Des mots, une histoire – 97

Publié 3 avril 2013 par Sharon et Nunzi

DesMotsHistoire

Je reprends les bonnes habitudes, à savoir l’écriture de l’histoire de Guillaume Berthier. Bien réveillé, combattif, il est rentré chez lui, avec Imogène (et un chaton). Il est bien déterminé à aider son cousin, accusé injustement d’un double meurtre.

Tiens, j’entends déjà des commentaires : « mais qui vous dit que l’accusation est injuste ? »
C’est exactement ce qu’Imogène est en train de dire à Guillaume.

–          Face à lui, je ne peux pas me permettre de douter. Il a besoin, dans sa situation, de savoir que les gens qui l’aiment le croient innocent, même si toutes les preuves sont contre lui, même si toutes les dépositions l’accablent.
–          Je suis ravie de te savoir aussi combattif.

J’entends d’autres commentaires : « un policier n’a pas le droit d’enquêter hors de sa juridiction en France, surtout, il n’a pas le droit d’enquêter sur un membre de sa famille, par principe ». Certes. Cependant, je vous rappelle que :

–          mon texte est une fiction.
–          l’absence de réalisme dans certaines séries policières françaises n’est plus à démontrer.
–          je n’ai pas dit qu’il enquêterait officiellement.

A peine arrivé, Guillaume, sans même jeter un coup d’œil sur la pile de courrier, avait téléphoné à sa mère et prit des nouvelles de son cousin. Il raccrocha, soucieux. Soucieux de savoir pourquoi Imogène pestait ainsi. Elle surgit dans le salon, tenant dans ses bras un chaton (oui, j’ai déjà parlé de lui à plusieurs reprises, mais peut-être certains lecteurs ont oublié qu’un maître vampire métamorphe a été touché par la flèche de l’amour, et qu’il est prêt à tout pour conquérir sa belle).

–          Il est mignon, commenta Guillaume sans passion.
Elle le lui mit sous le nez, et là…
–          Salut Rufus, c’est sympa de nous avoir suivi, énonça Guillaume avec un calme olympien. Seulement, il est question de la liberté de mon cousin, alors j’aimerai que tu n’interviennes pas.

Une lueur fluorescente s’alluma dans ses yeux, puis s’éteignit. Fallait-il y voir un « oui » ? Guillaume le prit pour tel.

–          Racontez-moi ce que vous savez ! s’écria Imogène.

Et Guillaume parla, sobrement, tandis que la jeune écossaise affichait toute la stupéfaction du monde.

–          Le commissaire Nicolas Davret est certain de tenir le coupable, l’idée ne l’a pas effleuré de chercher d’autres pistes.
–          A sa décharge…

Ah, oui, encore des commentaires : « nous ne savons toujours pas ce qui s’est passé ». Je laisse Imogène vous le dire :

–          Le second corps a été trouvé dans le coffre fermé à clef de la voiture de ton cousin. Rien n’indique qu’il ait perdu ses clefs, quant à en faire un double, difficile. Mets-toi à la place de Davret.
–          Non.

Le mot claqua et servit de détonateur à l’une des plus longes tirades prononcées par Guillaume depuis longtemps.

–  Jamais je ne me mettrai  à la place de ce flic, qui battit des théories avant et après cherche les preuves qui vont dans son sens en écartant soigneusement toutes celles qui le contredisent. On nous rebat les oreilles avec l’intuition. Avis à la population : l’intuition sans preuve fait le lit des erreurs judiciaires !
– Je n’ai jamais affirmé le contraire ! Maintenant, si nous cherchions comment prouver l’innocence de Benjamin ?

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16 commentaires sur “Des mots, une histoire – 97

  • Hou la la il faut suivre ! Il faut que j’imprime ce qui ne l’est pas encore et que je relise depuis le début, là il y a des choses qui m’échappent mais je ris à chaque fois c’est bon signe ! J’aime l’allusion aux auteurs français de polars…
    Câlins Nunzi ! 🙂

  • Le cadavre dans le coffre… si tu savais Nunzi à quoi ça me fait penser !!! Hier Mister B. a regardé un film berk ! avec un routier frappadingue qui harcelait des jeunes conducteurs. Chaque fois que la fille ouvrait son coffre, je m’attendais à voir un amas sanglant.
    Je préfère ton histoire !

  • C’est pas bien de chercher des preuves dans le sens de ce qu’on veut prouver. Ce n’est pas ce que font aussi certains scientifiques et trafiquant leurs résultats ?
    Pour les séries policières, d’accord avec vous. C’est tellement improbable…

    • Déformation professionnelle de Sharon qui déteint sur moi. Quand elle prépare des cours, elle pense aussi aux erreurs possibles des élèves – et comment y pallier. Donc là, je me dis « que dirait un lecteur devant ces conventions ? »
      Merci de ta visite.

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