Guillaume Berthier – 6 février

Publié 7 février 2014 par Sharon et Nunzi

Mon résumé : Calpurnia, la cousine si excentrique d’Imogène, se marie ! Seul souci (et cela fait du bien qu’il n’y en ait qu’un) : le frère du marié a peur de l’eau et des endroits clos. Guillaume et Perceval ont pour mission de l’emmener jusqu’au château.

Autant vous le dire tout de suite : j’avais imaginé le pire. Je pensais déjà qu’il nous faudrait enlever le malheureux Fabrice (tel était son prénom), le ligoter et le flanquer dans le coffre de la voiture. Ou bien qu’un vampire aurait la gentillesse de l’hypnotiser, nous facilitant ainsi la tâche et nous permettant de traverser la Manche sans encombre.

Je me trompais sur toute la ligne.

J’avais oublié, à force de fréquenter des enquiquineurs de première, qu’il était des hommes de bonne volonté. Fabrice en faisait partie.

– Nous partons pour Calais. « Il » nous attend là.

– Il ? Je croyais qu’il habitait Paris.

– Il a pris le train jusqu’à Calais et il est bien arrivé. Claustrophe, oui, mais dans un train, il a appris à surmonter sa peur. Par contre, il n’a pas le courage de sauter dans le shuttle seul. S’il n’y a que cela pour lui faire plaisir… je suis tout prêt à faire ce geste. trf( x (Merci Ciboulette pour avoir sauté sur le clavier).

– Pourquoi ne prend-il pas le ferry ?

J’eus l’occasion de lui poser moi-même la question, à notre arrivée. Fabrice me semble d’emblée sympathique, quoiqu’un peu excentrique.

– Sur le ferry, je vois la mer. C’est affreux. Je ne pense plus qu’à une seule chose : le bateau coulera !  Je me mets dans des états pas possibles. Je vous assure, ce n’est à agréable ni pour moi, ni pour les personnes chargées de me maîtriser ou de me conduire à l’infirmerie. Puis, la traversée est bien plus longue qu’en shuttle.

– Pas faux, commentai-je.

Tout alla très bien pendant la moitié du trajet, au point que je me demandais s’il n’avait pas un peu joué la comédie. Sauf que… subitement, au beau milieu d’une conversation, il se tut. Ses yeux fixèrent un point dans le lointain.  Rien, bien sûr, si ce n’est Percy au volant de la voiture. Fabrice ouvrit grand la bouche, la referma, comme s’il cherchait désespérément à respirer. Rapidement, son visage se couvrit de sueur, son teint devint livide : il tournait de l’oeil !

– Y a-t-il quoi que ce soit que l’on puisse faire ? m’écriai-je.

– Chanter, murmura-t-il. Chantez-moi une chanson, n’importe laquelle !

Une fois revenu sur la terre ferme, et à l’air libre, il reprit des couleurs et nous remercia chaleureusement. Me croiriez-vous ? Le voyage se poursuivit sans encombre, et Fabrice, professeur de lettres classiques, tomba littéralement dans les bras de son frère Lambert, fou de bonheur. Certes, il dut encore traverser en courant le pont qui menait au Tas de pierre, et garda les rideaux de sa chambre obstinément clos pendant tout son séjour, cependant il fut un hôte bien plus agréable que d’autres – et bien vivant !

tasdepierre4

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5 commentaires sur “Guillaume Berthier – 6 février

  • Ha non, quelle rigolade, ils ont tous quelque chose !!! Même « normaux » et « vivants » !!!
    Je trouve que cette image de château va bien, ça fait ruine mais « habitée » quand même ! Un claustrophobe qui garde ses rideaux tirés, faut le faire ha ha ! 😆 Vivement la suite ! 🙂

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