Les plumes d’Asphodèle – l’ennui

Publié 15 février 2014 par Sharon et Nunzi

c3a9critoire-vanishingintoclouds3Le thème est l’ennui. Les mots à placer sont projet, dimanche, emmerdement,  penser, intimité, hésiter, oppresser, pluie, savoir, morosité, panne, créatif, silence, bâiller,  fatigue, mourir, soupir, ralenti, routine, figé, vide et whisky, xyste, zigzaguer.

La convalescence, parfois, c’est long et ennuyeux.  Pas un vampire à l’horizon, pas plus de fantômes que d’habitude, pas d’écrivains en panne d’inspiration.  La pluie tombait, le whisky se distillait chez d’Arcy et fils. Quant au mariage de Calpurnia, il s’était célébré « en tout intimité » et chacun était rentré chez soi.  Le château semblait vide.

Je n’irai pas jusqu’à dire que j’avais lu, en un mois, tous les livres de la bibliothèque, mais au moins un rayon entier. Assis à côté de Percy, en ce premier dimanche de février, je poussai un profond soupir. Même Winston baillait !

         Quelle a été l’histoire la plus amusante qui vous est arrivée avec un fantôme ?

         Et vous, quelle est l’histoire la plus drôle qui est survenue dans l’exercice de votre profession ? répliqua Percy, vif comme l’éclair.

    Oh, c’est tout simple.

J’étais un jeune policier, pas en service ce jour-là, j’accompagnais ma sœur Juliette à la banque. Elle était, à l’époque, un antidote à la morosité. Elle portait une tenue très créative : une robe à fleur, un imper rose, des fleurs pour tenir son chignon et surtout, un sac à main rose en forme d’arrosoir. Nous attendions notre tour en papotant, et c’est là que les emmerdements commencèrcent.

         C’est-à-dire ? m’interrogea Percy.

         Pas un geste, ceci est un braquage.

Comme dans un mauvais film, trois hommes armés  entrèrent dans la banque. Tout irait bien, nous assuraient-ils. Surtout, surtout, si personne ne prévenait la police ! Nous nous restâmes figés, les mains en l’air. Juliette respirait mal, elle se sentait oppressée, elle avait peur, je l’ai su plus tard, qu’un crétin ne dise que j’étais un flic. Je mourrais d’envie de poser mon bras sur son épaule, pour la rassurer, je craignais que mon geste ne soit mal interprété.

Pas exactement.

La sirène de la banque retentit – alarme capricieuse, la routine pour les employés, une surprise pour les braqueurs. L’un d’eux appuya sur la gâchette – pure maladresse. »

Je retroussai ma manche.

         Ma première plaie par balle. Le tireur s’est confondu en excuses avant de partir en zigzaguant rejoindre ses collègues en fuite. Ils ne furent jamais attrapés.

         Certaines personnes sont chanceuses, grommela Percy. Sans hésiter, ma rencontre la plus drôle fut avec mon arrière-arrière-grand-oncle Clarence. Il avait le projet de visiter l’Écosse avec Louis-Nicolas, son meilleur ami – au ralenti, rien ne les pressait. Nous avons passé une excellente soirée à dresser un itinéraire champêtre vers les plus beaux châteaux hantés. Inoubliable.

– Je veux bien le croire.

– Imogène m’inquiète, reprit-il, changeant de sujet. Elle a des soucis au cabinet Magny. Pourvu que ce ne soit rien de grave. N’auriez-vous pas envie de rentrer en France plus tôt que prévu ?

44 commentaires sur “Les plumes d’Asphodèle – l’ennui

  • Je suis bien placé pour savoir ce que la convalescence peut avoir d’ennuyeux certains jours. En effet, je suis moi-même actuellement en convalescence d’une blessure au genou.

    Fort heureusement, je n’ai jamais subi de braquage dans ma vie… Je touche du bois.

    Bises.

    • Merci Soène.
      Je crois surtout que la pauvre Juliette n’en a pas beaucoup.
      Pas vraiment, elle porte les couleurs qu’elle aime, les vêtements qu’elle aime, et tant pis s’ils ne sont pas à la mode – tant qu’elle se sent bien dedans. Il est vraiment qu’elle a une passion pour les sacs à main d’une certaine marque (qui commence par un L).
      Merci : bon dimanche à Lyon ! Bises de Normandie.

  • Ce que j’aime dans tes textes, c’est que tu parviens non seulement à rendre réaliste tes histoires, mais en plus, tu les rends passionnantes et drôles, tout en maintenant un rythme soutenu. 😀 J’adore ! 😀
    Bises 😀

  • Et bien ton histoire me parle puisque j’ai été prise dans un braquage de banque en 1980 , j’avais tout juste 21 ans, j’avais mis ma belle robe blanche car ce soir là je rencontrais mes beaux-parents pour la première fois, comme Juliette j’étais l’antidote de la morosité, mais ce jour là je respirais mal, j’étais oppressée, j’avais peur!!! Nous avons du nous coucher parterre et surtout ne pas regarder dans la direction des agresseurs. Il y avait dans la banque une maman et son bébé et pourtant un viel irascible a voulu désarmer l’agresseur.
    Heureusement celui-ci a été pris de panique et s’est enfui avec le vieux con à ses trousses.
    Je peux te dire que ce jour là je suis arrivée chez mes beaux-parents avec plein de choses à raconter hihi!!!
    Je repars de chez toi sans m’être ennuyée un seul instant 😉
    Bisous et bonne nuit.
    Domi.

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