Guillaume et Imogène : les plumes à thème 6

Publié 12 avril 2013 par Sharon et Nunzi

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 Les Plumes à thème  6 par Asphodèle.

Elles sont revenues ! Qui ? Mais les plumes ! Voici ma participation de la semaine. Les mots à placer sont : blancheur – doute – débauche – enfance – pureté – accuser – angélique – temps – diablotin – naïveté – mensonge – fredonner – fastueux – flaque.

Mon résumé : remis sur pied, le commandant Guillaume Berthier cherche à prouver l’innocence de son cousin Benjamin, accusé d’un double meurtre. Surtout, il entend bien ne plus jamais entendre parler de fantômes, vampires, diablotins et autres loups garous.

– Guillaume, je ne veux pas paraître grincheuse, cependant tu m’avais dit que tu souhaitais reprendre pied « dans la vie réelle ». Et là, subitement, j’ai un doute. Je tiens simplement à te signaler qu’il est 22 h 30. Il fait nuit, il pleut, et un vampire auquel tu as prêté des vêtements me tient un parapluie pour que je ne prenne pas froid ! Tout cela, pour rechercher les vibrations laissées par la victime sur la scène de crime !

Un bruyant éternuement interrompit la diatribe d’Imogène. Chevaleresque, Rufus lui tendit un mouchoir d’une blancheur irréelle. A sa décharge, elle arpentait les rues avec moi et Rufus depuis plus de quatre heures. Si le corps de Lucie Lambert, actrice principale de l’œuvre qui était montée au théâtre de l’Ombre, avait été retrouvé dans le coffre de la voiture de mon cousin, en revanche la scène de crime initiale restait un mystère. Les enquêteurs avaient perquisitionné avec soin le domicile de la victime, le domicile de Benjamin, coupable désigné par la vindicte du commissaire Dravet, même le théâtre, rien.  Devant ce fastueux néant, je n’avais d’autres choix que de me laisser guider par mes dons, conjugués à ceux de mes deux acolytes, qui pour l’instant, essayaient surtout de ne pas marcher dans les flaques. Mâchoires contractées, je ne ressemblais pas à un commissaire de police, plutôt à… IL fallait bien le reconnaître, à un bouledogue hargneux. Je me disais même qu’il était heureux que je sois guéri de ma phobie cinophile quand…

– Vous ne sentez rien ?

– Mon cher Guillaume, répondit Rufus, si je vous disais tout ce que je sens, vous risqueriez de sombrer à nouveau dans un de ces sommeils profonds dont vous avez le secret. Voici une centaine d’années, cette maison, et il désigna d’un ample geste du bras un pimpant immeuble, était un lieu de débauche.

– Ne me dites pas que vous pouvez le sentir ! s’exclama Imogène.

– Votre faible naïveté me touche. Si, si, c’est un compliment. Vous n’avez pas totalement perdu la pureté de l’enfance, mais vous refusez de vous en laisser conter. Effectivement, je ne le sens pas. J’ai simplement fréquenté cette maison.

Pour des raisons de bienséance, je me refuse à retranscrire les invectives qu’adressa Imogène à Rufus. Puis, si elle savait ce que je pense, à savoir qu’elle est en train de vivre le début d’une grande histoire d’amour avec lui, elle serait capable … Non, je n’ai pas le temps de l’imaginer, car je l’aperçus.  Elle dont j’espérais ne plus sentir la présence.

– Angélique !

Enfin, plutôt son fantôme, puisqu’Angélique de Nanterry a été assassinée en 1815, ou 1816, je ne me rappelle plus très bien. Elle fredonnait un air très doux, du temps jadis, et sursauta quand elle vit trois paires d’yeux braqués sur elle.

– Oh, c’est vous ! Je suis ravie de vous revoir, surtout maintenant que mon assassin a été identifié. Je me sens beaucoup mieux.

– C’est vrai, grinçai-je en direction d’Imogène, que vous ne m’avez jamais révélé son identité.

– Imogène d’Arcy, dit Imogène.

Je  bondis.

– L’aïeule à qui je dois mon prénom. C’est elle qui a tué la jeune femme qui est devenue le charmant fantôme que nous avons devant nous. Et si vous me dites que c’est un mensonge, je vous plante là, et je rentre chez moi.

– Mais pourquoi ?

Elle ne me répondit pas, un vigoureux éternuement l’en empêcha. Rufus lui tendit un second mouchoir, tout aussi impeccable. A croire que…

– J’ai été magicien au siècle précédent.

Qu’il lisait dans mes pensées.

– Oh, un vampire !

Angélique était toujours remarquable, pour ses interventions marquées au coin du bon sens et de l’ évidente inutilité.

– C’est la deuxième fois que j’en vois un cette semaine. Je ne sais pas ce qu’un oracle en penserait. Comme je suis déjà morte, il ne peut rien m’arriver de pire, non ?

Elle progresse !

– Un vampire avez-vous dit ? A quoi ressemblait-il ?

Rufus semblait très intéressé, et même inquiet, à ma grande surprise.

– Pour moi, vous vous ressemblez tous ! Même si je n’en vois pas souvent.

– Et la jeune femme, dit Imogène, est-elle sur la photo ?

Imogène avait pris la précaution de se munir de la photo de la troupe du théâtre de l’Ombre. Sans presque une hésitation, Angélique désigna Lucie Lambert.

– Ne me dites pas qu’il lui est arrivé quelque chose.

– Presque rien, et je lui racontai.

– Quel légiste s’occupe d’elle ?

Je n’en avais aucune idée. Depuis que j’ai quitté la ville pour Dijon, je n’avais plus de contact avec l’institut médico-légal, négligeant même Bérénice de Nanterry, ma vieille amie.

– Si elle s’appelle Clélie de Raréville, vous pouvez avoir pleinement confiance en elle, c’est ma descendante directe.

Je ne me sentais pas forcément rassuré par cette nouvelle.  Légiste… elle était forcément moins gourde que son aïeule.

– La dernière fois que je les ai vus… je veux dire, le vampire et votre amie, ils allaient dans cette rue.

Ni une ni deux, je prenais cette direction, n’écoutant pas Imogène me disant que je me  jetai tout droit dans la gueule du loup.

Et puis… rien.
A quoi vous attendiez-vous ?
A un loup-garou dans la ruelle ?
Et bien, non, strictement rien, si ce n’est cette fichue pluie qui continuait  à tomber.
Je ne pouvais tout de même pas espérer que le vampire, quel qu’il doit, surgirait devant moi et avouerait son crime.
– Guillaume, accuser un vampire est stupide.
– Ah, bon, pourquoi ? interrompit Angélique, qui apparaissait d’une blancheur fantomatique dans la nuit (normal, pour un fantôme. Décidément, tout devenait normal, ces temps-ci).
– Vous tenez vraiment à le savoir ? Nous n’avons aucun intérêt à tuer notre fournisseur. En cas de maladresse, nous nous débarrassons du cadavre. Si le corps n’est pas volé à l’institut médico-légal, vous pouvez être sûr que nous n’y sommes pour rien. Je ne voudrais pas vous déranger dans votre quête, cependant Imogène se meurt de froid au point qu’elle ne peut plus parler. Si nous rentrions ? La nuit porte conseil.
Sauf que deux heures plus tard, alors qu’Imogène s’était assoupie, je notais toujours sur le plan les rues de la ville que nous avions arpenté sans succès. Comment voulez-vous que je dorme alors que je n’avais toujours pas l’ombre d’une piste ?

Le téléphone vibra à trois heures du matin, pour m’apporter une mauvaise nouvelle de plus. Benjamin, mon cousin, avait été transporté à l’hôpital, dans un état critique.  Il aurait tenté de mettre fin à ses jours. Aurait. Qu’avait-il bien pu se passer dans la cellule du commissariat ?

Si Benjamin ne s’en sortait pas, j’aurai la peau de Dravet, d’une manière ou d’une autre.

17 commentaires sur “Guillaume et Imogène : les plumes à thème 6

  • J’adore le « normal, pour un fantôme. Décidément, tout devenait normal, ces temps-ci ». ça résume bien cette façon que tu as d’écrire et cette ironie.
    Ils s’en passe des choses décidément… on attend la suite 😉
    Bonne journée à toi bises 😀

  • Hum… Tu vois une idylle entre Imogène et Rufus ? mais je croyais que Imogène était à Guillaume ! J’ai tout faux ? Il faut que je relise tout depuis le bédut !
    Rufus est un petit coquin…

  • Guillaume est bien remis et tant mieux car la brume ne se lève pas, la situation se corse ! La pauvre Imogène est transie et bien silencieuse et un vampire qui tente de se suicider, mais comment est-ce possible ??? 😆

    • Je crois qu’il faut que j’appelle Sharon pour qu’elle relise à nouveau. En fait, c’est Benjamin, le cousin de Guillaume, qui aurait tenté de mettre fin à ses jours – aurait. Et il n’est pas vampire.
      Reste à savoir qui est le second et mystérieux vampire qui traîne dans les parages- et qui n’est pas Rufus.

  • Hello Nunzi, tu peux demander à Sharon d’éditer le tout, de le faire imprimer et de nous envoyer les tomes en collissimo ? 😆
    Avec cette histoire de vampires, les filles, vous allez arriver à me faire rêver des cauchemars 😉
    Bon dimanche en Normandie
    Bisous d’O.

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