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Les plumes du 18 janvier

Publié 18 janvier 2014 par Sharon et Nunzi

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-comLes mots à placer étaient : Visage, camouflage, armée, plume, vénitien, jaune, déguiser, bal, argile, mensonge, embaumer, comédie, celer, mystère, pailleté, crème, farandole, grimace, hypocrisie, dissimuler, unir, usure, unique.

Mon résumé : Je ne vous cèlerai pas que le réveillon du 31 décembre, au chateau d’Arcy, fut compromis par l’arrivée d’un couple de vampires, Jaimie, et surtout Jonathan, qui avait pris un bain de minuit non dans de l’eau, mais dans un liquide jaune appelé Whisky écossais. Il n’allait pas très bien, mais alors pas du tout. Ce n’était rien comparé à ce qui m’attendait.

– Il s’est pris trois balles.
– Je vous entends ! m’écriai-je.

C’était vrai : j’avais pris trois balles, toutes logées dans mes mollets. Bérénice, belle-soeur d’Imogène et médecin légiste, était en train de me les retirer.

– Je suis désolé, j’ai cru que vous étiez un vampire.
– Les vampires n’existent pas ! s’exclamèrent en choeur Perceval, Pérégrine, Imogène, Simon, Jaimie et Jonathan, bien dégrisé cette fois-ci.
– Ouais, je confirme que je suis bien vivant, et ce n’est pas grâce à vous, dis-je, le visage légèrement déformé par une grimace.

– Souffrez-vous beaucoup ?
– Moins que la dernière fois : j’ai déjà reçu une balle dans la cuisse et une dans le biceps droit.

Être un poulet est parfois dangereux.

Je ne vous dissimulerai rien des circonstances uniques qui m’avaient conduit à souffrir ainsi. Alexandre a eu l’idée de faire prendre l’air à Jonathan, notre vampire bourré qui embaumait désormais la rose par la grâce du gel douche. Imogène avait refusé de nous accompagner, préférant rester « entre filles » (comprendre : ras-le-bol des vampires, l’hypocrisie, ce n’est pas son fort), se faire « un masque à l’argile », « tester des crèmes de beauté » et « préparer le bal vénitien », projet de sa petite sœur Indiana. « Se déguiser, danser la farandole et jouer la comédie » lui faisaient plus envie que soutenir un vampirounet chancelant.

 Je la comprenais parfaitement.

Percy et moi partîmes en éclaireur, vérifiant que la voie était libre. Après tout, peut-être que des randonneurs égarés se promèneraient sur la lande, un 31 décembre et uniraient les joies du sport au plaisir de la découverte de l’Écosse. Et bien, non. Derrière nous, marchaient James et Alexander, cousins d’Imogène, et Jamie, soutenant tout trois ce cher Jonathan. Bizarrement, l’air frais sembla le ragaillardir, bien que les vampires ne respirassent pas (et n’eussent pas la peau pailletée au soleil, encore un mensonge véhiculé par le cinéma).

 Jamie nous expliquait qu’il avait une combine pour le sang, par un pote vampire un peu déjanté.

       Parce qu’il en existe d’encore plus tarés que vous ? s’étonna Alexander.

       De plus doués, surtout. Ce n’est pas un mystère que les meilleurs $ont un don pour le camouflage et vivent en toute impunité parmi nous.

 Percy grommela (son seul mode d’expression) que cette révélation bousillait définitivement cette journée, quand il plissa les yeux, et moi aussi. Nous avions aperçu une étrange lueur. Un fantôme ? Non.

            Couchez-vous ! hurlai-je.

J’aurai dû suivre mon propre conseil. Je me retrouvai bientôt par terre, ne comprenant pas pourquoi on m’avait tiré dessus, hurlant la crème des imprécations contre les chasseurs du dimanche. Mes hurlements atteignirent même le château, ce qui poussa Arthur, le papa d’Imogène, (il n’avait pas passé dix ans dans l’armée de terre pour rien) à se porter très vite à notre secours et Percy à attraper par la peau du pull le sinistre crétin qui m’avait dégommé et dont vous avez lu les explications plus haut.

       Si, les vampires existent, et je puis vous assurer que celui que je traque est particulièrement dangereux. Je l’aurai, à l’usure s’il le faut, mais je l’aurai un jour.

Je ne me sentais pas le courage de lui dire qu’il était entouré par trois vampires, qui mourraient (hum, hum) d’envie de lui voler dans les plumes, méditant sur les moyens de se débarrasser de lui, de son arme et de ses baballes en argent, forgées par ses soins.

– Par curiosité, demanda Bérénice, qui en avait terminé de mon pauvre mollet, il a un nom, votre vampire ? Edward, Dracula, Spyke ?

– Il se fait appeler Russel Storange.

Cool ! L’amoureux d’Imogène nous rend visite. Je vous rassure, je l’ai pensé, je ne l’ai pas dit. Et pour une fois, c’est vachement rigolo de voir des vampires pâlir.

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