elinor ne le souhaitait, on ne confie pas les alliances à une divorcée.
L’adjoint au maire dit spontanément : « c’est ballot ». Personne ne releva.
– On va les retrouver, il ne faut pas paniquer ! dit Percy. En attendant, quelqu’un pourrait prêter des alliances ?
– Dans ta veste de secours ! s’exclama Marine, la compagne d’Alexander. Elle est dans la voiture, je reviens tout de suite.
Heureusement qu’il n’y avait pas un second mariage derrière, et qu’il avait deux heures de battement avant la cérémonie religieuse. Alexander ne cessait de se confondre en excuses, pendant qu’Elinor contenait ses larmes, risquant de gâcher son maquillage. Notre envoyé spécial entendit alors distinctement Lavinia, une des dames d’honneur, dire : « c’est pas grave, c’est du kikoulpa ». J’avoue ne pas connaître cette marque, mais les deux autres dames d’honneur ne purent contenir leur rire. Alors qu’Elinor était à deux doigts de l’explosion, Marine revint, tenant à bout de bras un petit coffret.
– Je les ai !

Perceval poussa un soupir de soulagement quand ils sortirent de la mairie. Il ne redoutait qu’une chose : s’endormir pendant la messe de mariage. Aucune de ses filles, aucun de ses neveux et nièces ne s’était unis selon le rite catholique et il regrettait qu’Elinor n’eût pas exigé la présence d’un pasteur. Le révérend Wächter-Neuhorn aurait été parfait, à condition qu’il se soit remis de sa malencontreuse chute en tentant de réparer la fuite sur le toit du temple – entêté, il n’avait pas voulu attendre l’arrivée de son cousin et de son gendre, venus pour l’aider. Le révérend Kempf aurait été très bien aussi – mais il était tellement stressé !
Piper l’arracha à sa rêverie en murmurant :
– Je crains de m’énerver face à James.
Piper qui s’énerve, c’est impossible ! Percy trouvait plus probable de voir des girafes se lancer dans la natation synchronisé en rivière écossaise !
– L’as-tu reconnu ? James a pris comme témoin l’ex-mari d’Imogène.
Par souci de bienséance, nous censurons la réponse de Percy.