Archives

Tous les articles pour la journée du 7 février 2013

Guillaume et Imogène, chapitre 19

Publié 7 février 2013 par Sharon et Nunzi

DesMotsHistoire

Résumé des épisodes précédents. : tout avait bien commencé. Hectoria de Magny avait simplement demandé à Guillaume de donner un coup de main à son frère. Guillaume avait rencontré une clerc de notaire chasseuse de fantômes, et après un kidnaping et une énième rencontre avec des vampires (les fantômes, il avait l’habitude, ils étaient de parfaits messagers), il s’était évanoui. Là, il venait tout juste de se réveiller, et de partir dehors en courant. Mais pourquoi ?

–          Guillaume,  veuillez descendre de cet arbre immédiatement !

Guillaume Berthier, commandant au SRPJ de Dijon, était présentement monté au sommet du cèdre du Liban, qu’il serrait comme un mousse s’accrochant aux gréements de son navire. Il ne criait plus – c’était déjà ça- mais ne s’exprimait plus que par onomatopées. La semaine avait été difficile pour lui – pour moi aussi, j’avais tout de même été kidnappée, pour ceux qui l’auraient oublié.

–          Guillaume, s’il vous plaît, descendez, vous ne craignez rien.

–          Gargh !

Visiblement et auditivement, son état ne s’arrangeait pas.

–     C’est peut-être le surmenage, commenta Alexander.

–     Ou le manque d’exercices physiques, ajouta oncle Percy.

–     Ou le climat, précisa Simon, à qui je ne demandais strictement rien.

–     Guillaume, ne soyez pas ridicule ! Nous avons affronté bien pire ! Depuis le temps que vous êtes chez nous, ne me dites pas que vous n’avez jamais remarqué la grande Sarah !

Après que Guillaume est sorti en courant de la maison, nous sommes allés dans sa chambre. Là, nous avons trouvé qui ronflait. Sarah, Saint-Bernard de 80 kilos, à qui Calpurnia (ma cousine) tenait énormément, au point de ne pas l’emmener faire du trapèze volant avec elle. J’en serai quitte pour la conduire chez le docteur B***, des ronflements pareils, ce n’était pas normal !  Une phobie des chiens aussi grande, non plus.

–          Je vais le faire descendre.

Flûte ! J’avais presque oublié Rufus, mon vampire mal-aimé.

–          Non, ne prenez pas de risques inutiles.

–          Ma chère, et il se pencha vers moi, en un élégant baise-main, si vous craignez pour moi, alors c’est que vous êtes sur le point d’être conquise.

Je virai au rouge vif, puis au blanc, puis plus rien. Un discret sourire déforma ses traits, déjà pas exceptionnels.

–          Vous ne le blesserez pas ?

–          Imogène, je ne suis pas de prime jeunesse, mais j’ai fait un peu de politique voici deux mille ans, et réduire un de vos amis en une bouillie malpropre ne plaiderait pas ma cause.

Et puis… rien. Un brouillard. Il était redescendu aussi vite qu’il était monté, si ce n’est qu’il tenait maintenant Guillaume, claquant des dents, d’une seule main. Il le posa délicatement sur le sol… et Guillaume tourna à nouveau de l’œil.

–          Non, non et non, s’exclama Alexander. Cette fois-ci, il ne faut pas compter sur moi pour le porter, je vais lui lancer des seaux d’eau à la tronche jusqu’à ce qu’il se réveille.

Finalement, Rufus se dévoua encore, et transporta Guillaume dans sa chambre – dont je pris soin de faire sortir Sara.