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Les plumes d’Asphodèle pour les vacances.

Publié 2 novembre 2013 par Sharon et Nunzi

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-comLes mots à placer sont : angoisse, silence, assourdissant, rue, paix, musique, exister, ténèbres, se ressourcer, naviguer, espace, bienfaisant, errance, vide, partager, austral, assis, ambivalent, manque,  obsidienne, orage, onde.

Perceval McKellen, le grand écrivain Jules César, les vampires Simon le rouquin et Bénédict le taciturne fêtent Halloween avec un invité inattendu.

          Ecrivez ! hurla-t-il.

Perceval sursauta, les deux vampires, assis sur le canapé, aussi. Pourtant, depuis deux heures qu’ils avaient regagné le Tas de pierre, ils devraient être habitués aux sautes d’humeur du nouveau venu, à ses cris assourdissants, entre deux silences bienfaisants (pour les tympans).

Laissez-moi vous le présenter.

Jonathan O’Riordan, né en 1764. Vampirisé en 1789, par des vampires français fuyant la Révolution, dans une rue de Belfast. A vécu des années d’errance avant de rentrer sur « son » île, l’Irlande. A trouvé que son pays n’était plus ce qu’il était et a navigué jusqu’en France. A retrouvé celui qui l’avait transformé, l’a pulvérisé – un « c’était un accident » ambivalent était aux yeux d’obsidienne de Jonathan une excuse insuffisante. Depuis, il se partageait entre l’hémisphère austral et la Grande Bretagne, où il aimait à se ressourcer.

          Je ne dois pas déranger un vampire en pleine communion avec les Ténèbres, dicta Jonathan en martelant chacun de ses mots.

Suivi une bordée de jurons franco-celtiques que je me garderai bien de retranscrire. Laissons passez l’orage.

          Je viens ici, pour avoir la paix. Je découvre sur la lande une grotte, vide, même pas un mouton ou une brebis.  J’en profite pour me reposer, après des semaines difficiles, et l’on me réveille ! Il n’est pas dit que je ne partagerai pas avec vous mes angoisses et mes souffrances.

          Il est en manque.

Qui avait parlé ? Perceval était certain que ni Simon ni Bénédict n’avait ouvert la bouche.

          C’est moi, Bénédict. Les vampires sont télépathes. Rassurez-vous, Jonathan ne se préoccupe pas de nos ondes cérébrales, il n’a même pas songé à nous paralyser, ce qu’il pourrait faire sans peine.

          Vous voulez dire qu’il est en manque de sang ?

          Pas seulement – je ne serai pas étonné si on trouvait un ou plusieurs moutons exsangues dans les jours à venir et il n’existe pas, à ce jour, de produits de substitution réellement performants. Il est en manque de compagnie, de présence. La solitude n’est pas bonne pour les vampires. Il faudrait lui trouver… vous savez… un ami. Ou mieux : une compagne.

– Il ne veut pas une cornemuse pour jouer de la musique pendant ses longues soirées d’hiver par hasard ? grommela Perceval discrètement.

Sympathiser avec des vampires était déjà compliqué. Ouvrir une agence matrimoniale pour vampires déjantés, c’était … Non, Percy n’arrivait même pas à trouver une comparaison adéquate.

chateau_fantomatique_pour_Sharon